‹ Histoire universelle de la pédagogieChapitre 16 sur 71 · ÉDUCATION CHEZ LES PHÉNIGIIENS · texte numérisé non relu

ÉDUCATION CHEZ LES PHÉNIGIIENS

citoyens. On ne comprend pas, en effet, conunent toute la

nation aurait pu être jetée dans un système d'éducation,

où il n'y a place ni pour l'agriculture, ni pour les arts, ni

pour le conmierce, mais seulement pour les fonctionnaires

publics et les militaires. Un peuple ne peut pas passer sa

^sur une place publique, ni la moitié des jeunes gem

d'une nation accompagner son roi à la chasse.

En terminant ce coup d'oeil sur Téducation des anciens

Perses, je dois relever un trait de cette éducation, savoir

son austérité. Le Perse, appelé par sa religion à combattre

Ahnman jusque dans son cœur, devait nécessairement

devenir austère et guerrier. En apprenant à dompter ses

pilons, sa mollesse, sa sensualité, et à braver les déserts,

empire d'Aliriman, et les fatigues qui s'y rattachent, le

Perse devenait fort, hardi et courageux. U fallait une telle

éducation pour produire un Cyrus, et faire des Perses un

peuple conquérant. L'austérité des mœurs fortifie et élève

une nation; la mollesse et le luxe TafEûblissent et rabaissent.

S 6. De l'édncatiom ckeK les PkteieieBS*

Les Phéniciens nous offrent l'image d'un peuple commerçant, qui s'abandonne hardiment à l'inconstance des flots pour étendre au loin son commerce et augmenter ^ nchesses. n résulte de là que sa culture a dû être plus Ijhre çue celle des autres peuples de l'Asie. Le principe de l'utilité dominait chez les Phéniciens, conmie chez tous les peuples marchands. Leurs connaissances se rapportaient i leur commerce, leur morale s'acconmiodait à leurs inté- 'ête. A Carthage, ville fondée par les Phéniciens, les garçons apprenaient à lire, à écrire, à calculer; ils devaient ^ outre apprendre le maniement des armes, un métier et 1^ pratiques de la religion. On ne sait au reste rien de P^is sur leurs principes et leurs procédés particulier» d'éducation.

24 HISTOIRE DE Lk PÉDAGOGIE.

§ 7. I4M Cir«c0.

En quittant TÂsie pour passer en Europe, nous entrons sur un terrain pédagogique nouveau. Là, les préoccupations de la vie à venir, et des préceptes absolus émanant du ciel ; ici, des peuples ne vivant que pour la vie présente, et une morale puisée dans Thomme même. Là, l'homme gravitant autour de son dieu pour parvenir à la félicité ; ici, rhomme cherchant son bonheur en lui-même et dans le déploiement de ses propres forces. Il faut pourtant excepter de la tendance asiatique les races Cananéennes qui servaient d'impures divinités et cherchaient le bonheur dans la volupté.

C'est donc une base toute humaine que celle sur laquelle repose la civilisation des Grecs et des Romains. Assurément ils avaient aussi un culte et des dieux ; mais (comme nous le verrons bientôt), leur mythologie n'était qu'un produit de leur développement moral et physique.

Cette base de la civilisation gréco-romaine renfermait deux éléments distincls : un élément social, et un élément individuel. L'individu toutefois était censé appartenir à la société ou à l'Etat, plus qu'à lui-même : le citoyen avait le pas sur Thomme. Le Grec et le Romain étaient avant tout citoyens, mais avec des caractères différents. Le Grec recherchait le beau et le bon^ et le Romain l'utile.

Pour atteindre sa destinée, le Grec était stimulé et développé par trois moyens intimement unis entre eux, et pour ainsi dire confondus avec la vie du peuple : la religion, la musique et la gymnastique.

Page 1