JEAN LE BON
Histoire de France ( 14e siècle ).
Le Prince-Noir était entré en France à la tête de huit mille hommes, et avait déjà ravagé quelques provinces lorsque le roi Jean marcha contre lui avec une armée considérable. Il le joignit à Maupertuis(l). Le prince anglais se trouvait retranché dans une position avantageuse , mais dont il ne pouvait sortir ; il fit alors des propositions , offrit de rendre tout ce qu'il avait pris , et de signer une trêve de sept ans. Jean le Bon voulait qu'il se rendît lui-même prisonnier avec cent jeunes seigneurs; au lieu d'attendre que la
(1) Près Poilicrs.
famine forçât le Prince-Noir d'accepter ces conditions, tout humiliantes qu'elles étaient, Jean, par une faute impardonnable, risqua la bataille , et la perdit avec des forces dix fois supérieures à celles de l'ennemi ; après des prodiges d'une valeur chevaleresque , il fut forcé de se rendre à Denis de Morbec , chevalier de l'Artois , qui servait l'Angleterre , ayant été banni pour avoir tué un homme. Le jeune Philippe , fils de Jean le Bon , à peine adolescent , combattit aux côtés de son père, et mérita le surnom de Hardi.
Le Prince-Noir avait déjà gagné ses éperons à Crécy , il se conduisit dans cette circonstance avec une générosité digne d'éloges; il servit à table le royal prisonnier , le consolant, donnant des louanges à sa valeur. Ce prince , l'espoir de l'Angleterre et la gloire de ce règne , mourut jeune, avant son père , d'une maladie de langueur. Il avait soutenu Pierre le Cruel contre Transtamare, etDuguesclin était devenu son prisonnier à Navarette (1) ; mais il abandonna la cause de ce méchant roi. Edouard, prince de Galles (2), laissa pour fils Richard II.
Pour Jean le Bon; voyez pour ce règne le n° 42.
(1) Vieille Caslillf. (2} Pays à l'ouest Je l'Angleterre.