‹ Histoire universelle de la pédagogieChapitre 11 sur 71 · ÉDUCATION CHEZ LES CHINOIS · texte numérisé non relu

ÉDUCATION CHEZ LES CHINOIS

soBs da p^, car Tenfant dont le pèie est méc<mtent est digne de punition.

> Les parents nourrissent et instruisent leur enfant jusqu^à ce qu'ils en aient fait un homme. La vertu d*un père et d'une mère est vraiment infinie, elle est comme le ^us haut ciel. »

Le père qui tue son enfant (les infanticides sont communs en Chine) n*est pas puni; mais quand un enfant offense ses parents, on le fait mourir. La province se met en mouvement. Le crime le plus odieux a été accompli. L'em« pereiu: s'assied sur son trône pour juger. Tous les mandarins des environs sont déposés, car l'administration d'une ccmtrée où un tel crime se passe doit être mauvaise. Le coupable est déchiré, sa maison et les maisons voisines sont l»rûlées et détihiikes de fond en comble.

Ces devoirs des enfants envers les parents sont la base de tous ceux qui existent entre pnnceset sujets, maîtres et domestiques, instituteurs et élèves. Voici, sur les rapports entre maîtres et élèves, encore quelques préceptes intéressants :

€ On doit vénérer toute sa vie cc^nme un père l'instituteur que Ton a adopté. Quand un élève accompagne son maître sur la route, il ne doit pas le quitter pour parler avec une autre personne *, il ne doit pas non plus marcher sur ses pas, mais se tenir im peu à droite. Quand son maître s'appuie sur ses épaules pour lui dire quelque chose à Foreille, il doit mettre sa main sur sa bouche pour ne pas rincommoder de son haleine; jamais il ru dûitrinterrompre quand il lui parle. »

Dans un tel état de choses et sous Tempire d'un sem* tdable principe, on comprend que la Chine doive (Jemair^ stationnaire dans son développement. Comme ses lois, ses institutions et sa Utt^ature sont sacrées, elles soni éternellement maintenues et respectées. L'étude du Chiùois n'est pas une recherche libre et approfondie de la vérité dans les différents domaines de la science, mais un simple ^prentissage mécanique des cérémonies, des lois,

des principes et des faits renfermés dans sa littérature. Les études chinoises ressemblent à celles de Tancienne scolastique, où, Aristote Va dit écartait tous les doutes. Mais ces études n'en sont pas moins considérables pour toutes les classes ; car chaque Chinois doit être rendif capable de comprendre les ordres de son empereur. Aussi la Chine est-elle le pays des écoles et des examens. Ce n'est que par Tétude qu'on peut s'y élever dans la hiérarchie administrative.

Les études, en Chine, comprennent quatre degrés priniipaux. Dans le premier (l'enseignement primaire), on apprend à lire et à écrire, et Ton apprend par cœur des préceptes, des sentences, etc. Cet enseignement est essentiellement basé sur la mémoire. Dans le second, on explique les passages, préceptes, etc., appris dans le premier degré. Dans le troisième, on apprend la versification et les belles formes du style. Dans le quatrième, on fait des dissertations, des traités sur des sujets poétiques; le tout d'après la méthode prescrite. Dans les exercices de style, par exemple, on doit d'abord apprendre à diviser son sujet ; on développe ensuite les idées principales, analysant et classant toujours les pensées jusque dans leurs dernières ramifications. On réunit ensuite les idées analysées en un tout organique. La rhétorique ou l'étude des formes du style a aussi ses règles fixes, comme l'étude du fond. Sur tous les degrés on poursuit l'étude de la lecture et de l'écriture, la principale en Chine. La lecture, l'écriture et les idées sont ici étroitement unies entre elles. Les Chinois n'ont pas de lettres pour écrire les mots. Chaque idée est représentée par un signe particulier et exprimée d'une certaine manière. Il faut donc pour chaque objet ou chaque idée un signe écrit et un mot parlé. Par ce moyen, l'enseignement intuitif ou l'étude des idées est intimement lié en Chine à l'enseignement de la leôture et de l'écriture. Dans l'école primaire, on doit apprendre quatre caractères par jour. Le Chinois qui connaît quatre-vingt mille mots et autant de signes pour les représenter, qui possède, par

Page 1