TH. FR.*-LES PIÈGES COBAQUES DU XV* SIÈCLE
mémoire des membres de chaque confrérie , qui les transmettaient à leurs suceesseurs. On a retrouvé récemment quelques recueils du xvi* siècle , qui font bien regretter ceux du xv" , aujourd'hui perdus. Chaque province, chaque ville possédait son répertoire spécial.
Ces genres nouveaux furent exploités à Paris par deux Sociétés célèbres qui voulurent établir une concurrence aux représentations des Confrères de la Passion. Comme ceux-ci possédaient un privilège royal exclusif pour le jeu des Mystères, il fallut s'ouvrir d'autres routes ; c'est ce que firent les clercs de la Basocbe et les En&nts Sans-Souci en écrivant et en représentant (les moralités, des larces et des sotties. Depuis l'année 1303, la corporation de la Basoche, formée de tous les clercs du palais de justice, avait ses charges et prérogatives, qu'elle tenait de Philippe le Bel; mais elle ne pouvait empiéter sur le privilège des Confi'ères. Son TOif élu par eUe, portait hien la toque royale quand il jugeait sans appel les différends survenus entre les clercs ; il avait bieu ses armoiries, un champ d'azur aux trois écritoires d'or ; la Société nommait bien son chancelier, son référendaire, son procureur général , ses douze maîtres des requêtes et ses douze capitaines pour commander ses douze compagnies, qui faisaient Ja momire ou la revue à lafôte de mai et qui donnaient l'aubade aux présidents de la grand chambre et à MM. les gens du roi; mais il fallait de nouvelles lettres patentes pour le théâtre qu'ils voulaient établir , ou tout au moins un arrangiement amiable avecles Enfants
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280 HISTOIBE UMIVEBSELLE DO THÉATBE.
Sans-Souci, qui pour exploiter leur répertoire comique payaient une redevance aux Confrères de la Paesion, nantis du privilège exclusif de représenter des ouvrages dramatiques. Ils confondirent leurs intérêts , et les genres de la Sottie, de la Moralité et delà Farce devinrent communs aux trois Sociétés, qui les exploitèrent à leui ùuitaisie.
Les Ëniants Sans-Souci, recrutés parmi les jeunes gens de la ville, n*appartenant à aucune corporation , avaient leur théâtre sous les piliers des halles; mais quelquefois ils participaient aux représenta lions des Confrères, et Ton appelait ce mélange des genres les Jeux du Pois pilés.
Les Confrères quittèrent en 1539 leur scène de la Trinité, pour aller jouer à l'hôtel de Flandre ; puis, en 1548, ils prirent possession d'une partie de Thôtel de Bourgogne, où ils bâtirent leur nouveau théâtre, ayant issue dans la rue Mauconseil.
Les Farces et les Sotties, qui de prime-abord se oontentaient de diatribes innocentes, devinrent bientdt des satires personnelles et ne craignirent pas do s'attaquer aux grands de rÉt;it,ce qui les fit vertement tancer par le Parlement, dont un arrêt de 1442 condamna les délinquants à la prison, au pain et à Veau. Un second arrêt de 147G suspendit les jeux de la Basoche sous peine des verges et du bannissement. Us restèrent frappés d'interdit jusqu'à l'année 1497, où le Roi Louis XII rendit le privilège de la Basoche et Ini permit de donner ses représentations sur la iameuse table de marbre du palais, qui disparut dansTîncendie de 1618.