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ARISTIDE

Histoire Grecque (5e siècle).

Aristide le Juste, célèbre Athénien , eut pour rival Thémistocle. Tous deux , doués de grands talents , rendirent de glorieux services à l'Etat ; mais l'un était plein de candeur et de zèle pour le bien public ; l'autre, dévoré d'ambition, ne pouvait souffrir de rivaux.

Thémistocle , par ses intrigues , fit condamner à l'ostracisme le vertueux Aristide. C'est alors qu'un paysan , ne connaissant pas celui-ci , le pria d'écrire sur sa coquille le nom d'Aristide , et répondit à sa demande sur les torts de l'accusé : — Je suis las de V entendre appeler le Juste,

— Puissent les Athéniens, dit Aristide en quittant la ville , ri avoir jamais à se repentir de leur injustice ! Bientôt après, les dangers de l'Etat le rirent rappeler; il offrit ses services à Thémistocle, et tous deux , oubliant leur inimitié, travaillèrent de concert au salut de la république. Aristide se distingua dans plusieurs batailles , et plusieurs fois fut chargé de l'administration.

11 mourut si pauvre, que l'Etat se vit obligé de subvenir à ses funérailles et de prendre soin de sa famille. Aristide fut un des plus grands hommes de son siècle.

L'ostracisme était une sorte d'exil qui ne flétrissait pas un citoyen ; seulement, lorsque ses talents ou son ambition portaient ombrage , le

peuple s'assemblait pour le condamner à quitter la ville. On écrivait sur une coquille le nom de l'accusé; d'où, est venu le mot ostracisme (coquille).

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