Dioscoride, de Venenis, c
HISTOIRE DE LA l'HYSIQl'E.
eaux qui bouillent plus vite sont plus pures que celles qui bouillent lentement l. On sait , en effet, que la présence du sel marin et d’autres matières solubles peut retarder l’ébullition de l’eau de 2 à 3 degrés du thermomètre centigrade.
Les eaux troubles étaient clarifiées au moyen de filtres (cola), et bouillies avec du blanc d’œuf. La clarification des liquides troubles par le blanc d'œuf est une pratique assez ancienne. Les matières qui troublent l’eau sont en général non volatiles. Aussi reconnaissait-on, au rapport de Vitruve, la pureté des eaux à ce que les légumes y cuisent bien et que, après avoir été réduites en v«peur, elles ne laissent aucun dépôt au fond du vase 2. Ce dépôt salin dont on connaissait depuis longtemps l’origine, tout en en ignorant la composition, fut plus tard regardé comme le résultat de la transmutation de l’eau en terre. C’est ainsi que 1 erreur vient souvent obscurcir les faits les plus simples.
Les anciens avaient des idées très-saines sur l’origine des eaux minérales. « Chauffées dans le sein de la terre, et pour ainsi dire cuites dans les minéraux à travers lesquels elles passent, ces eaux, dit Vitruve, acquièrent une nouvelle force et un tout autre usage que l’eau commune. » C’est pourquoi ils divisèrent les eaux minérales en sulfureuses, alumineuses, salines, bitumineuses et salées, suivant les terrains où elles avaient passé. « Il existe au sein de la terre, dit Sénèque, des roules dout les unes sont parcourues par l’eau, et les autres par des soufles ( spiritus ). La terre présente l’image du corps de l’homme : de même que le cerveau est logé dans le crâne, la moelle dans les os, qu'il y a de la salive, des larmes, du sang, de même il y a aussi dans la terre des humeurs diverses, dont les unes durcissent et les autres restent liquides »
Celle idée, reprise par les alchimistes, fut entièrement dénaturée par les théories imaginaires sur la maturation des métaux au sein de la terre sous l’influence des planètes, sur la grossesse de la terre, mettant au monde l’or et l’argent après un grand nombre de lunes, etc.
Air. — Corps aériformes. — L’air contient, suivant IJéraclile, un élément subtile qui alimente le feu et la respiration 4.
1. Fragments de Rufus dans les Œuvres d’Hippocrate cl Galien, édit. Chartier (Paris, 1679, in-fol.), t. VI, p. 495.