MARIE STUART. — RIZZIO
Histoire d'Ecosse et d'Angleterre ( 16e siècle ).
Marie Stuart était fille de Jacques V, roi d'Ecosse, et de Marie de Guise , fille aînée de Claude , premier duc de Guise , et d'Antoinette de Bourbon. Elle était alliée non-seulement à
(l)Nord de la Grèce. (2) Grèce propre, PhociJe. (3) Ile delà mer Egée. (4) Ile de la mer Ege'e. (5) Ile près de Troie. (6) "Ville delà Phocide. (7) Yille.de la Lycie , en Asie Mineure,
ne la maison régnante des Valois , par les Bourbons , mais même à celle de Médicis , par l'ancienne maison de La Tour.
Marie avait à peine huit jours lorsqu'elle fut reine d'Ecosse par la mort de son père Jacques V. Ce prince, en guerre avec Henri VIII , était mort du chagrin que ses revers lui avaient causé.
Marie Stuart fut envoyée en France à l'âge de six ans, et y fut élevée pour être l'épouse du dauphin , depuis François II.
Après la mort de ce prince , elle fut renvoyée en Ecosse; elle y épousa son cousin Henri Darnley-Stuart , lequel fut assassiné quelques années après par le comte Bothwell. Marie fut accusée d'avoir trempé dans cet assassinat, et ce qui acheva de prévenir les esprits contre elle , ce fut son imprudent mariage avec ce même Bothwell. Ses sujets la forcèrent d'abdiquer en faveur de son jeune fils , Jacques VI, sous la régence du comte de Murray , frère naturel de la reine. Cette princesse fut détenue quelque temps au château de Lochleven (1) ; mais elle parvint à s'en échapper, vint livrer une dernière bataille, qui fut perdue pour son parti. C'est alors qu'elle se décida à réclamer l'appui d'Elisabeth , ou du moins un asile dans son royaume.
(1) Ecosse, près du Forth.
Cet asile fut une prison où Marie demeura dix-huit ans , sous le prétexte d'avoir à se justifier du meurtre de son mari. La vérité est qu'Elisabeth voyait en sa cousine une rivale. Marie avait des droits à la couronne d'Angleterre ; il fallait , pour les contester , regarder comme légitime le divorce de Henri VIII avec Catherine d'Aragon , et le mariage de ce prince avec Anne de Boleyn , mère d'Elisabeth. Elisabeth sentait si bien la valeur de ces droits , qu'elle les reconnut elle-même à sa mort en déclarant pour son successeur Jacques VI , fils de Marie. Les droits des Stuarts venaient du mariage de Jacques IV avec Marguerite Tudor, fille de Henri VII.
Pendant la captivité de Marie , que ses talents , ses malheurs et ses charmes rendaient d'autant plus intéressante , on forma plusieurs complots qui menaçaient le trône et même la vie d'Elisabeth. Cette reine se décida enfin à faire périr sa rivale ; un jugement illégal et précipité la condamna à Féchafaud : elle y monta en 1587, avec un courage héroïque. Elle était née en 1547. On a porté divers jugements sur Marie Stuart. Sa conduite, plus légère que coupable peut-être, laissa des doutes sur le tragique événement d'Holyrood.
Rizzio ( David ) , né à Turin (1) , était secré-
(1) Piémont.
taire de la reine ; il joignait au talent d'habile musicien celui d'habile négociateur. La reine lui accordait assez de confiance. Henri Darnley en conçut de la jalousie , et médita le projet d'assassiner Bizzio. Il fit exécuter ce dessein en présence même de Marie (1566). Elle vengea cette mort sur quelques-uns des assassins.