M. Dumas, Éloge de Faraday, p
MATIÈRE
ricke. Ce physicien en parla d’abord dans une lettre adressée en 1661 au P. Schott, qui la cite dans ses Technica curiosa (Würzb., 1661 ; I,
21); puis il y revint, à diverses reprises, dans ses Expérimenta nova, particulièrement au livre III, chapitre 21. U distingue si bien la détermination barométrique de la détermination manométrique , qu’il appelle la première aeris ponderatio universalis, et la seconde aeris ponderatio particularis. « Puisque l’air, disait-il (en parlant de la pondération particulière de l'air), est naturellement pesant, il s’ensuit que l’air contenu dans le récipient de la machine pneuma- < tique doit, après en avoir diminué l’élasticité, peser moins que l’air libre. » Le raisonnement inverse devait être tout aussi vrai, à savoir, que l’air comprimé dans un vase doit peser plus après qu’avant sa condensation. Mais comment peser l'un ou l’autre air?
Le manomètre de Guericke consistait en une boule de cuivre de trente centimètres environ de diamètre, autant que possible vide d’air ; cette boule, attachée au levier d’une balance sensible, était parfaitement équilibrée par un contre-poids massif. L’espace qu’occupait le volume du contre-poids, était extrêmement petit; le poids de l’air que celui-ci déplaçait, était donc négligeable. Il n’en était pas de même de la boule : occupant un espace beaucoup plus grand, elle perdait de son poids une quantité égale à celle du poids de l’air qu’elle déplaçait; cette perte devait être plus grande dans un air dense que dans un air raréfié. Ce système de balance, mis en équilibre à la pression ordinaire de 28 pouces ou de 760mm, devenait par conséquent sensible dès que l’air qui l’entourait venait à augmenter ou à diminuer de densité. Le petit poids qu’il fallait ajouter, pour rétablir l’équilibre, servait à mesurer le degré de densité de l’air ou du milieu environnant.
Cet instrument, très-imparfait, ne fut jamais d’un grand usage.
R. Boyle, qui passe en Angleterre pour l’avoir inventé, l’a décrit sous le nom de baromètre statique ou de baroscope ’. Fouchi, Varignon, Gerstner, y apportèrent des modifications notables. Le premier donna au sien le nom de dasymètre *. Mais tous ces instruments ne servaient qu’à indiquer les variations survenues dans la densité de l’air ambiant.
Benedict de Saussure fit le premier connaître un manomètre.