‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 84 sur 101 · Jourdain, Budjet de l’inslrucllon publique, page · texte numérisé non relu

Jourdain, Budjet de l’inslrucllon publique, page

nouvelles générations. Telle est l’origine de Y Université de France, créée par la loi du 10 mai 1806. Un décret du 17 mars 1808 rouvrit l’école normale. Le manque de maîtres se faisait sentir dans les établissements d’instruction publique. Un autre décret du 15 novembre 1811 ordonne que les collèges et les lycées soient mis en état de recevoir tous les élèves qui font des études secondaires. Le même décret supprime tous les établissements privés, du moment où il y aura assez de place dans les collèges et les lycées pour les recevoir.

L’Université de France fut constituée à l’état de personne civile, afin qu’elle pût avoir une fortune en propre. L’Etat lui fit une dotation de 400,000 francs de rentes inscrites au grand livre de la dette publique, et l’Empereur y ajouta tous les biens, meubles et immeubles appartenant au Prvtanée1 français, aux universités, académies et collèges. Les établissements d’un caractère scientifique et littéraire, plutôt que pédagogiques, tels que le Muséum d’histoire naturelle, l’Observatoire et les institutions analogues, restèrent sous la direction immédiate du Ministre de l’Intérieur. A. sa tête, l’Université avait un Grand- Maître , assisté d’un Conseil de l’Université. L’empire fut divisé en Académies, régies chacune par un Recteur et un Conseil académique. L’Université centralisait l’enseignement public dont elle avait le monopole. Elle se divisait en trois branches : L’enseignement supérieur, donné par les facultés (théologie, droit, médecine, sciences, lettres); l’enseignement secondaire, donné dans les lycées et collèges; l’enseignement primaire, donné dans les écoles primaires. Malgré cette sage et forte organisation! de l’Université, l’instruction ne fit pas de grands progrès sous l’empire, soit qu’elle manquât du souffle bienfaisant de la liberté, soit que la France fût trop agitée par des guerres continuelles. Ce n’est que dans le sanctuaire de la paix, que fleu-

i. Ce nom fut donné sous la République au collège Louis-le-Grand, et, en 1808, à la maison de Saint-Cyr, parce qu'on y mettait les boursiers de l'Etat.

rit l'instruction primaire, et que les sciences et les arts se répandent et se perfectionnent. Ce n’est pas que Napoléon ne fût ami de l’instruction. La création de l’Université prouve assez le contraire, et nous avons de lui cette belle parole : « Il n’y a que ceux qui veulent tromper le peuple qui puissent vouloir le retenir dans l’ignorance (Mémorial) ; » mais les circonstances ne favorisèrent pas ses intentions.

Page 1