Harlsoeker, Principes de physique ; Paris, 1096, in
2. La Moni.e, la Cause physique de la déclinaison et variation de l'aiguille aimantée, dans le Journal des savants, t. XXIV, p. 572 et suiv.
MOUVEMENT
la force de répulsion des pôles opposés fut mise en équilibre par les forces combinées de la torsion et du magnétisme terrestre. En combinant les résultats de ces expériences avec deux faits généraux, d’après lesquels, d’une part, les angles de torsion des fils sont proportionnels aux forces employées à les tordre, et, de l’autre, la force qui tend à ramener l’aiguille aimantée dans la direction du méridien magnétique, est proportionnelle aux angles d’écartement. Coulomb parvint à établir que l’action du dynamisme magnétique est en raison directe de l'intensité et en raison inverse du carré des distances *. C’est, comme on voit, la loi delà gravitation universelle, que Coulomb avait déjà montrée identique avec la loi de l’action électrique.
Électro-magnétisme. — Après s’être d’abord attachés à différencier le magnétisme de l’électricité , les physiciens s’efforcèrent, par un revirement soudain, à identifier ces deux actions. L’aimant passait pour une « pyrite ferrugineuse saturée de fluide électrique, » opinion que Marat combattit dans ses Recherches sur l'électricité (Paris, 1782). Le P. Coite (né à Laon en 1760, mort à Montmorency en 1815), curé de Montmorency, qui accompagnait Rousseau dans ses herborisations, et découvrit en 1766 la source sulfureuse minérale d’Enghien, s’exprima ainsi sur la question alors vivement controversée : « Les différents traits d’analogie entre les matières électrique et magnétique me font soupçonner que ces deux matières n’en font qu’une, diversement modifiée et susceptible de différents effets dont on commence à apercevoir l’unité de cause et de principe. Ce n’est ici qu’une conjeclure, que l’expérience et l’observation convertiront peut-être un jour en certitude 2. » Cigna, Lacépède et d’autres abondaient dans le même sens, en partant de points de vue differents. Van Swinden s’efforça, au contraire, de montrer le manque complet d’analogie entre le fluide magnétique et le fluide électrique.
Depuis la découverte de l’électricité dynamique, la question était entrée dans une phase nouvelle. La pile, en fixant à ses deux bouts les deux électricités opposées, figurait en quelque sorte les pôles d’un aimant. J. W. Rilter porta l’analogie jjusqu’à l’identité, en établissant que la pile est un véritable aimant, que sa polarité est une polarité magnétique, et que les fluides contraires du magné-