Iliade, VI, 29; Odyssée, XV
il fallait connaître l’usage des mwdanis. Les Egyptiens paraissent avoir été de bonne heure initiés à cette connaissance. Voici les renseignements que Pline nous a donnés à cet égard. « En Egypte, on teint, dit-il, les vêtements par un procédé fort singulier. D’abord on les nettoie, puis on les enduit, non pas de couleurs, mais de plusieurs substances propres à fixer la couleur. Ces substances n’apparaissent pas d’abord sur les étoffes; mais, en plongeant celles-ci dans la chaudière de teinture, on les relire, un instant après, entièrement teintes. Et ce qu’il y a de plus admirable, c’est que, bien que la chaudière ne contienne qu’une seule matière colorante, l’étoffe qu’on y avait trempée se trouve tout à coup teinle de couleurs différentes, suivant la qualité des substances fixatives (mordants) employées. Et ces couleurs, rion-seulement ne peuvent plus être enlevées par lavage, mais les tissus ainsi teints sont devenus plus solides1. *
Voilà comment les teinturiers égyptiens faisaient de la chimie, sans s’en douter. Ils connaissaient, par la pratique, l’action que les alcalis, les acides et certains sels métalliques peuvent exercer sur les matières colorantes. Lorsqu’une première immersion de l’étoffe dans le bain tinctorial ne suffisait pas pour fixer la couleur, ils l’y plongeaient une seconde fois. C’est ce qui avait lieu particulièrement pour l’écarlate. Les étoffes ainsi préparées s’appelaient dibaphes „ c'est-à-dire deux fois trempées. Il en est souvent parié dans la Bible, ainsi que chez les auteurs grecs et latins.
Les couleurs employées dans la peinture a fresque étaient appliquées humides à la surface d’un stuc formé de marbre pulvérisé et lié par de la chaux. Les stucs des bains de Titus et de Livie, ainsi que de la Noce Aldobrandine, sont d’un très-beau blanc, presque aussi durs que le marbre, et on y distingue facilement la pierre calcaire pulvérisée à différents degrés de finesse. Les couleurs y étaient fixées par une sorte d’encaustique.
Théophraste, Dioscoride, Vitruve, Pline, parlent d’un grand nombre de matières colorantes. Mais comment s’assurer de leur identité avec les couleurs qu’on trouve sur les monuments anciens, dans les peintures et les ornements des bains de Titus, dans les ruines appelées les bains de Livie, dans les débris des autres palais de l’ancienne Rome, et dans les ruines de Pompéi ?
Ce qu’aucun chimiste n’avait encore tenté, II. Davy le fit, au com-