MOLIÈRE
France (17e siècle).
Molière , dont le nom de famille était Poquelin, naquit à Paris en 1620 , sous lespiliers des Halles. Son père , Jean-Baptiste Poquelin , valet de chambre et tapissier chez le roi , lui donna une éducation conforme à l'état auquel il le destinait; mais son génie l'appelait ailleurs.
Le jeune Poquelin avait un grand-père qui le menait à l'hôtel de Bourgogne ; bierltôt sa vocation le décida : il demanda qu'on le mît au collège pour y faire des études. Il y suivit la classe d'Armand de Bourbon , prince de Conti , qui depuis fut son protecteur. Il y connut aussi Bernier , Chapelle , Cyrano de Bergerac ; Gassendi lui donna des leçons de philosophie.
Sorti du collège , Poquelin s'associa une troupe d'acteurs de société, et, pour ménager la délicatesse de ses parents , il prit le nom de Molière. Cette société éclipsa bientôt toutes les autres ; et Poquelin , se livrant à tout son génie , devint à la fois comédien et auteur. Il épousa
(1) Seine-Inférieure.
une actrice nommée La Béjard , qui , dit-on , remplit sa vie d'amertume. La première pièce régulière de ce grand homme fut les Etourdis ; mais la bonne comédie ne naquit qu'avec les Précieuses ridicules. Dans la suite il s'éleva jusqu'au Misanthrope , aux Femmes savantes , à V Avare , au Tartufe, pièce immortelle, après laquelle il ne faut plus rien nommer.
Sa dernière pièce fut le Malade imaginaire. Déjà souffrant , il voulut néanmoins remplir son rôle. Pendant la représentation il se trouva mal , et mourut presque subitement en 1673. Boileau l'a proclamé le plus grand génie de son siècle , et la postérité a confirmé ce jugement. Si quelques farces paraissaient indignes de lui , telle que les Fourberies de Scapin et autres , il faut considérer la grossièreté du théâtre à cette époque et l'ignorance du peuple qui assistait à ces spectacles.
On raconte qu'il lisait ses ouvrages à une vieille servante appelée La Forêt , et qu'il corrigeait les endroits qui n'avaient pas paru la frapper.
( Voyez les Esquisses littéraires de M. Lévi. )