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CONV. DES FRISONS. MALHEURS DES CHRET. ESP

lique, Audomar avait fondé le couvent de Saint-Bertin et saintement évangélisé les peuples. Après lui, l'Iiiandais Livin as'ait gagné par ses travaux la couronne du martyre [6o6J. Enfin, l'évêque de Noyon, Éloi, avait planté la foi dans les cœurs, et Dieu l'avait fortifiée et fait grandir (1).

§ 158. — Conversion des Frisons. Malheurs des Chrétiens espagnols.

La conversion de cette rude et farouche tribu présentait Lien plus de difficultés. Les premiers essais furent tentés par Êloi, homme éminent (2), orfèvre d'abord, plus tard évêque de Noyon [f 659], et par l'Anglo-Saxon Wilfrid, évêque d'York. Mais les missions devinrent plus fructueuses lorsque Pépin d'Héristal eut soumis les Frisons à la domi- ' nation franke. Protégé par Pépin, envoyé par le pape Sergius [692], l'Anglo-Saxon Willibrord (3), prêtre irlandais, apparut comme missionnaire au milieu des Frisons, fonda la métropole d'Utrecht (Wiltaburg), et en fut consacré archevêque à Rome, sous le nom de Clément [j- après 736]. Un de ses plus zélés compagnons, Suidbert (4), avait choisi pour théâtre de ses travaux la Frise occidentale. Lorsqu'elle fut envahie par les Saxons, il fut obligé de se retirer et fonda le couvent de Kaiserswerth, dans une île du Rhin que lui abandonna Pépin [f 713]. L'activité de Yv^illibrord attira aussi l'archevêque Wulfram, de Sens, dans le territoire des Frisons, non encoi'e soumis aux Franks. Le sauvage Radbot, leur prince, recula devant le baptême, quand

(1) Avant Eloi, deux saints, Médard et Achaire avaient gouverné l'église de Noyon. Ag. Sabalier, Vies des Saints du diocèse de Beauvais, 1S56.

(2) iVeajider, Mémoires, III, I, p. 108. Vie de S. Éloi, par son élève saint Ouen, dans d Aehery Spicileg., t. II. — (2) Vita. S. Wilfridi afc Eddie conscripta, c. 27. Cf. Bedœ Venei-ab. Hist. eccles., V, 10.

(3) Vie de Willibrord par Alcuin, dans Mabilonii Acta Sanctorurt: ord. S. Bened. siec. III, P. I, p. ooi; Rdlberg^t. II, p. 517.

(4) lieda, loco cit., V. 12. Cî.Balland. Acta Sanctorum ad l mens, martii ; Binlerlm, Sur l'arch. Willibrord {h& Catholique, 1830, t. XXXVI, p. 9; t. XXXVII, p. 1-15).

§150. — TRAV.VUX DE SAINT BONTFACS 41

il apprit que, « comme chrétien, il ne retrouverait pas « dans le ciel ses compatriotes païens. » Ce ne fut qu'après sa mort [~19], et lorsque Charles Martel eut dompté cette partie de la province des Frisons, que Willibrord, que son zèle apostolique avait poussé jusque dans le Danemark, put continuer avec succès son œuvre, et quitter avec consolation ce peuple sauvage conquis à l'Évangile [739].

Le courage héroïque de Charles mit un terme aux conquêtes z'apides, à la domination menaçante de l'islamisme. Poussés par un aveugle Fanatisme et une bravoure dévastatrice, les Arabes s'étaient emparés en peu de temps de la Syrie, de la Palestine, de l'Egypte, de la Perse, et avaient, sous lesOmmiades [707], conquis les provinces de l'Afrique du nord-ouest. Le croissant menaçait sérieusement l'Europe chrétienne. Sous le règne du Wisigoth Witiza [701- 710], un puissant parti de mécontents élut le grand Ruderic : les fils de Witiza et leurs partisans se liguèrent contre lui et appelèrent à leur secours les Arabes d'Afrique. Musa, gouverneur de la Mauritanie, après avoir envoyé Tarie à la tête d'une armée contre Ruderic, qu'il déOt, renversa luimême le royaume des Yisigoths, et conquit l'Espagne jusqu'aux provinces du nord [712-14]. Abderrhaman, viceroi d'Espagne, qui voulut unir l'Orient et l'Occident sous sa domination, pénétra, à la tête des Arabes, en Bourgogne et en Aquitaine ; il avait déjà soumis la France méridionale jusqu'à la Loire, lorsque Charles Martel l'arrêta à Poitiers [732], tailla les Arabes en pièces et anéantit leur puissance en France. En Espagne, les chrétiens furent traités, sous les Arabes (Mozarabes), comme une secte tolérée, toujours vue avec méfiance, et souvent soumise à d'écrasants tributs (1). Quant aux chrétiens des montagnes Asturiques et de la Biscaye, ils s'étaient de bonne heure insurgés contre la domination arabe depuis 718, et y fondèrent peu à peu des comtés et des royaumes indépendants.

§ 159. — Travaux de saint Boniface.

Bonifacii epp. éd. N.Serrarius. Mogunt, 1605 et 1629. Max Biblioth., t. XIII, p. 70 sq., ed Würdtwein. Mogunt., 1789. Giles, Oxon.,

(1) Aschbach, Hist. des Ommiades en Espagne. Francf. 1829, 2 K

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