Nicandre, Alexipharmac. vers. 433 et sulv
empoisonnaient leurs flèches en les trempant dans du suc d’ellébore ‘.
Les propriétés vénéneuses des baies de l’if ( taxus baccata ) étaient bien connues des anciens. C’est avec ce poison que se fit mourir Cativulcus, roi des Éburons (Belges) *.
Le nom de mandragore, qui joue un si grand rôle dans la pharmacopée des anciens, parait avoir été appliqué à différentes espèces de solanées, particulièrement à la stramoine et à la belladone. On sait que les fruits écrasés de ces plantes vénéneuses, donnés en breuvage, produisent des visions étranges, des hallucinations momentanées. C’était probablement avec une de ces solanées, et non pas avec le colchique ( colchicum autumnale), que Médée, célèbre magicienne de la Colchide, préparait des breuvages empoisonnés.
Les sucs de dorycnium, de psyllium, de pharicum, de carpasus, de thapsia, d'elaterium, d 'herbe sardonique , regardés comme des poisons plus ou moins violents, étaient probablement fournis par diverses espèces d’euphorbiacés, d’apocynées, de cucurbitacées et de renonculacées.
Les anciens connaissaient un assez grand nombre de champignons vénéneux, que Nicandre nomme très -pittoresquement le mauvaic fei'ment de la terre (çû/tw/t a xaxèv yjové;). Le vinaigre, ajouté à une colature de cendres de sarments, passait pour le meilleur antidote des champignons vénéneux.
III. Poisons minéraux. L’arsenic, nom dont Dioscoride s’est le premier servi, était un sulfure d’arsenic comme la sandaraque. « Pris en breuvage, ajoute cet auteur, il cause de violentes douleurs dans les intestins, qui sont vivement corrodés. C’est pourquoi il faut y apporter en remède tout ce qui peut adoucir le corrosif. » A cet effet il recommande le suc de mauves, la décoction de graines de lin, de riz, des émulsions et des juleps émollients5. — Le cinuabre (sul. fure de mercure) passait aussi pour un poison corrosif. La litharge, la ce'ruse et la chaux vive étaient également rangées au nombre des poisons.
Eaux. — Eaux minérales. — La division des eaux en pures et en impures, en limpides et en troubles, est si naturelle qu’elle devait, dès l’origine, venir à l’esprit de tout le monde. Suivant Rufus, les