Auteur catholique
Francke mourut le 8 juin 1.727, à l’âge de soixantequatre ans et quelques mois. Sa pieuse épouse reçut ses dernières paroles et son dernier soupir. Toute la ville de Halle voulut contempler encore une fois ses traits vénérés, et l’accompagna en pleurant au champ du repos. Il laissait deux enfants, une fille mariée à l’un de ses collègues, et un fils qui lui succéda dans la direction de ses nombreux établissements.
Voici, en terminant cette courte notice sur la vie et les œuvres de Francke, un extrait des instructions qu'il avait données à ses maîtres, sur la manière d’exercer la discipline dans l’école. On y retrouve le môme esprit d’amour et le même zèle pour la gloire de Dieu, que j’ai fait remarquer dans les instructions des Galasenz, des Borromée et des de la Salle. C’est que la même foi porte partout les mêmes fruits.
Instruction sur la manière d’exercer la discipline dans l’école.
Il est nécessaire et conforme à la volonté de Dieu de soumettre les enfants à une discipline chrétienne. Dans ce but, on fera bien d’observer les règles suivantes :
1. Avant tout, l’instituteur doit prier Dieu de lui donner en tout temps la sagesse dont il a besoin pour exercer une sage et bonne discipline.
2. Comme la plupart des maîtres cherchent à corriger les enfants par la rigueur des punitions, plutôt qu’à gagner leur cœur par la patience, l’indulgence et l’amour, et que les jeunes instituteurs en particulier manquent de sollicitude paternelle et de douceur chrétienne, ils doivqpt instamment supplier le Seigneur de les remplir d’amour pour la jeunesse qui leur est confiée et de les délivrer de toute dureté et suffisance charnelle.
3. L'instituteur, en particulier, doit apprendre, avec l’aide de Dieu, à se dominer soi-mème; autrement comment voudrait-il soumettre les autres à uno discipline chrétienne, et comment pourrait-il punir sérieusement et paternellement.
4. Un maître doit maintenir scs élèves sous la discipline, les. exhorter et les punir, quand cela est nécessaire; néanmoins,
TEMPS MODERNES
l’éducation ne doit être ni dure ni sévère, mais douce et paternelle, sans aucun éclat do colère, afin que les enfants voient dans ceux qui les instruisent un exemple de l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ, et que, par ce moyen, ils implantent dans leurs cœurs la crainte de Dieu et la piété.