ORPHÉE
Littérature et Mythologie Grecque.
Orphée, fils d'OEagre , roi de Thrace (1) , et de la muse Calliope ; l'éclat de son talent le fit regarder comme fils d'Apollon. Il inventa la cytbare , ajouta deux nouvelles cordes à la lyre , inventa les vers hexamètres , et fut à la fois grand théologien , grand musicien et grand poëte. Voici ce que la fable en raconte : Orphée aimait la jeune Eurydice ; le jour même qu'il l'épousa, cette nymphe, fuyant la poursuite d'Aristée , fut piquée d'un serpent et mourut. Orphée , au désespoir , descendit aux enfers , et les accents de sa douleur, joints aux sons touchants qu'il tirait de sa lyre , attendrirent la divinité infernale. Pluton permit qu'Eurydice fût rendue à la vie, à condition qu'Orphée ne la regarderait pas avant d'être sur la terre. Il avait presque franchi le seuil des enfers , lorsque, cédant à son impatience , il se détourna pour voir si sa femme le suivait. Il L'aperçut un instant , mais ce fut la dernière fois, et son imprudence fit rentrer Eurydice dans la mort éternelle. Le poëte , désespéré, se retira dans les lieux les plus sauvages, chantant sa douleur . et fuyant les femmes , qui lui étaient devenues odieuses. Les bac- Ci) Aujourd'hui Roumélie, à l'csl de la Macédoine.
chantes le mirent en pièces , dispersèrent ses membres dans le fleuve Hébrus (1) , et sa tête s'arrêta , dit-on , à l'île de Lesbos (2) , répétant toujours Eurydice, Eurydice.
Voilà le sens que cache cette allégorie. Le voyage d'Orphée dans la Thesprotie (3) donna lieu à la fable de la descente aux enfers. On croit qu'ayant eu le malheur de perdre sa femme qu'il aimait beaucoup, il y alla consulter l'oracle d'Aornos. L'illusion lui fit croire un instant qu'il avait retrouvé son Eurydice ; mais s'étant retourné vainement pour la revoir , le désespoir s'empara alors de son cœur , et la mort le rejoignit bientôt à son épouse. Quant à son genre de mort, on le raconte différemment ; quoiqu'il en soit , on voyait son tombeau auprès de la ville de Dion en Macédoine. Il consistait en une simple colonne qui portait une urne de marbre. Il ne reste aucun des ouvrages d'Orphée.