‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 11 sur 101 · LES ANCIENS ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

LES ANCIENS ÉGYPTIENS

Quand un maître monte sur une montagne, l’élève doit porter après lui un siège sur lequel il puisse se reposer.

2. Quand le maître mange, qu’il lit les saints livres, nettoie ses dents, prend un bain, ou qu’il est occupé dans son esprit, l’élève ne doit point aller auprès de lui. Quand il s’habille, il doit lui tenir ses souliers.

3. Un élève ne doit entrer dans aucune maison sans être accompagné de son maître; il ne doit regarder ni à. droite, ni à gauche, mais le suivre silencieusement, les regards dirigés vers la terre.

4. Un livre qui traite d’études doit être lu et compris jusqu’au bout avant que l’on passe à un autre;

5. On ne doit pas tousser sur les livres sacrés, ni prendre aucun rafraîchissement en les lisant.

6. Tu ne feras point trop de bruit avec le nez ; tu ne cracheras point dans un endroit propre. Quand tu bâilleras, tu tiendras la manche de ton habit devant ta bouche ; tu ne feras point de bruit en mangeant, et ne te gratteras point la tête.

Il y a dans l’Inde, outre les écoles populaires, des écoles de brahmines et trois écoles savantes, avec des professeurs pour les diverses sciences. Aussi longtemps qu’il étudie, le jeune homme est logé et nourri chez son maître ou père spirituel ; durant ce temps, il n’est pas obligé de lui faire des cadeaux, outre ce qu’il lui paye pour sa pension et ses leçons; mais, en le quittant, il doit, suivant ses moyens, lui donner un champ, de l’or, des pierres précieuses, une vache ou un cheval, un parasol, une paire de pantoufles, un marche-pied, du grain, des habits ou un mets délicat.

. Par ce moyen, il demeure en faveur auprès de son maître 1 .

A. Les anciens Égyptiens*

Les anciens Egyptiens, dont la civilisation remonte à 2,000 ans avant Jésus-Christ, ont beaucoup de traits de

1. L’Inde se transforme lentement sous l’influence du gouvernement anglais et des missions chrétiennes.

ressemblance avec les Indous. Comme eux, ils étaient divisés en castes. Les prêtres et les guerriers formaient la noblesse du pays. Entre eux et les castes populaires des artisans, des bergers, des bateliers et des marchands, il y avait un abîme infranchissable. Cette division de la population en castes déterminait, comme dans l’Inde, la culture spéciale de chacune d’elles. Il y avait plus encore: chaque caste se divisait en autant de classes d’ouvriers qu’elle renfermait de branches de travail ; et il fallait que le fils embrassât l’état de son père. Cette organisation sociale présentait cet avantage, que chaque enfant pouvait de bonne heure apprendre son état sous le toit paternel, et acquérir ainsi beaucoup d’adresse dans sa spécialité, s’il était bien doué. Mais, si les spécialités gagnaient à ce système, on comprend que l’ensemble y perdait en harmonie, et que le génie qui se fraie de nouvelles routes, qui crée, transforme et ouvre de nouveaux horizons, était comme enchaîné dans ces institutions égyptiennes, qui donnaient à la civilisation sa base, sa règle et ses limites.

On connaît peu les principes philosophiques et religieux qui servaient de base aux institutions égyptiennes. Les prêtres, qui avaient le monopole de la science et gouvernaient par son moyen, avaient soin de s’entourer de mystères pour qu’on ne pût pas leur enlever leur pouvoir. Ils avaient, pour eux, une écriture particulière, les hiéroglyphes, tandis que l'écriture dèmotique servait pour le peuple. Ils représentaient la religion sous des emblèmes mystérieux que le peuple prenait pour des divinités. Les rois cependant étaient plus ou moins initiés à la science des prêtres, ainsi que les membres de leur famille. Moïse, adopté par la fille de Pharaon, fut instruit dans toute la science des Egyptiens (Actes, v. 22). Et cette science était assez importante. Les Egyptiens (la caste des prêtres) cultivaient la philosophie, l’histoire, l’histoire naturelle, la médecine, l’astronomie, l’astrologie et la magie. Cette dernière science devait être fort remarquable, à en juger par les actes qu’accomplirent les magiciens de Pharaon de-

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