Tu ne mangeras pas après le temps (après midi
10. Tu ne posséderas en propre ni or, ni argent, ni quoi que ce soit de valeur.
Les cinq premiers commandements sont considérés comme les plus importants ; mais ils sont, aussi bien que les autres, souvent transgressés.
La seconde partie renferme des règles de politesse, de savoir-vivre, etc. Voici les principales :
1. Le jeune homme doit respecter son maître comme Bouddha lui-même; il ne doit pas le contredire, même quand il ne dit pas la vérité ; il ne doit pas parler de ses défauts; il ne doit point entrer chez lui indiscrètement lorsqu'il a fermé sa porte; il frappera trois coups à la porte, et si on ne vient pas lui ouvrir, il s'éloignera.
LES ANCIENS ÉGTFlbpSr'
Qoand un maître monte sur une môâ^
porter après lui un ^iége sur lequel il puisse se reposer.
2. Quand le maître mange, qu'il lit les saints livres, nettoie ses dents, prend un bain, ou qu'il est occupé dans son esprit, l'élève ne doit point aller auprès de lui. Quand il s'habille, il doit lui tenir ses souliers.
3. Un élève ne doit entrer dans aucune maison sans être accompagné de son maître; il ne doit regarder ni à iroite, ni à gauche, mais le suivre silencieusement, les xegards dirigés vers la terre.
4. Un livre qui traite d'études doit être lu et compris jusqu'au bout avant que Ton passe à un autre.
5. On ne doit pas tousser sur les livres sacrés, ni prendre aucun rafraîchissement en les Usant.
6. Tu ne feras point trop de bruit avec le nez; tu ne cracheras point dans un endroit propre. Quand tu bâilleras, tu tiendias la manche de ton habit devant ta bouche ; tu ne feras point de bruit en mangeant, et ne te gratteras point la tête.
Il y a dans l'Inde, outre les écoles populaires, des écoles de brahmines et trois écoles savantes, avec des professeurs pour les diverses sciences. Aussi longtemps qu'il étudie, le Jeune homme est logé et nourri chez son maître ou père spirituel ; durant ce temps, il n'est pas obUgé de lui faire des cadeaux, outre ce qu'il lui paye pour sa pension et ses leçons ; mais, en le quittant, il doit, suivant ses moyens, lui donner un champ, de l'or, des pierres précieuses, une vache ou un cheval, un parasol, une paire de pantoufles, un marche-pied, du grain, des habits ou un mets délicat. Par ce moyen, il demeure en faveur auprès de son maître*.
A. lies anciens dlg^ptiens*
Les anciens Egyptiens, dont la civilisation remonte à 2,000 ans avant Jésus-Christ, ont beaucoup de traits de
1. Vhde se transforme lentement sous l'influeiiee du gouveruemeni iflSlaif et des missioms ehrétiennes.
18 His^romE ds la vèdagobie,
ressemblance avec les Indous. Comme eux, ils étaient divisés en castes. Les prêtres et les guerriers formaient la noblesse du pays. Entre eux et les castes populaires des artisans, des berçers, des bateliers et des marchands, il y avait un abîme infranchissable. Cette division de la population en castes déterminait, comme dans l'Inde, la culture spéciale de chacune d'elles. Il y avait plus encore : chaque caste se divisait en autant de classes d'ouvriers qu'elle renfermait de branches de travail ; et il fallait que le fils embrassât l'état de son père. Cette organisation sociale présentait cet avantage, que chaque enfant pouvait de bonne heure apprendre sçn état sous le toit paternel, et acquérir ainsi beaucoup d'adresse dans sa spéciaHté, s'il était bien doué. Mais , si les spécialités gagnaient à ce système, on comprend que l'ensemble y perdait en harmonie, et que le génie qui se fraie de nouvelles routes, qui crée, transforme et ouvre de nouveaux horizons, était comme enchaîné dans ces institutions égyptiennes, qui donnaient à la civilisation sa base, sa règle et ses limites. On connaît peu les principes philosophiques et religieux qui servaient de base aux institutions égyptiennes. Les prêtres, qui avaient le monopole de la science et gouvernaient par son moyen, avaient soin de s'entourer de mystères pour qu'on ne pût pas leur enlever leur pouvoir. Ils avaient, pour eux, une écriture particulière, les hiéroglypheSj tandis que l'écriture dénwtique servait pour le peuple. Ils représentaient la religion sous des emblèmes mystérieux que le peuple prenait pour des divinités. Les rois Dépendant étaient plus ou moins initiés à la science des prêtres, ainsi que les mçmbres de leur famille. Moïse, adopté par la fille de Pharaon, fut instruit dans toute la science des Egyptiens (Actes, v. 22). Et cette science était assez importante. Les Egyptiens (la caste des prêtres) cultivaient la philosophie, l'histoire, l'histoire naturelle, la médecine, l'astronomie, l'astrologie et la magie. Cette dernière science devait être fort remarquable, à en juger par les actes qu'accomplirent les magiciens de Pharaon de*
LES AKGIEN8 ÉGYPTI^fS. 19
vaut Moïse : ils changeaient des verges en serpents, de Teau m sang, etc. Les obélisques, les canaux, les pyramides, témoignent aussi des connaissances des Egyptiens en mathématiques, en mécanique, en architecture, en sculpture, etc.
Les principes religieux des Egyptiens avaient quelque chose d'austère qui déteignait stk? Téducation des enfants. ila vérité, on ne les exposait pas, comme dans d'autres pays : leur vie était sacrée ; mais on leur donnait peu de soins physiques. Ils allaient presque nus, sans chaussure m bonnet, la tête rasée. Leur nourriture était des plus amples ; on leur servait de la moelle de papyrus rôtie sous la cendre, ou d'autres plantes aquatiques. L'entretien complet d'un enfant jusqu'à l'adolescence ne revenait qu'à 20 drachmes, c'est-à-dire à moins de 20 francs. Dans tes écoles, on leur apprenait à lire et à écrire. Le divin Theut, inventeur de cet art, pensait, par là, rendre les Egyptiens pins sages ^ leur faciliter la mémoire. Un roi de Thèbes, Tamus, se permit plus tard de le contredire par des paroles assez remarquables pour être rapportées : t Cette invention, dit-il, favorisera l'oubU des choses qu'on devrait savoir, car on confiera aux caractères extérieurs es qui devait étr« gravé dans la mémoire. Ge n'est donc pu un moyen de se mieux resiouv^air que Theut a inventé^ mais, au contraire, im moyen de &ire oublier ; les élèves aurt^ une représentation des règles de la sa^ gesse, au lieu d'avoir celle-ci en eux-mêmes ; ils paraît tront beaucoup savoir, et ils ne seront que des ignorants. » k côté de l'écriture et de la lecture, on enseignait aussi le ealcul. Cette branche s'apprenait dans des jeux intéres-* lants. Les enfants recevaient un certain nombre de pom* mes, de couronnes, de vases esi or, en argent, en airain, OQ en d'autres métaux ; il s'engageait ensuite entre eux des espèces de combats, dans lesquels il y avait gain ou perte des objets distribués. Mais le calcul, comme le remarque Cramer, rendit les Egyptiens, comme les Phéniciens et d'autres peuples, plus rusés que sages. Il favo«
risa et développa en eux la soif du gain et de l'argent, et tous les viœs qui en découlent.
La femme était mieux partagée en Egypte que chez les divers peuples de TAsie. Les prêtres du moins n'osaient prendre qu'une femme. Et, chose étonnante, le mari devait soigner les affaires de la maison, tandis que la femme allait au marché et faisait le commerce. D*après Diodore la femme aiu^it joui d'une plus grande considération que Thomme. Ce renversement des rôles dans la famille devait avoir une certaine influence sur Féducation des enfants : c'était le père plutôt que la mère qui était chargé de les élever dès leur entrée dans la vie.
§ 6. De l'édncatioA ebes les aneiens Perses.
En Chine, en Inde et en Egypte, comme on vient de le voir, l'éducation a été ou est encore dominée et réglée par un principe théocratique. Les préceptes viennent du ciel et des divinités supérieures reconnues. En Perse l'Etat entre comme nouveau facteur dans l'éducation. D, y partage avec la religion le droit de régler la culture et les mœurs du peuple.
En naissant, le petit enfant devait, d'après le Zend- Avesta, la bible des Perses, être lavé trois fois avec de l'urine de bœuf et une fois avec de l'eau, afin de le purifier. Un astronome déterminait ensuite le sort de l'enfant et lui donnait un nom. A la fin de la troisième année, le père offrait lin sacrifice à Mithra. Jusqu'à sept ans, l'enfant n'était astreint à rier , et tout ce qu'il faisait de mal tombait au compte des p^ rents. Avant l'âge de cinq ans, ceuxci n'osaient l'instru re de ce qui était bien ou mal* ; ils devaient se borner à lui donner les soins physiques nécessaires, et à lui dire, lorsqu'il tombait dans quelque faute : Ne fais plus jamais celai... Bel exemple de sobriété dans les paroles I Avant l'âge de huit ans, on ne devait pas frap-
t . On retrouvera ce principe dans JeanJaeques Rousseau.