Circulaire du 6 mars
» triplerait souvent et succomberait peut-être, s’il ne pui- » sait sa force et son courage ailleurs que dans les pers- » pectives d’un intérêt immédiat et purement personnel. » Il faut qu’un sentiment profond de l'importance morale » de ses travaux le soutienne et l’anime; que l’austère » plaisir d’avoir servi les hommes et secrètement contri- » bué au bien public devienne le digne salaire que lui » donne sa conscience seule. C’est sa gloire de ne rien » prétendre au delà de son obscure et laborieuse condi- » tion, de s’épuiser en sacrifices à peine comptés de ceux » qui en profitent, de travailler, enfin, pour les hommes, » et de n’attendre sa récompense que de Dieu h »
M. Carnot ne demeura que quelques mois à la tête de l'instruction publique, et avec lui tombèrent les rêves élyséens qu’il avait fait miroiter devant les yeux des instituteurs. Bientôt ils furent invités à se renfermer dans les limites de leur vocation, et, pour mieux les y contenir, une loi du 1 1 janvier 1850 remit entre les mains du préfet la nomination et la révocation des instituteurs. « Un assez » grand nombre d’entre eux, dit M. de Parieu, ont été » égarés tout à la fois par l’influence des événements que » nous avons traversés, et par des causes d’excitation par- » ticulières à leur situation 2. # Cette loi, ainsi qu’une plus grande latitude accordée aux corporations enseignantes, fut le prélude de la grande révolution qui se préparait dans le domaine de l'instruction publique et qu’inaugura la loi du 15 mars 1850.
Réforme de l'enseignement { loi du 15 mars).
Après la chute de Louis-Philippe, des orages redoutables s’élevèrent contre l’Université. « Ce n’était, plus, cette » fois-ci, dit M. Jourdain, son régime financier qui était » mis en question* mais le droit exclusif d’enseigner qui » lui avait été confié sous l’Empire, mais toutes les préro-