‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 259 sur 280 · II. M · texte numérisé non relu

II. M

ramenèrent les esprits vers des pensées plus sérieuses et les jetèrent même dans des voies extrêmes. Ainsi l'on vit d'immenses troupes de Flagellants, qui poussaient leurs flagellations jusqu'à l'exagération (1) ; on vit saint Vincent Terrier lui-même, peu avant la dissolution du concile de Constance, diriger une troupe de ces pénitents (2), qui pensaient détourner, par leurs macérations, le jugement de Dieu, dont ils croyaient reconnaître les signes dans les malheurs du temps. Mais le plus souvent ils mettaient leur confiance bien plus dans leurs œuvres propres que dans les mérites du Christ et dans ses sacrements. Leur coupable présomption allait jusqu'au mépris de tout ce qui tenait à l'Église (3). D'un autre côté on vit, en opposition avec les Flagellants, apparaître la secte extraordinaire des Danseurs, qui exécutaient leurs danses fantastiques et passionnées en invoquant saint Gui (danse de saint Gui). On les crut possédés du démon : on se servit d'exorcismes pour les délivrer. L'inquisition finit par les poursuivre rigoureusement comme les Flagellants eux-mêmes.

§ 295. — Propagation du Christiamisme. — Conversion des Juifs.

Malgré la décadence dont nous venons de parler, la foi donnait encore des preuves de vitalité et produisait un actif dévouement, surtout dans les missions exercées parmi les peuples païens. Ainsi ce fut bien plus l'opiniâtre résistance des Lithuaniens que le manque de zélés missionnaires qui retarda si longtemps la conversion de ce peuple (4). Les

(1) Historia Flagellantium, seu de recto et perverse flagellorum usu apud christianos. Paris., 1700; Fierstemann, Hist. des confréries de Flagellants. Halle, 1828; Mohnike, même sujet dans la Revue hist. û'Illyens, 1833, t. III; Schneegans, les Flagellants et surtout la grande procession de Strasbourg en 1349, d'après Franz de Tis-, chendorf, Lei\)ùg, 1840. Ce travail contient de nouvelles données. Cf. Schrœckh, IlisL de l'Eglise, P. XXXIII, p. 446-57.

(2) Gerson, Ep. missa magistro Vincent, etc. (0pp., t. II, p. 658 ; von der Hardt, t. III, P. VII, p. 94 sq.).

(3) Cf. Raynald. ad ann. 1372, n° 33.

(4) Kojaloivicz, Hist. Lithuaniee, P. I. Dantisci, 1059, P. II ; Antv., 1663, iu-4. Cf. Narbut, Bibliogr. § 180.

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