‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 12 sur 101 · LES ANCIENS ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

LES ANCIENS ÉGYPTIENS

van t Moïse : ils changeaient des verges en serpents, de l'eau en sang, etc. Les obélisques, les canaux, les pyramides, témoignent aussi des connaissances des Egyptiens eu mathématiques, en mécanique, en architecture, en sculpture, etc.

Les principes religieux des Egyptiens avaient quelque chose d’austère qui déteignait sur l’éducation des enfants. A la vérité, on ne les exposait pas, comme dans d’autres pays : leur vie était sacrée; mais on leur donnait peu de soins physiques. Ils allaient presque nus, sans chaussure ni bonnet, la tête rasée. Leur nourriture était des plus simples ; on leur servait de la moelle de papyrus rôtie sous la cendre, ou d’autres plantes aquatiques. L'entretien complet d’un enfant jusqu’à l’adolescence ne revenait qu’à 20 drachmes, c’est-à-dire à moins de 20 francs. Dans les écoles, on leur apprenait à lire et à écrire. Le divin Theut, inventeur de cet art, pensait, par là, rendre les Egyptiens plus sages et leur faciliter la mémoire. Un roi de Thèbes, Tamus, se permit plus tard de le contredire par des paroles assez remarquables pour être rapportées : a Cette invention, dit-il, favorisera l’oubli des choses qu’on devrait savoir, car on confiera aux caractères extérieurs ce qui devrait être gravé dans la mémoire. Ce n’est donc pas un moyen de se mieux ressouvenir que Theut a inventé, mais, au contraire, un moyen de faire oublier; les élèves auront une représentation des règles de la sagesse, au lieu d’avoir celle-ci en eux-mêmes ; ils paraîtront beaucoup savon’, et ils ne seront que des ignorants. » A côté de l’écriture et de la lecture, on enseignait aussi le calcul. Cette branche s’apprenait dans des jeux intéressants. Les enfants recevaient un certain nombre de pommes, de couronnes, de vases en or, en argent, en airain, ou en d’autres métaux; il s’engageait ensuite entre eux des espèces de combats, dans lesquels il y avait gain ou perte des objets distribués. Mais le calcul, comme le remarque Cramer, rendit les Egyptiens, comme les Phéniciens et d’autres peuples, plus rusés que sages. Il favq-

visa et développa en eux la soif du gain et de l’argent, et tous les vices qui en découlent.

La femme était mieux partagée.en Egypte que chez les divers peuples de l’Asie. Les prêtres du moins n’osaient prendre qu’une femme. Et, chose étonnante, le mari devait soigner les affaires de la maison, tandis que la femme allait au marché et faisait le commerce. D’après Diodore la femme aurait joui d’une plus grande considération que l’homme* Ce renversement des rôles dans la famille devait avoir une certaine influence sur l’éducation des enfants : c’était le père plutôt que la mère qui était chargé de les élever dès leur entrée dans la vie.

§ 5. De l'éducation chez les anciens Perses»

En Chine, en Inde et en Egypte, comme on vient de le voir, l’éducation a été ou est encore dominée et réglée par un principe théocratique. Les préceptes viennent du ciel et des divinités supérieures reconnues. En Perse l’Etat entre comme nouveau facteur dans l’éducation. Il y partage avec la religion le droit de régler la culture et les mœurs du peuple.

En naissant, le petit enfant devait, d’après le Zend- Avesta, la bible des Perses, être lavé trois fois avec de l’urine de bœuf et une fois avec de l’eau, afin de le purifier. Un astronome déterminait ensuite le sort de l’enfant et lui donnait un nom. A la fin de la troisième année, le père offrait un sacrifice à Mithra. Jusqu’à sept ans, l’enfant n’était astreint à rien, et tout ce qu’il faisait de mal tombaitau compte des parents. Avant l’âge de cinq ans, ceuxci n’osaient l’instruire de ce qui était bien ou mal1 ; ils devaient se borner à lui donner les soins physiques nécessaires, et à lui dire, lorsqu’il tombait dans quelque faute : .Ne fais plus jamais cela!... Bel exemple de sobriété dans les paroles 1 Avant l’âge de huit ans, on ne devait pas frap-

1, On retrouvera ce principe dans Jean-Jacques Rousseau.

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