OES POLONAIS
le règne de Mieczyslaw II, on fonda, ou du moins on organisa les évêchés de Plock (1) pour les Mazoviens, et de Kruswice, probablement Wroclawet (2). L'Église de Pologne courut les plus grands dangers durant l'anarchie qui régna depuis 1034 jusqu'en 1042, et qu'augmentaient encore la tyrannie des nobles et l'immoralité du clergé. Mais Casimir I^' y mit un terme [1043-58], et raffermit l'Église ébranlée en fondant de nouvelles pépinières pour le ministère évangclique, en restaurant le couvent des Bénédictins à Tyniec, près de Cracovie, et en créant celui de Leubusen Silésie (3). Quoiqu'il manquât (4) encore à la conin Annal, hist. diœces. Wratisl., 1821; Ritter, Histoire du diocèse de Breslau; 1 vol. Breslau, 1845.
(1) Voy. pour ces évêchés Dhigouz, Vite episcoporum Posnaniens. éd. Treterus. Brunsb. 1604; Damalewicz, Séries archiepiscop. Gnesnens. Varsow., 1649, in-4; Janicii Vit;e archiepiscop. Gnesnens., éd. Tricesius. Cracov., 1574; Starovoiscii Vitre antistilurn Cracoviens. Cracov., 1655; idem, Vitae et res gestœ episcop. Ploceasium; Lubienski, Vitae episcop. Plocensium. Cracov. 1642. Voy. encore, pour ces évêchés et tous ceux qui furent fondés plus tard, Rzejmicki, S. J. Vilœ prajsulum Polon. libris IV comprehensœ. Posnaniœ, 1761. Lib. I, c. 3, Vitae episcop. Gnesnens.; c. 4, de Archiepiscopatu Lcopcliens!; c. 5, de Episcopatu Cracf)viensi; lib. II, c. l, de Episcopatu Viadislaviensi; c. 2, de Episcopatu Plocensi; c. 2, Vitae episcop. Varmiens. ;c. 3, Vitte episcop. Luceoriens. ; lib. IV, c. 1, de Episcopatu Premysliensi; c. 2, de Episcopatu Samogitiae; c. 3, de Episcopatu Culmensi; c. 4, de Episcopatu Chelmensi; c. 5, Vitae episcop. Kiovens; c. 6, de Episcopatu Camenesensi ; c. 7, de Episcopatu Livoni;e; C. 8, de Episcopatu Smolencensi. Cf. aussi Skrobiszewski, Elogia et vitEe archiepiscoporum Haliciensum et Leopoliensiijm. Leopoli., 1628, in-4.
(2j II a été démontré clairement qu'il n'y avait pas d'évèché à Kruszwice par le chanoine Frank de Posen, dans Jabcynski, Gazeta Koscielna. Ann. 1843, n° 44.
(3) Naruszeivicz, I. cit., t. IV, p. 193-210, et Rœpell., t. I, p, 180, a prouvé sutlisamment que Casimir n'avait été moine ni à Clugny ni à Braunweiler, et qu'ainsi il n'avait pas besoin de dispense du pape pour monter sur le trône.
(4) Greg. VII, ep. 73 ad Boleslaum, Polonor. ducem, ann. 1075, se plaint : « Quod episcopi terrae vestn«, non habentes certum metiopolitanae sedis locum, nec sub aliquo positi niagisterio hue et illuc pro sua quisque ordinatione vagantes, ultra régulas et décréta SS. Paîrum liberi sunt et absoluti, deinde vero, quod inter tantam hominum muliitudinem adeo pauci sunt episcopi et amplaj singulorum parochite, ut in subjectis plebibus curam episcopalis oflicii nullatenus exsequi autrite administrare valeant. » {Harduin, t. VI, P.I, p. 1318; Maasi, t. XX. p. 183.)
solidation de l'Église de Pologne l'autorité forte et une d'un métropolitain, comme s'en plaignait Grégoire Vil, cependant, dès 1075, elle était déjà si puissante et si universellement respectée (1) que le roi Boleslaw II, ayant tué de sa main, au pied des autels, l'évêque de Cracovie, saint Stanislas, qui lui avait reproché ses désordres [1079], ce prince fut obligé de fuir devant l'indignation de ses sujets, et mourut dans la misère [vers 1081],
§ 183. — En Hongrie.
J. Tkivrocz, Chronica Hungar. (Schtvandtner, Script, rer. Hungaric. Vindob., 1746, in-fol.)- Inciwfer, S. J. Ann. ecclesiast. regni Hung., 164-t. Pray, Ann. vet. Hunnorum, Avarornm et Hungaror. Yindob., 1761, in-fol. Fejer, Codex diplomaticus Hungar. ecclesiast. et civil. Budse, 1829, t. I. Mailaih, Histoire des Madgyars. Vienne, 1828, t. I. Cf. Stolberg-Kertz, P. XXXHI, p. 412-39.
La migration des Madgyares (Hongrois) dans l'ancienne Pannonie date de la fin du IX"^ siècle. Appartiennent-ils à la famille des Finnois, des Mongols ou des Turcs? C'est ce qui est incerLaiu. Leur théologie dualiste, le nom du mauvais principe Armanyos (Ahriman), rappelle, comme la mythologie des races salves dont nous avons parlé, une origine persane. Ils sacrifiaient sur les montagnes, dans les bois, aux sources des rivières : des chevaux blancs étaient les principales victimes. La première conversion de cette tribu date de 950 ; elle vint de Constantinople ; les princes hongrois Bulosudes et Gylas furent baptisés, le moine Hiéroteus sacré évêque de Hongrie (2). Le duc Geisa [972-97], marié à Sarolta;, fille de Gilas, et très-active à propager la doctrine de l'Évangile, partagea bientôt les dispoitions favorables de sa femme et reçut le baptême. Le nombre considérable des serfs allemands et l'intérêt bien entendu qu'avait Geisa de s'allier à l'empereur Othon III décidèrent, contre toute attente, l'union de l'Église hongroise à l'Église d'Occident.
(1) Il faut avoir aussi égard à R. Pruszcza, Forteca duchcwaa krolestwa polskiego (Légendes des saints). Krak., 1652, in-4.
(2) Cf. Schr'œckh, Hist. de l'Église cliFét., P. XXI, p. 225.