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convertir la Suède et le Danemark (1). Ici, il sut gagner la confiance d'Érick, encore païen, et en obtenir la permission de prêcher l'Évangile et de bâtir des églises. Son zèlo apostolique le ramena encore une fois en Suède [833], dont une émeute populaire avait ruiné la mission, fondée par l'apôtre en 831. Après une longue opposition, le sor^ s'étant prononcé en sa faveur, le roi Olof l'autorisa à annoncer l'Évangile : plus rassuré sur l'avenir, Anschaire fonda une nouvelle mission. Il passa les derniers jours de sa vie, comme le temps de sa jeunesse, dans le travail et l'austérité, occupé surtout de la conversion des Danois; il allait, couvert d'un vêtement grossier, travaillant de ses mains, vivant de privations, et subvenant ainsi à l'entretien de ses prêtres missionnaires et aux cadeaux qu'il avait à faire aux princes païens. Il mourut au milieu de ces travaux pénibles, mais bénis, plein de joie et louant le Seigneur [3 février 865], quoique frustré de la couronne du martyre, que, depuis sa tendre jeunesse, il avait si ardemment désirée! L'esprit de ce grand apôtre du Nord survécut dans son disciple et son successeur Rembert; cependant Gorm l'Ancien suscita de cruelles persécutions contre l'Église danoise; Hambourg fut de nouveau dévasté. L'empereur Henri i"' le contraignit de tolérer le Christianisme [vers 934] ; Unni, archevêque de Hambourg et de Brème, parvint à rendre ses dispositions plus favorables. Harald- Blaatand [936-986], fils de Gorm, dévoué à l'Évangile, reçut le baptême après une guerre malheureuse contre Othon 1^' [965). Sa conversion fut déterminée par Popo, prêtre allemand, qui s'était offert de prouver la divinité du Christ par un jugement de Dieu, et qui, en effet, le jour suivant, emporta une masse de charbons ardents dans ses mains sans en être brûlé (2); mais le zèle rehgieux d'Harald excita contre lui le parti des païens, qui le détrôna. Son fils Svend [986-101-4], plus agréable aux païens, menaça les évéchés d'Odensée et de Roskild, mais décida, parsa conquête de l'Angleterre, la victoire du Christianisme en Da-
(1) Neander, Mem. III, 2, p. 125; Slolberg-Kerz, P, XXVI, p, 344-
(2) Adam. Brem. Hist. eccles., t. II, 36, Cf. Gfrwnr, Hist. univ. de l'Église, t. III, p. 1291.
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nemark. Ganut le Grand, son fils [1014-1030], chrétiennement élevé dans la chrétienne Ang-leterre, écoutant à la fois sa conviction, les prières de sa femme Emma et l'intérêt qu'il avait d'unir les deux royaumes, consolida l'Église du Danemark. En même temps il la rattacha au centre de rUnité par l'humble pèlerinage qu'il fit à Rome, en 1026 (1). La conversion encore superficielle du peuple devait se consolider par l'institution des évêchés de Lund, Bœrglum et Viborg, fondés par Svend Estrithsen [f 1076] ; mais le paganisme et sa corruption subsistèrent longtemps encore au fond des mœurs de ce peuple baptisé, et les efforts peut-être imprudents de Ganut le Saint, pour introduire la dîme parmi eux, lui coûtèrent la vie [lOjuillet 1086] (2).
La semence de la parole portée en Suède par Anschaire avait mûri. L'archevêque de Hambourg, Unni, avait quitté son siège et consacré ses dernières forces à fonder l'Église suédoise [f 940]. Ses successeurs y envoyèrent de fidèles missionnaires, qui inclinèrent en faveur de l'Évangile ce peuple simple et vivace, et convertirent, dès 1008, Olaf Skœlkonung, qui devint le premier roi chrétien delà Suède. Skaravit s'élever le premier évêché. Le roi Inge [1075] détruisisit par la force les derniers vestiges du paganisme (3). Plus fidèle à l'esprit de l'Évangile, Swerker [1133-55] fit bâtir des monastères pour les moines de saint Bernard, qui réussirent là comme ailleurs à consolider l'édifice de l'Église. Sous Érick IX le Saint [1155-60] fut fondé l'évêché d'üpsal, qu ^ l'on confia à Henri, l'apôtre des Finnois, dont l'évêché de Randamecki fut transféré à Abo [depuis 1200]. Le pape Alexandre III érigea Upsal en métropole de la Suède [1663] ; elle eut sous sa juridiction les évêchés de Scara, Linkœping, Strengnœs, Westerœs, et plus tard Wexiœ et Abo.
Ce fut dans leurs excursions guerrières que les Norwé-
(1) Saxo Grammaticus, prévôt à Roskild ? [-f- vers 1204J, Hist. libb. XVI, éd. Stephanius. Sor., 1644, 2 t. in-fol. ; éd. Klotz. Halle, 1771. Pantoppidan. Ann. eccles. Dan. diplomatici. t. I, Hafn., 1741 ; Müntur, 1. cit., t. I, p. 214 ; Dahlmann, 1. 1. p. 99-112. *(2) Cf. Dahlmann, t. I, p. 195-293.
(3) Claudii Oernhjalm. Hist. Suecorum Gothonimque Eccles. libb. IV. Stockh., 1689, )n-4. Rïihs, Hist. de Suède. Halle, 1803, 5 P.
giens reçurent la première annonce du Christianisme (1). A dater du X^ siècle, quelques rois cherchèrent à l'introduire dans la Norwége. Haral Schœnhaar (à la belle chevelure), ayant soumis la Norwége à son sceptre, 'avait juré, dans une assemblée de tout le peuple, de ne sacrifier qu'au Dieu des chrétiens. Son fils, Hakon le Bon [936-51], élevé et baptisé en Angleterre, proposa au peuple d'embrasser le Christianisme ; le peuple répondit : « Comment un Dieu nouveau « aurait-il confiance en nous, si nous abandonnions si faci- » lement nos dieux anciens ? » Hakon fit alors un mélange de Christianisme et de paganisme, et mourut avec le remords d'avoir renié le Christ. L'indulgence qu'il avait eue pour les sanctuaires païens lui avait attiré l'amour de son peuple, qui fut, par là même, plus favorablement disposé pour le Christianisme, quand le Danois Harald, s'étant emparé de la Norwége par trahison [960], chercha à convertir le pays. Mais le puissant Norwégien Hakon [977-93] renversa, avec la domination danoise, toutes les institutions chrétiennes qu'elle avait fondées.
Olaf Trygvesen [996-1000], de concert avec le prêtre saxon Thangbrand, employa toute son influence à introduire la vérité dans son royaume, renversa les idoles, combattit vigoureusement ses ennemis, qui le vainquirent et le forcèrent à se précipiter dans la mer. Après lui ceux qui gouvernèrent, au nom du roi de Danemak et de Norwége, montrèrent de l'indifférence pour l'Évangile. Mais lorsque la Norwége reconnut un roi indépendant dans la personne de Olaf le Gros ou le Saint [1019] , celui-ci acheva, non sans employer la force, de consolider l'Eglise chrétienne, à l'aide de prêtres anglais et allemands. Il bâtit à Nidarus (Droatheira) la belle église de Saint-Clément. Il succomba [1030] dans une véritable croisade qu'il avait dirigée contre Canut-le-Grand (2) et les païens de ce royaume unis aux Danois. On vint longtemps visiter sa tombe à Nidaros comme celle d'un saint (3). La vénération de sa mémoire et la haine de la domination étrangère ren-
(1) Daldmann, t. II, p. 91-97.
(2) Dahlmann, t. II, p. 122-29. Cf. t. I, p. H2.
(o) Snurro Siurleson [f I24l], Heimskringla, éd. Schœning. Hafn.,