Mém. de l’Acad, des sciences de Paris, année 174G
bres et la poitrine. Ce qui intéressait le plus particulièrement les expérimentateurs, c’était, indépendamment des sensations éprouvées, la violence et le bruit du choc, comparé à l’explosion d’une arme à feu, la grosseur des étincelles et la longueur des distances parcourues par l’électricité.
Dans le but d’augmenter ces effets, on rivalisa de zèle pour modifier l’instrument, et l’amener peu à peu au degré de perfection où il se trouve aujourd’hui K L’intérieur de la bouteille de Leyde est maintenant rempli, pour éviter l’humidité, avec des feuilles minces de cuivre ou d'or ; à l’extérieur est collée une lame d’étain, et les points du verre qui ne sont point armés, c’est-à-dire couverts de la lame métallique, sont vernis à la cire d’Espagne ou à la gomme laque. On conduit l’électricité dans l’intérieur par un gros fil de laiton recourbé, à l’aide duquel on peut accrocher la bouteille à la machine électrique pour la charger. On établit la communication avec le sol par une chaîne métallique que l’on fixe au moyen d’un crochet extérieurement au fond de la bouteille. Ces bouteilles peuvent être des bocaux de dimensions plus ou moins considérables, qui, groupés par U, 9, 16... dans une caisse carrée, forment les batteries électriques.
Carreau électrique. - En 1747, le docteur Bevis trouva, au rapport de Watson2, qu’un « plateau de verre recouvert d’une mirrce lame métallique (feuille d’étain) d’un pied carré était un aussi bon condensateur qu’une bouteille de Leyde d’une demi-pinte, remplie d’eau. » Il conclut de ses expériences « que la force électrique dépend de la grandeur de la surface recouverte ou armée, et non de la masse de la matière qui recouvre le plateau (carreau). »
Franklin et Æpinus firent de nouvelles et nombreuses expériences avec ies carreaux électriques. Mais ils ne purent s’entendre sur la manière dont s'effectue la charge. Franklin croyait qu elle se faisait par le verre et non par les armatures (enveloppes métalliques).
1. Les premières expériences avec la bouteille de Leyde, successivement perfectionnée, ont été faites et décrites par : Winckler, On the effects of electicity upon hitnself and his wtfej dans les Philos. Transact., n° *80 ; Gallabert, Expériences sur l’électricité, Genève, 1748, in- 8° ; — Watson, dans Philos. Transact. , années 1748 et 1749 ;— Nollet, Expériences [ailes en 1752, en présence de MM. Bouguer, de Montigny, de Courtivron, d'Alembert et Le Roi, commissaires nommés par V Acad mie, à la fin des Lettres sur l'électricité, p. 281 (Paris, 1753, in-12).