TITUS MANLIUS TORQUATUS
Histoire Romaine ( 4e siècle avant J.-G. ).
Manlius Torquatus , consul et capitaine romain , fils de Manlius Impériosus , avait l'esprit vif , mais peu de facilité à parler. Son père , n'osant le produire à la ville , le retint à la campagne parmi les esclaves : un tribun du peuple, indigné de ce procédé , le cita pour en rendre compte; mais le jeune Manlius, irrité qu'on poursuivît son père , alla secrètement menacer le tribun de le tuer s'il n'abandonnait l'accusa-
(1) Ville d'Ionie, près de Smyrnc. {V) Asie Mineure, près de THellesponl.
lion. Cette action généreuse toucha le peuple, qui le nomma tribun militaire. La guerre s'étant rallumée contre les Gaulois, l'un d'entre eux proposa un combat singulier contre le plus vaillant Pvomain : Manlius se présenta , vainquit son adversaire, le tua, et lui ôta une chaîne d'or qu'il porta depuis, ce qui lui fit donner le surnon de Turqualus. Plus tard, il fut créé dictateur, et occupa plusieurs fois le consulat ; il était consul lors de la guerre contre les Latins. Le jeune Manlius, son fils, accepta dans le cours de cette guerre un défi qui lui fut présenté par un chef ennemi. Les généraux romains avaient défendu qu'on en acceptât aucun; aussi, lorsque le jeune Manlius revint au camp, chargé des dépouilles du vaincu , il reçut, par ordre de son père, une couronne et la mort. Manlius, après cette exécution , vainquit les Latins; on lui accorda l'honneur du triomphe ; mais les jeunes gens, indignés de sa cruauté, ne voulurent pas aller au devant de lui, et l'on donna depuis le nom de Manliana dicta aux arrêts d'une justice trop sévère. Les vieux sénateurs l'en respectèrent davantage, et voulurent l'élever de nouveau au consulat ; mais Manlius le refusa , en faisant valoir la faiblesse de ses yeux.
1GG. — SILL11E.
Histoire des Scythes.
Silure, roi des Scythes est célèbre par un
trait curieux que rapporte Plutarque. Etant près de mourir, il se fit apporter un paquet de dards, et le donna à ses quatre-vingts enfants pour le rompre. Chacun en particulier, après l'avoir essayé, avoua qu'il ne pouvait en venir à bout. Silure le prit à son tour, délia le paquet, et brisa chaque dard l'un après l'autre, leur montrant par là que s'ils étaient toujours unis entre eux, ils demeureraient invincibles , mais qu'une fois séparés , il serait très-aisé de les vaincre.
La Fontaine a fait de ce trait le sujet d'une de ses fables.