TRAVAUX SCIENTIFIQUES PARMI LES GERMAINS
s^ 170. — Caractère général de la science dans celte période.
Les œuvres à&da Pin, Biblioth. des auteurs ecclés. (du VI" au VIII» siècle). Ceillier, Cave, Oudinus, loco cit.; Staudenmaier, Jean Scot Érigène, P. I, p. 293-98.
Dans cette première période du moyen âge, où tout s'organise et se consolide, la science, comme les autres parties de la vie de l'Église, n'a encore ni stabilité ni consistance; elle est en voie de préparation : tout dépend des circonstances extérieures. Plus tard les Pères et les scolastiques des XIP et XIIP siècles auront, comme les philosophes d'Athènes et les prophètes de la Judée, à supporter oppression et persécution, luttes et guerres de la plus rude es-. pèce. Dans la période actuelle, ainsi qu'aux jours d'Alexandrie et de Rome, ce sont des événements fortuits qui déterminent les progrès et la chute de l'activité littéraire.
§ 171. — En Italie, en Espagne et dœàs les î-is Britanniques.
Bcchr, Théologie chrétienne et romaine. Carlsr., 1G37.
L'Italie, même au milieu des invasions germaines et slaves, conserva quelques traces de l'ancienne littérature ecclésiastique dans les écrits du Scythe Denvs le Pelii
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[-j- avant 536] (1), de Primasius, évêque d'AdrumèLe [vers 550], qui fit la collection des plus anciens commentaires de l'Écriture sainte ; de Boèce [f 525] (2) et de Cassiodore (f 562] (3), tous deux hommes d'État et philosophes. L'esprit et la manière grandiose des Pères de l'Église s'étaient renouvelés dans saint Grégoire le Grand. Les premières traces d'une noble émulation pour l'étude, parmi les hommes de race germaine se montrèrent dans Ulphilas, l'historiographe Jornandès [vers 550] et Grégoire de Tours [•f 594] ; en Espagne, surtout dans les excellents ouvrages d'Isidore, archevêque de Séville [ f 637] (4), qui traita avec une sorte d'indépendance diverses branches de connaissances, et dans ceux de son disciple Ildefonse, archevêque de Tolède [667], qui, au milieu de Tactivité d'une vie sainte et épiscopale, sut pénétrer dans le sanctuaire de la science. Les missionnaires romains furent les premiers à implanter le goût de l'étude dans les îles Britanniques. Théodore de Tarse, archevêque de Cantorbéry [668-90], alUa le génie romain à la langue et à la civilisation grecques. Des couvents de l'Irlande et de la Grande-Bretagne,
(1) Pfimasii, episc. Africani, divi August, quondam diseipuli, ia univ. divi Pauli epist. commentai-. (Max Bibliotli., t. X, p. 142 sq.)
(2) 0pp. omn. éd. Rota. Bas., 1570, in-lbl. Migne, Ser. lat., t. LXIIl- LXIV. Commentaire et traduction d'Aristote; de Duab. nat. et una persona ;quod Trinitassit unusDeus ; de Consolât philosoph. libb. V, éd. Obbarius. Jeu., 1843. D'après les recherches de Hand (Encyclop. de Ersch et Gruber, art. BoiJce) et dans les Prolégomènes lïObbaritis, loco cit., plusieurs dos traités dogmatiques contenus dans les œuvres de Boëce paraissent ne pas appartenir à l'auteur des Cons. philos. : car Boëce ne s'y montre ni chrétien, ni philosophe chrétien, mais comme un homme que la doctrine chrétienne a laissé parfaitement indifférent. Leur authenticité n'a pas été très-heureusement défendue par Baur, de Boothio christ, doct. assertore. Darmst., 1841. Cf. Ritter, Hist. delà philos, chrét., t. II, p. 580 sq.
(3) 0pp. omn. éd. Garetius. Rothom., 1679 ; Yen., 1729, 2 t. infol.; dans 3Iigne, PatroL, t. LXIX-LXX. Artib. ac discipl. liberal, litt.; Institutio ad divin, lection., lib. II; Hist. eccles. tripartita. Variai epp., libb. XII.
(4) hidori Hispal. 0pp., éd. Faust. Arevalus. Romœ, 1797, 7 tom. in-4. Ses principaux ouvrages sont : Originum seu etymologiaruni, lii... XX; Sententiarum, seu de summo bono, lib. III (Fondements des futurs Sententiarii); Historia Gothorum, Vandal. et Suevor. in Hispania; CoUectio canon, concilior. et epp. décrétai.; de Scriptor. eccl.; de ecclesiasticis Officiis, lib. II.