‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 91 sur 101 · Décret du 3 février · texte numérisé non relu

Décret du 3 février

instructions élémentaires sur l’agriculture, l'industrie et l’hygiène; l’arpentage, le nivellement, le dessin linéaire et le chant.

Depuis l’année passée (1867) une impulsion nouvelle a été donnée à l’enseignement de l’agriculture. Les instituteurs devront y donner une attention particulière.

Jusqu’en 1867, les écoles publiques de filles n’étaient pas encore organisées et obligatoires en France. L’infatigable M. Duruy a compris que cette lacune ne pouvait subsister plus longtemps et l’a fait combler par la loi du 10 avril, dont voici la disposition fondamentale :

« Toute commune de 500 habitants et au-dessus est tenue d’avoir au moins une école publique de filles, si elle n’en est pas dispensée en vertu de l’article 15 de la loi du 15 mars 18501. »

Dans toute école mixte tenue par un instituteur, une femme est chargée de diriger les travaux à l’aiguille des filles. Autant que possible le choix doit tomber sur la femme de l’instituteur, si ce dernier est marié et a peu de de famille (Instruction à MM. les Préfets, du 12 mai).

M. Duruy a aussi organisé l’enseignement secondaire des filles ; mais cet enseignement n’est pas bien vu d’une partie du clergé, qui redoute l’esprit dans lequel il pourra être donné.

Le corps enseignant est composé en partie de la’iques et en partie de membres des congrégations enseignantes, au nombre de 234. En 1856, 23,559 religieuses étaient vouées exclusivement à l’enseignement et 10,187 à la fois à 1 enseignement et au service hospitalier. M. Jules Simon dit que le quart des garçons et les deux tiers des filles (y compris les élèves de l’enseignement secondaire et supérieur) reçoivent une instruction ecclésiastique.

i . Le Conseil académique, suivant les circonstances, peut conserver provisoirement des écoles dans lesquelles seront admis les enfants de l’un et l'autre sexes.

Ecoles normales.

Les instituteurs laïques sont formés dans 78 écoles normales et quelques cours normaux. Il y a ainsi à peu près une école normale par département (la France compte 89 départements). Pour la formation des institutrices, on compte en France une dizaine d’écoles normales et plus de 50 cours normaux dirigés la plupart par des sœurs.

Pour entrer dans une école normale, le jeune homme doit avoir dix-huit ans accomplis au 1er septembre (il doit avoir tiré à la conscription) et vingt-deux ans au plus. La durée des cours est de trois années. Les écoles normales sont toutes des internats. Les objets d’enseignement sont : l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française, le calcul et le système légal des poids et mesures, le chant religieux. Il peut comprendre en outre : l’arithmétique appliquée aux opérations pratiques, les éléments d’histoire et de géographie, des notions des sciences physiques et d’histoire naturelle, appliquée aux usages de la vie, des instructions élémentaires sur l’agriculture, l’industrie et l’hygiène, l’arpentage, le nivellement etle dessin linéaire, la gymnastique. D’après le programme des écoles normales, quarante et une leçons sont consacrées à l'histoire sainte, à l’histoire universelle et à l’histoire de France, et trente- trois à la physique, à la chimie, et à l’histoire naturelle proprement dite. 11 est évident que ce nombre d’heures est insuffisant. Il faudrait le quadrupler, pour obtenir un résultat un peu satisfaisant. D’un autre côté la langue à laquelle on consacre beaucoup de temps (une dictée par jour) et le calcul qui absorbe six heures par semaine durent trois années, ont un programme peu étendu. Le programme du chant jusqu’en 1865 était fort restreint. Un arrêté du Ministre du 30 janvier 1865 rend l’enseignement musical obligatoire et lui donne une extension convenable, l’orgue, le piano ou l’harmonium ont été prescrits pour cet enseignement1. En Suisse et en

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