Essais sur l’hygrométrie, p
de sa crédulité; il faudra bien des notions préliminaires pour le mettre en état de comprendre que cet air animé par la chaleur est devenu capable de se charger d’une plus grande quantité d’eau ; que l'eau de la rosée n’a pas été anéantie par la chaleur, mais qu’elle a été repompée par l’air, qui contient par conséquent une quantité de vapeurs d’autant plus grande. »
Supposons maintenant que cet homme reconnût la justesse de ces principes; à son tour il embarrasserait singulièrement le physicien, s’il lui disait « qu’il a régné dans la matinée un petit vent de nord, qui peut-être était assez sec par lui-même pour balayer et entraîner toute cette rosée et laisser ainsi un air moins aqueux, moius chargé d’eau que celui du matin. » Gomment le physicien résoudrait-il ce doute? L’inspection simultanée de l’hygromètre et du thermomètre pourrait immédiatement donner une réponse satisfaisante, mais à une condition, c’est que la manière dont l’hygromètre est modifié par la chaleur lui fût d'abord parfaitement connue.
De Saussure revint souvent, et avec juste raison, sur la nécessité d’élucider ce point important. « C’est surtout, dit-il, en montant et en descendant de hautes montagnes que j'ai désiré la solution de ce problème. Je voyais souvent, à mesure que je montais, l’hygromètre aller à l'humide et le thermomètre au froid, et je me demandais sans cesse à moi-même : Cette humidité croissante est-elle uniquement reflet du refroidissement de l’air, ou l’air est-il réellement plus chargé d’eau sur ces hauteurs qu’il ne l’est dans les plaines ? Ou bien ne serait-il pas encore possible que, malgré celte humidité apparente, il contînt moins d’eau que l’air des vallées? U est évident que si l’on savait combien, dans tel ou tel état de l’hygromètre, tel ou tel degré de chaleur doit, indépendamment de toute autre cause, faire aller cet hygromètre au sec, il suffirait de voir si, dans une circonstance donnée, il a fait vers la sécheresse plus ou moins de chemin qu’il ne devait faire par la seule action de la chaleur; le résultat de cet examen indiquerait sur-le-champ si c'est la chaleur seule ou bien un changement réel dans la quantité des vapeurs qui a fait varier l’instrument »
Saussure commença dès lors une série d’expériences pour chercher quel est l’état hygrométrique qui correspond à chaque degré de l'échelle. Ces recherches furent reprises par Dulong, Gay-Lussac et Melloni. Mais ce n’est que depuis les travaux récents de M. l\e-