Philosopk. Transactions, n° 48i
MOUVEMENT
Æpinus, au contraire, était d’opinion qu’elle s’opérait par les armatures et non par la substance idio-électrique (verre, poix, cire, soufre) qui composait la masse du carreau) A l’appui de son explication, il isola deux grands plateaux métalliques par une mince couche d’air interposé (faisant fonction de substance idio-électrique). Il électrisa le plateau supérieur en même temps qu’il faisait communiquer le plateau infétieur avec le sol (réservoir commun), et après l’électrisation il chassait, au moyen d’un soufflet, l’air interposé, et le remplaçait par de l’air nouveau; les plateaux, conservés dans leur position, produisirent la commotion électrique comme si la couche d’air n’eût pas été remplacée.
Théories. — D’où vient ^électricité ? Cette grave question fut alors soulevée par des physiciens considérables, notamment par W'alson, Nollet et Bevis. Ce dernier avait mis en avant que les tubes et globes de verre ne font que conduire, mais non produire l’électricité. Un phénomène qui frappa surtout Watson, c’était que la personne qui produisait l'électricité par le frottement du verre, était capable d’é mettre des étincelles aussi bien que la personne qui touchait au fil conducteur isolé. C’est ce qui lui faisait dire « que l’électricité de l’une des personnes était moins dense qu’à l’état naturel, tandis que l’électricité de l’autre était plus dense, de telle sorte que l’électricité entre ces deux personnes devait être beaucoup plus différente qu'entre l’une d’elles et une autre personne debout sur le sol. » Ce fut ainsi que Watson trouva ce que Franklin observa, vers la même époque, en Amérique, et ce qu’on a désigné par plus ou -f-, et moins ou —, d’électricité.
Gallaberl (né à Genève en 1 712, mort dans sa ville natale en 1768) attribua, l’un des premiers, l’électricité à un fluide particulier, à une espèce d’éther, ayant quelque analogie avec le feu. D’après sa théorie, « la densité du fluide électrique, n’est pas la même dans tous les corps : plus rare dans les corps denses, il est plus dense dans les corps rares ; les corps frottés ont un mouvement moléculaire qui attire et chasse le fluide électrique. Ce fluide, apportant de la résistance à sa condensation, devient plus dense et pour ainsi dire plus élastique à mesure qu’il s’éloigne, par ondulations, du corps frotté, et il se forme, autour de ce corps, une atmosphère électrique plus ou moins étendue, dont les couches les plus denses sont vers la circonférence, et diminuent graduellement de densité jusqu’au corps électrisé. Par suite des mouvements moléculaires, l’atmosphère électrique éprouve des condensations et
des raréfactions, à l’aide desquelles les corps, placés dans sa sphère d’activité, sont attirés et repoussés. »
Cette théorie du célèbre physicien génevois fut adoptée par un grand nombre desavants. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’elle tend à assimiler l’électricité au mouvement, en la rapportant aux mouvement moléculaire de la matière.
Wilson soutenait, d’accord avec Watson, que le fluide électrique provient, non pas du globe ou du tube électrisé, mais de tous les ustensiles qui l’entourent et de la terre elle-même. Il indiqua en même temps une méthode pour démontrer cette théorie. Mais ses expériences ne furent pas aussi concluantes qu’il l’avait espéré.
Nollet essaya de se rendre compte de la différence qui semblait exister entre l’électricité excitée directement et l’électricité communiquée par influence, ainsi qu’entre l’électricité du verre et celle du soufre. Il observa que l’électricité excitée par frottement produit sur la peau une sensation particulière, semblable à celle d’une toile d’araignée, tandis que l’électricité communiquée produisait rarement le même effet. Il prétendait aussi que l’électricité excitée se faisait sentir, à plus d’un pied de distance, par son odeur, et que l’électricité communiquée n’olFrait rien de semblable. Tous les corps organisés sont, suivant Nollet, des amas de tuyaux capillaires, remplis d’un certain liquide, qui tendrait souvent à exlravaser ; la circulation de la sève et la transpiration insensible, qui ont ces tuyaux pour organes, seraient dues à une action électrique.
Mais, au lieu de suivre les physiciens d’alors dans leurs hypothèses, nous allons faire connaître quelques expériences à l’aide desquelles ils se faisaient volontiers passer pour des magiciens.
Tableaux et Illuminations électriques. — Ces effets s’obtiennent en collant, sur du verre, des feuilles d’étain ayant des solutions de continuité dont l’arrangement produit une figure donnée. Faisant ensuite passer une décharge électrique à travers ces feuilles métalliques, on aperçoit une étincelle lumineuse dans chaque solution de continuité ; et comme toutes ces étincelles se manifestent simultanément, il en résulte un dessin lumineux. L’abbé Bertholon a fait connaître comment on peut ainsi représenter des portraits, des animaux, des coquilles, des plantes, des minéraux, des machines, des figures d’astronomie, le soleil , les planètes avec leurs satellites, les étoiles, enfin tout ce que l’imagination peut concevoir ‘.