‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 92 sur 280 · II · texte numérisé non relu

II

relâchée s'opposa une direction toute contraire et souvent aussi exagérée dans sa rigueur. Les pénitents se livrèrent à des mortifications parfois cruelles, auxquelles Pierre Damien et son disciple Dominique le Cuirassé [f 1062] excitaient les fidèles, dans leur désir ardent d'effacer ainsi tous les péchés du siècle (1). Les chrétiens relâchés se rendaient souvent à Rome, pour en appeler des sentences sévères prononcées contre eux par leurs évêques, et en être relevés. Les évêques et plusieurs conciles (2), au contraire, ordonnèrent qu'avant tout pèlerinage on accomplît la pénitence imposée par les prêtres, et qu'on n'entreprît le voyage de Rome qu'avec la permission épiscopale.

Les châtiments imposés par l'Eglise comprenaient encore : 1° l'excommunication, avec exclusion partielle ou complète de la communion ecclésiastique {excommunicatio >mnoret major); 2° l'anathème, surtout contre les hérétiques, formellement reconnus comme tels; et STinterdit, qui était local ou personnel, général ou particulier. L'Église,

habuerit unde possit redimere; si dives fuerit, pro VII hebdomadis det sôlidos XX; si non habnerit tantum, unde dare possit, det solides X. Scd attendat imnsquisqiie cui dare debeat, sive pro rédemptions captivorum, sive supra sanctum altare, sive Dei servis, seu pauperibus in eleentiosyna. »

(1) Déjà dans Regino, loco cit., lib. II, c. 443, il est dit : « Quidam dixerunt triduanas agerein verberibus et vigiliisinsistendo triduum; c. 45, pro uno die in autumno, hieme vel verno C percussiones, vel psalmos L.;in asstate psalterium, vel percussiones. » Comme acceptation volontaire d'une pareille pénitence, on lit dane Petrus Damian. ep. ad Blancam comitissam, sur Dominique le Cuirassé : « Hujus s. senis exemple faciendse disciplinœ mos in nostris partibus inolevit, ut non modo viri, sed et nobiles mulieres hoc purgatorii genus inhianter arriperent. » Petrus Damian. de Laudibus flagellorum (0pp. t. III, lib. IV, ep. 21 ; lib. VI, ep. 33). Cf. Boileau, Hist. flagcllantium.

(2) Ahitn, episc. Basil, in capitul. an. 820, c. 18 : « Et hoc omnibus fidelibus denuntiandum, ut qui causa orationis ad limina beatorum apostolorum pergere cupiunt, domi confiteantur peccata sua, et sic proficiscantur, quia a proprio episcopo aut sacerdote ligandi aut exsolvend) sunt, non ab exlraneo. » Conc. Salistad. an. 1022, c. 18. Gerbert écrit au nom de l'évêque Adalbéron, de Reims, au noble Baudouin qui avait été excommunié pour avoir abandonné sa femme, et se dirigeait vers Rome : « Nihil tibi profuerit Romam adiisse, dominum papam mendaciis delusissc, quum Paulus dicat : Si quis vobis aliud evangelizaverit prœter id quod accepistis, anathema. Estote ergo vobiscum divinarum legum defensores.

à l'exemple de saint Paul, était à la fois sévère et indulgente : elle voulait, comme l'apôtre (1), « que le pécheur fût livré à Satan, pour mortifier sa chair et sauver son âme au jour de la justice (2). »

(1) 1 Cor., V, 5.

(2) L'interdit complètement exposé au Conc. Lemoviceiise II, an. 103i (Mansi, t. XIX, p. 541 ; Harduin, t. VI, p. 844 sq.).

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