THERMES. — VIRGILE , OVIDE , HORACE
Histoire Romaine.
Les thermes étaient des bains d'eau chaude , publics ou particuliers (thermos signifie chaud). Il y en avait un très-grand nombre dans Rome et dans toutes les villes de l'Italie. Le luxe et la magnificence des empereurs en firent des palais somptueux. On peut juger du genre d'architecture de ces monuments par les restes de l'ancien palais des thermes, bâti par l'empereur Julien , à son passage dans la Gaule. Voyez 73.
Virgile (Publius Virgilius Maro) , surnommé le prince des poètes latins , naquit près de Mantoue (1), l'an 70 avant J.-C, d'un potier de terre. Sa muse s'exerça d'abord dans le genre pastoral ; il composa sa première Eglogue en
(t) Nord de l'Italie.
l'honneur d'Auguste, qui lui avait rendu son patrimoine , dont il s'était vu injustement dépouillé : cette pièce fit connaître son talent. Après ses Bucoliques , ouvrage délicieux de grâce, de naturel et d'élégance poétiques, Virgile entreprit les Georgiques , le poëme le plus travaillé de tous ceux qu'il a laissés , véritable chef-d'œuvre de poésie latine. Il consacra ensuite onze ans de sa vie à son Enéide ; mais , voyant approcher sa fin sans y avoir apporté les corrections qu'il jugeait nécessaires, il ordonna que son ouvrage fût jeté au feu , ordre qu'heureusement on n'éxecuta point ; le monde aurait perdu une admirable épopée. Virgile mourut à Brindes (1) , l'an 19 avant J.-C, à cinquante-un ans. Sa santé avait toujours été chancelante. Il eut pour amis Auguste , Mécène , Horace et tous les grands hommes de ce siècle ; ses talents et la faveur dont il jouissait lui firent aussi beaucoup d'ennemis. On a blâmé Virgile d'avoir trop loué Auguste ; mais la reconnaissance et l'amitié qui l'attachaient à l'empereur peuvent lui servir d'excuse, Virgile fut enterré sur le mont Pausilippe (2).-
Ovide, chevalier romain, né à Salmone (3), l'an 43 avant J.-G. , étudia à Rome et à Athèns ; il devint l'un des poètes les plus remarquables de ce siècle : Auguste l'exila àTomes
(1) Terre d'Olranie. (2; Pjùs de Naples. (3) Al>ru?:ze5.
3 05 sur le Pont-Ëuxin , sans que la vraie cause de sa disgrâce ait jamais été bien connue. Auguste mourut , et Tibère ne rappela point Ovide , malgré les prières et les basses flatteries du poëte; il mourut dans ses regrets à cinquante-sept ans, après en avoir passé sept dans ce séjour qu'il abhorrait.
Les productions d'Ovide sont : 1° les Métamorphoses , ouvrage que l'on nomme son chefd'œuvre ; 2° ses Fastes , où l'on découvre un beau talent à travers quelques négligences ; 3° les Tristes et les Elégies , pleines de grâces touchantes ; 4° les Héroïdes ; 5° l'Art d'aimer ; 6° Ibis et des Fragments : il avait, dit-on , fait une tragédie , Médée , que l'on a perdue.
Horace naquit à Yenuse (1) d'un affranchi , l'an 63 avant J.-C. Il fit de sérieuses études , et alla se perfectionner à Athènes. Brutus l'emmena avec ses légions ; mais Horace, dit- on , prit la fuite à la bataille de Philippe , et se consacra depuis tout entier aux lettres. Accueilli d'Auguste et de Mécène , il fut l'ami de Virgile.
Les ouvrages d'Horace sont: 1° des odes que Ton place au premier rang dans ce genre; 2° des satires et des épîtres ; 3° un Art poétique fort estimé.