CALIGULA
Histoire Romaine ( le> siècle après J.-C.).
Caïus , surnommé Caligula, parce qu'élevé chez les Germains , il avait adopté leurs bottines appelées caligœ , était fils de Germanicus et d'Agrippine. Il succéda à Tibère l'an 37 de J.-C, et fut d'abord l'idole des Romains. Le commencement de son règne donna de belles espérances ; mais une maladie changea totalement cet empereur : il devient le plus cruel et le
(1) EnDalma'.ie.
plus insensé des hommes ; il répandit le sang pour le seul plaisir de le répandre ; les exécutions commencèrent par les citoyens accusés de s'être réjouis pendant sa maladie ; de ce nombre était Potitius. Macron , qui , pour lui livrer plus promptement la couronne , avait étouffé Tibère , fut contraint de se donner la mort. Le tyran voulut se faire adorer comme un dieu , et joua successivement les personnages de Jupiter , de Bacchus , de Junon , d'Hercule , etc. ; enfin, par un délire sans exemple , il rendit à son cheval Incitatus des honneurs presque divins, le créa pontife , et voulait l'élever au consulat.
Sa mort délivra les Romains d'un monstre : Chéréa , tribun d'une cohorte , l'assassina pendant les spectacles , l'an 41 de J.-C. Il souhaitait quelquefois que le peuple romain n'eût qu'une seule tête , pour la trancher d'un seul coup. Il avait formé le projet d'affamer la ville, pour faire mourir un plus grand nombre de citoyens.
Tel était le malheur de ces temps , que les hommes les plus innocents pouvaient s'attendre à tout moment à recevoir leur sentence de mort ; aussi les écrits philosophiques du siècle respirent une sorte de stoïcisme , une indifférence de la vie qu'on ne retrouve qu'aux époques de terreur : le sang-froid de Junius est une preuve évidente de cette disposition des esprits.