Hérodote, II, 86 et
tumomne adimendum, disaient les Romains, comme nous dirions aujourd’hui : Evitez le contact de Voxyg'ene. C’est pourquoi le miel, la cire et la résine passaient pour les meilleurs préservatifs de la fermentation. Pour conserver les grenades et d’autres fruits très-altérables, ils les recouvraient d’une couche de résine ou de cire. Us conservaient les raisins dans des vases d’argile exactement fermés et enfouis dans du sable à plusieurs pieds de profondeur. Quelquefois ils faisaient bouillir les substances fermentescibles dans l'eau, avant de les enfermer dans des vases. Ce dernier procédé rappelle une méthode (la méthode d’ Appert), qu’on avait cru d’invention récente.
Teinture. Couleurs. — Les peuples primitifs, comme les sauvages, aiment les couleurs les plus vives, particulièrement le ronge et ,1’écarlate. Dans le Pentateuque il est souvent parlé d’étoiles teintes, en rouge, en pourpre et en écarlate. Les héros d’Homère portaient des ornements en pourpre. Les habitants de Tyr et de Sidon s’étaient acquis une grande réputation dans l’art de teindre; leurs étoffes en pourpre étaient fort estimées.
On a beaucoup discuté pour savoir d’où les Phéniciens tiraient leur pourpre. Une chose certaine, c’est qu’il existe plusieurs mollusques de mer, tels que les murex brandaris, purpura lapillus, janthina prolongata, qui donnent un liquide pourpre. La dernière espèce paraît avoir été le plus ordinairement employée dans les teintureries anciennes. Elle vit dans la Méditerranée, et se trouve quelquefois jetée sur les côtes de Narbonne, de manière à joncher les grèves. Or, on voyait à Narbonne, du temps des Romains, des ateliers de teinture en pourpre, de création phénicienne ou carthaginoise. Il y avait des pêcheries de pourpre, non-seulement sur les bords de la Méditerranée, mais encore dans plusieurs endroits de la côte Atlantique de l’Europe et de l’Afrique *.
La pourpre, tirée du règne animal, s’appelait maritime, â.Xtnipf\jpoi 2, pour la distinguer de la pourpre végétale. Celle-ci se préparait avec la garance ( erythrodanum de Dioscoride) et avec une autre plante, que Vitruve etPline nomment hysginum, et qui parait être le bleu de pastel ( isatis tinctoria). C’est ainsi qu’avec le bleu et le rouge on obtenait le violet pourpre, si estimé des anciens.
Pour fixer les couleurs d’une manière durable sur les étoffes.
1. Voy. notre Phénicie, dans l’Ontoer* pittoresque, p. 96 (Paris, 1852).