‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 30 sur 101 · LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE

cercle tracé autour de la théologie et de la science était trop étroit, l’activité intérieure était peut-être d’autant plus intense : les savants classaient, systématisaient, subtilisaient.

Les théologiens, rangés autour dos écrits de saint Augustin, se divisaient en trois écoles : dogmatique, mystique et sceptique. La première, qui compte parmi ses principaux chefs Anselme de Cantorbéry (1033-1109). Albert- Ic-Grand (1205-1280) et Thomas d’Aquin (1227-1274), surnommé le docteur angélique, basait son système sur la connaissance des faits historiques; la seconde, dans laquelle se place Saint-Bernard ( 1 09 1-1 153) et Saint- Bonaventure , s’appuyait surtout sur le sentiment et l’œuvre de la foi dans le cœur. Dans Richard (1173) et Hugues (1 140), le premier prieur et le second religieux de l’abbaye de Saint- Victor à Paris, on trouve réunis les deux éléments dogmatique et mystique. La troisième école, dont les représentants sont Abeilard (1079-1142) et le cordelier Duns Scott, surnommé le docteur subtil, débutait par le doute et la négation. Sur le terrain philosophique, les savants se divisèrent en deux écoles hostiles l’u ne à l'autre. Vers la fin du onzième siècle, Jean Rosullinus formula la doctrine que les idées générales, les universaux, étaient de pures abstractions, et que les individus seuls avaient une réalité. Cette doctrine fut désignée sous le nom de Nomilanisme. Thomas d’Aquin et Duns Scott, avec nue nuance d’opinion qui forma deux écoles, les Thomistes et les Scotislcs, soutinrent au contraire que les idées générales ont une réalité en dehors des objets. Leur doctrine constitua le Réalisme (le spiritualisme moderne s’y rattache intimement). Le nominalisme fut condamné à Boissons; mais il releva-la tête au treizième siècle, et il finit par mettre le réalisme sous ses pieds.

Si de la théologie et de la philosophie nous passons aux sciences, nou6 ne trouvons que peu de chose à glaner. Les sept arts libéraux, le trivium (la grammaire, lu rhétorique et la dialectique) et le quadrivum (l’arithmétique,

la géométrie, la musique et l’astronomie), à l’exception des mathématiques, étaient assez cultivés. La philologie était négligée. On 11e lisait pas les auteurs grecs dans l'original, et le latin, langue de l’Eglise et de la science, était si éloigné des formes classiques, qu’011 lui a donné le nom de basse latinité.

Les mathématiques furent mieux traitées que la philosophie, peut-être parce que ces sciences abstraites se rapprochent plus que les langues et les sciences naturelles des aspirations du moyen âge vers le surnaturel et la métaphysique. Les mathématiques florissaient chez les Arabes d’Espagne, les savants allèrent les y étudier dans leurs écoles. C’est chez eux que Gerbert puisa ses grandes connaissances mathématiques. Ce Gerbert devint plus tard pape sous le nom de Sylvestre IL C’est à lui, et non aux Arabes, qu’on devrait la vulgarisation de notre système de numération. Il est le premier mathématicien qui ait employé les chiffres avec valeur de rang. On peut donc le regarder comme le fondateur du système décimal, qui est à la base de notre numération. Campano de Novarc et le bénédictin anglais Athèlard traduisirent de l’Arabe au douzième siècle les Éléments d'Euclide. On sait qu’Euclide était un célèbre géomètre grec de l’école d’Alexandrie (320 av. J.-C.) et qu’il rédigea sous le nom d’ Eléments une encyclopédie des sciences mathématiques, dont la partie géométrique sert encore aujourd’hui de base à l’enseignement; mais on ignore plus généralement que c’est par les Arabes que les écrits de ce savant vinrent enrichir la science du moyen âge. Alphonse X, l’Astronome, roi de Léon et de Castille, fit dresser par les Arabes des tables astronomiques, connues sous le nom de Tables Alphonsines. Enfin, parmi les productions mathématiques du moyen âge, je citerai encore une Arithmétique en X livres écrite par Jodanius Nemoratus , et un petit livre d’astronomie par Jean Sacrobuslo, employé dans les écoles jusqu’au seizième siècle. En 1531, il fut encore imprimé avec une préface de Mélanchton.

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