Rapport sur l'électricité, etc., p
2. M. Dumas, dans l'Eloge historique de Faraday, p. 27 et 28 (Paris, 868, in-4°).
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lalions. Faraday expliqua ces effets en montrant par sa double découverte de Y induction et du diamagnétisme que tous les corps de * la nature sont impressionnés par les effluves magnétiques.
Avant la découverte du magnétisme de rotation, Arago avait déjà trouvé : 1° que le fil rhéophore qui unit les deux pôles de la pile a la propriété d’attirer la limaille de fer; 2° qu'une aiguille peut s’aimanter au moyen du passage du courant électrique en hélice;
3" que les aurores polaires influencent la marche des variations horaires de l'aiguille de déclinaison dans les localités où ces météores sont invisibles; lx° que le jet de lumière qui, dans un courant électrique formé, réunit les deux bouts du charbon conducteur, est dévié par l’approche d’un aimant : analogie de cette expérience avec les phénomènes de l’aurore boréale.
Les expériences qu’Ampère et Arago firent sur l’aimantation du fer doux, ont donné lieu à une foule d’appareils nouveaux, tels que les télégraphes imprimeurs, les moteurs électro-magnétiques, les régulateurs, les interrupteurs, les horloges électriques. Wheatstone, Foucault, Froment, Breguet, Wilde, Serriu, etc., se sont distingués dans la construction de ces appareils.
Enfin les travaux de Faraday 1 ont singulièrement élargi le domaine de la science. En combinant les découvertes d’Ampère et d’Arago, Faraday conçut l’idée que l’aimant devait, au moyen du mouvement, faire naître, dans la plaque tournante ou dans un fil métallique, une électricité que l’on pourrait faire agir comme toute autre électricité, et qu'il devait être possible avec des barreaux d’acier aimanté de remplacer l’action de la pile de Volta. Cette idée le conduisit à la découverte d’une troisième espèce d’électricité, Yélectricité d'induction, dans laquelle se trouvent réunies les qualités des électricités statique et dynamique; comme l’électricité de tension, elle lance de longues et foudroyantes étincelles, et, comme l’électricité de mouvement, elle pénètre dans l’intérieur des corps pour les échauffer, les fondre, les décomposer. Un courant direct, qui commence, développe dans le fil influencé un courant de sens inverse; un courant direct, qui finit, y développe un courant secondaire ou induit de même sens; quand le premier avance,
1. Michel Faraday (né en 1791 près de Londres, mort en 1867), débuta dans ta carrière scientifique par être préparateur du célèbre chimiste H. Davy, s’acquit une grande autorité auprès de tous les savants contemporains, et fut vers la fin de sa vie comblé d’honneurs, en récompense de ses travaux et de ses découvertes.
le second recule; quand le premier recule, le second avance. Les • mouvements électriques se produisent quand on approche ou qu’on éloigne le pôle d’un aimant d’un fil de cuivre : ils se réfléchissent en quelque sorte dans la matière voisine comme dans une glace; ce qui est à droite dans l’original se trouve porté à gauche dans son image. Faraday est parvenu ô rendre extrêmement rapide celte rupture et celte restitution de courants, à ramener dans le même sens des actions qui se produisent en sens opposés; enfin il a montré le moyen de renfermer le courant secondaire ou induit en contournant les deux fils en spirales qui s’enveloppent et en plaçant, dans la spirale intérieure, un cylindre de fer doux ou un faisceau de fils de fer.
Ces phénomènes d’induction offraient la curieuse particularité de forces qui n’ont qu’une durée instantanée, contrairement à tout ce que l’on connaissait dans les autres forces physiques. Ampère avait fait des aimants avec l’électricité, Faraday fit de l’électricité avec des aimants. Considérant la terre comme un aimant, il s’en servit pour exciter des courants d’induction électriques dans des fils de cuivre disposés de manière à les mettre en évidence. Les aimants, e globe terrestre, devinrent ainsi entre ses mains des sources d’électricité.
La découverte de Faraday donna naissance aux puissantes machines d’induction de Clarke, de Pixii, de RuhmkoriT, dont les étincelles sont capables de percer des masses de verre de 10 centimètres d’épaisseur, et à ces appareils formidables dont la puissance a ouvert, en 1862, à l’armée anglo-française la route de Pékin en faisant sauter les estacades du Peïlio. C’est l’électricité d’induction qui sert à enflammer ces mines qui brisent des montagnes, ces torpilles sous-marines qui foudroient des navires de guerre. C’est elle qui dans l air raréfié ou dans des vapeurs de faible tension produit ces lueurs colorées qui imitent l’aurore, boréale. Sous le nom de faradisation , elle est devenue précieuse dans l’art de guérir par cette gradation qui permet de passer instantanément des attouchements électriques les plus délicats aux secousses les plus énergiques. Faraday a créé l’art de convertir la force mécanique en électricité, puisque la seule dépense d’une machine magnéto-électrique consiste en houille, destinée à produire la vapeur dont la force d’expansion rapproche ou éloigne les spirales de cuivre des pôles des aimants.
Diverses lectures, faites par Faraday au sein de la Société royale
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de Londres, eurent pour objet de montrer que la chaleur, la lumière, l’électricité, le magnétisme et les actions chimiques sont les effets d’une même cause agissant diversement. On savait depuis longtemps que les combinaisons chimiques sont souvent accompagnées de chaleur et de lumière. Mais il appartenait à Faraday d’élever au rang d’un principe ce fait capital, que toute combustion ou toute action chimique développe de l’électricité.
Mesurer, c’est comparer. Faraday avait choisi pour étalon, dans son voltamètre, la quantité d’électricité capable de décomposer 9 kilogrammes d’eau, en mettant en liberté 1 kilogr. d’hydrogène, qui peut séparer de leurs oxydes respectifs 32 kilogr. de cuivre, 59 kilogr. d’étain, 104 kilogr. de plomb, 108 kilogr. d'argent, etc. Ce rapport, découvg-t par Faraday, développé par M. Edmond Becquerel et par M. Malteucci, montra que pour des composés de même ordre, comme les oxydes métalliques, une molécule, quel que soit son poids, exige la même quantité d’électricité pour sa formation : 1 kilogr. d’hydrogène consomme la même quantité d’électricité que 108 kilog. d’argent, pour former avec l’oxygène l’eau et l’oxyde d’argent. La réciproque est vraie pour la décomposition.
En cherchant la cause unique de tant d’effets divers, Faraday fut conduit à découvrir une singulière action du magnétisme sur la lumière. Il annonça cette découverte dans une lettre adressée à M. Dumas, en date du 17 janvier 1845. « Si l’on fait, y dit-il, passer un rayon lumineux polarisé à travers une substance transparente, et que celle-ci soit placée dans le champ magnétique, la ligne de force magnétique étant disposée parallèlement au rayon lumineux, celui-ci éprouvera une rotation. Si l’on renverse le sens du courant magnétique, le sens de la rotation du rayon lumineux sera également renversé *. »
Les physiciens essayèrent vainement d’en donner l’explication. « Pour concevoir cette singulière action, on peut, dit M. Babinet, admettre que relativement à son plan de polarisation un rayon de lumière est analogue à une flèche armée d’un fer aplati qui, dans le mouvement de la flèche, peut être situé soit de haut en bas, soit de droite à gauche; on peut encore imaginer que dans le mouvement de la flèche sa pointe plate change de situation, et qu'au lieu d’être verticale elle devient horizontale. Or, c’est précisément ce qui arrive au plan qu’on peut reconnaître dans les rayons polarisés.