Actuellement obligatoire
Allemagne, on y joint le violon, à cause de sa grande utilité pour diriger le chant dans une école. La géométrie et la sphère ne sont pas encore enseignés et ce qui est plus étonnant, la Pédagogie! Les élèves cependant sont exercés à la tenue pratique de l’école.
Des cours d'adultes.
Dès 1837 on a commencé à donner le soir, pendant l’hiver, des cours d’adultes, dans lesquels on enseigne la lecture, l’écriture, le calcul, et d’antres branches encore. Ces cours sont destinés à combler les lacunes de l'école primaire. En 186 1-G5, 7,407 instituteurs et 437 institutrices ont donné de semblables cours à 187,000 adultes. S. Exc. M. Duruy encourage beaucoup ces cours; des prix sont accordés aux élèves et aux maîtres. Quelques personnes espèrent qu’on pourra par ce moyen apprendre à lire, à écrire et à chiffrer à tous les jeunes gens qui n’ont lias fréquenté l’ccole primaire. Outre l’intérêt intellectuel que présentent ces cours, ils ont encore une valeur morale, en ce qu’ils détournent bien des jeunes gens du chemin du cabaret. Dans une ville de la Haute-Saône, le cabaretier n’allume le gaz qu’ après la ün du cours, sachant d’avance que la pure lumière intellectuelle ferait pâlir les lumières suspectes de la taverne. On a aussi ouvert des cours d’adultes de femmes.
Des salles d'asile.
L’article 57 de la loi du 15 mars 1850 annonce l’organisation des salles d’asile. Un décret, daté du 16 mai
1854 place les salles d’asile sous la protection de l’Impératrice, et un second décret du même jour institue un comité central de patronage, composé en grande partie de dames de la haute société. Enfin un décret du 21 mars
1855 organise définitivement les salles d’asile. En voici les principales dispositions.
Les salles d’asile, publiques ou libres, sont des établissements d’éducation où les enfants des deux sexes, de
deux ans à sept ans, reçoivent les soins que réclame leur développement moral et physique. L’enseignement comprend : les premiers principes de l’instruction religieuse, de la lecture, de l’écriture, du calcul verbal et du dessin linéaire ; des connaissances usuelles à la portée des enfants; des ouvrages manuels appropriés à l’âge des enfants, des chants religieux, des exercices moraux (récits d’histoire) et des exercices corporels. — . Les leçons ne durent jamais plus de dix à quinze minutes et sont toujours entremêlées d’exercices corporels. L’instruction religieuse est donnée sous l’autorité de l’évêque dans les salles d’asile catholiques, et sous celle des ministres des cultes non catholiques dans les asiles de leur culte (dans tous les degrés de l’instruction on trouve cette disposition relative à l’enseignement religieux). Les salles d’asile sont situées au rez-de-chaussée et à côté il y a un préau destiné aux repas et aux récréations. Il y a dans toutes les salles d’asile un portrait de l’Impératrice et dans chaque salle catholique un crucifix et une image de la Sainte- Vierge. Il y a à Paris un cours pratique avec pensionnat destiné à former des directrices et des sous-directrices de salles d’asile1. Nulle ne peut diriger une salle d’asile publique ou libre avant l’âge de vingt-quatre ans accomplis.
Dans le règlement du 22 mars, nous lisons encore : Il y a dans chaque salle d’asile plusieurs rangs de gradins, au nombre de cinq au moins et de dix au plus. Ces gradins doivent garnir toute l’extrémité de la salle. Des bancs fixés au plancher sont placés dans le reste de la salle, avec un espace vide pour les évolutions. Le mobilier des salles d’asile se compose de lits de camp sans rideaux ou de hamacs; d’une pendule; d’un boiîlier-compteur à dix rangées de dix boules chacune; de tableaux et de
1. J'ai eu le plaisir de visiter, en 1867, cet intéressant établissement que dirige avec une supériorité bien marquée un auteur connu, madame Pape -Carpentier.
porte-tableaux; (l’une planche noire sur un chevalet et de crayons blancs; d’un porte-dessin; de plusieurs cahiers d’images renfermés dans un portefeuille; d’une table à écrire garnie d’un casier pour les registres; d’une grande armoire ; de petites ardoises en nombre égal à celui des enfants; d’un poêle; d’une grande fontaine ou d’un robinet alimenté par une concession d’eau se déversant sur un grand lavabo à double fond ; d’autant d'éponges qu’il y a d’enfants dans la salle d’asile; enfin de tous les ustensiles nécessaires aux soins des enfants et à la propreté du service, d’un claquoir et d’un silllet.
Des etablissements de bienfaisance.
La France compte un grand nombre d’établissements de bienfaisance et de charité tels que maisons d’orphelins, crèches, hospices, écoles du dimanche, établissements pour des crétins (La Force), des aveugles, des sourds-muets. L’établissement des sourds-muets de Paris a été rendu célèbre par son fondateur l’abbé de l’Epée et par son successeur l’abbé Sicard1.
1. L’abbé de l'Epée (1712-1789), ayant été interdit par Parchevèque de Paris, comme adversaire de la bute Unigenitus , se chargea gratuitement de l’éducation de deux jeunes sœurs sourdes-muette?, fonda pour eHes son système sur le langage naturel des signes, qu’il < rut pouvoir astreindre aux formes grammaticales. Seul, sans appui, et piesque sans fortune, il forma et soutint le premier établissement de sourds- muets qui eût encore existé. Pour que ses élèves na manquassent de tien, il se conlenlait d'aliments simples et de vêlements grossiers; il passait sans feu les hivers les plus rigoureux, il a laissé les ouvrages suivants : Institut,on des sourds-muets par la voie des signes méthodiques; Véritable manière d’insltuire les souids-muels; actionnaire généial des signes employés dans la langue di s sourds-muets. On lui a élevé un monument dans l'église Saint-Roth, à Paiis, et une statue à Versailles. On eût mieux fait de le vêtir cl de le chauffer durant sa vie.
L abbé Siccard (1742-1822) fonda l’Ecole des sourds-muets de Bordeaux, après avoir professé sous l’abbé de t’F.pée. A la mort de ce der nier, il fut appelé à Paris pour y diriger l’élab.issemeut des sourdsmuets. Il est l'auteur d’un grand nombre d’ouvrages, entre aunes, u.i Catéchisme à l’usage des sourds-mueis de naissance; un tours d'in tructiun d’un sourd-muet; une Journée chrétienne d’un sourd-muet; la Théorie des signes, etc.
b. LA SUISSE ROMANDE.
La Suisse romande, qui n’a guère que l’étendue d’un département français, est trop petite pour avoir des établissements scienliliques comme la France. Cependant elle compte cinq ou six écoles cantonales ou gymnases, soit littéraires, soit scientifiques, mais diversement organisés, et plusieurs collèges. l'on r l’enseignement supérieur elle possède cinq facultés de théologie protestante et deux facultés de droit. Les études scientifiques supérieures se fout à Zürich, au Polytechnicum fédéral.
Quant à l’enseignement spécial il est donné dans un grand nombre de villages et de petites villes, dans les écoles dites secondaires, moyennes, industrielles ou dans des pensionnats. Les écoles primaires, perfectionnées par les Pcstalozzi, les Girard, les Navillc, les Gauthey, y sont dans un état comparativement florissant. Partout, sauf à Genève, l’instruction est obligatoire, depuis l’âge de six à quinze ou seize ans. Les maisons d’écoles sont généralement vastes et commodes, les traitements des instituteurs ont été partout sensiblement améliorés. On y compte 6 écoles normales d’instituteurs et 4 d’institutrices. On trouve dans la Suisse romande des jardins d’enfants, des écoles enfantines, des orphelinats, des établissements pour enfants vicieux, maladifs, sourds-muets, aveugles, etc. C’est, pour un petit pays, comme on le voit, une somme d’instruction assez considérable. Une personne qui ne sait ni lire, ni écrire, y est un phénomène presque inconnu. Néanmoins la Suisse romande a encore beaucoup à faire pour perfectionner ses méthodes et ses établissements. Les instituteurs s’y sont constitués en Association des instituteurs de la Suisse romande, afin de travailler au perfectionnement des écoles, soit par des conférences particulières, soit par leurs réunions générales, soit par leur organe Y Educateur que dirige un pê-
dagogue de mérite, M. le professeur Daguet, l’un de nos historiens suisses les plus distingués.