MITHRIDATE
Histoire Romaine ( 1er siècle avant J.-C. ).
Mithridate, roi de Pont (1), succéda à son père Mithridate Evergèlc ou le Bienfaisant. Confié à des tuteurs ambitieux , il se prémunit
(l) Asie Mineure, au nord-est.
contre le poison, en faisant usage tous les jours de venins subtils. Son éducation se fit dans les forêts et les campagnes, et lui fit contracter une dureté féroce. Il commença par dépouiller Nicomède et Artobarzane, vois de Bythinie (i) et de Capadoce (2). Le sénat romain , pris pour arbitre dans ces querelles , déclara libre la Capadoce , et telle fut l'origine de la baine que le roi de Pont porta toujours aux Romains. Pour se venger, il fit égorger tous les sujets de la république établis dans ses Etats. La guerre éclata dès lors , et Sylla fut envoyé contre Milhridate , et remporta près d'Athènes une victoire sur Archélaùs, l'un de ses généraux. Les défaites se succédèrent et lui enlevèrent une partie de ses Etats ; en même temps, plusieurs peuples d'Asie secouèrent son joug tyrannique. Mitbridate, accablé d'adversités, demanda la paix , ne l'obtint qu'à de honteuses conditions , et recommença la guerre. Tigrane , son beau-père, avait joint ses forces aux siennes; mais Lucullus et Pompée, envoyés successivement pour le combattre, le réduisirent à prendre la fuite. Il demanda un asile à Tigrane; ayant été refusé, il passa chez les Scythes pour y chercher de nouveaux alliés. Trompé dans ses dernières espérances, poursuivi par Pompée, il eut encore la douleur de voir son fils Phar-
(1) Asie Mineure, au nord. (^ Asie Mineure, sud du Pont.
nace proclamé par ses sujets. Mithridate, malgré sa chute , redoutable encore aux Romains , était retiré dans un château près du Bosphore (1). Son fils ingrat livra aux ennemis ce dernier asile d'un grand homme. Forcé de se rendre, le roi voulut mourir ; le poison demeurant sans pouvoir à cause du fréquent usage qu'il en avait fait, il se perça de son épée, et son corps fut abandonné aux Romains. Pour prix de sa lâcheté, Pharnace n'obtint que mépris et que haine ; il fut vaincu l'année suivante par César.