Essais sur l’hygrométrie, p. 11G et suiv
MATIERE
gnault que l’on connaît exactement toutes les circonstances qui concourent aux variations de l’hygromètre. Cet habile physicien dressa les tables des forces élastiques de la vapeur d’eau entre les températures de 5° et 35* *. Les expériences comparatives qu’il fit avec des hygromètres à cheveux très-différents par leur origine, l’amenèrent à reconnaître l’impossibilité de construire une table de graduation unique, applicable à tous ces instruments, comme l’avaient essayé Dulong, Gay-Lussac et Melloni.
Avant ces physiciens, B. de Saussure croyait lui-même que son hygromètre n’était, en réalité, qu’un hygroscope, qu’il n’en recevait que des indications empiriques, et qu’il manquait de données exactes pour savoir si la graduation de l’instrument peut s’appliquer a toutes les températures. Mais comme les corrections qu’il aurait fallu y apporter exigeaient des expériences longues et délicates, on aima mieux recourir à d’autres méthodes.
Un physicien suisse, Brunner, qui s’était déjà fait connaître par un appareil particulier pour l’analyse de l’air, eut l’idée de déterminer directement, par une véritable analyse chimique, le poids d’eau contenu dans un volume donné d’air. A eet effet il construisit un appareil où l’air est conduit à se dépouiller de toute son eau en traversant des tubes remplis de pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique, d’un poids connu. L’augmentation de poids, après l’expérience, indique la quantité de vapeur absorbée à un volume d’air facile à déterminer. Cette méthode ne présente rien d’incertain. Mais, comme son emploi est fort incommode, elle a été généralement abandonnée.
On crut un moment avoir trouvé dans le psychromètre -, proposé par Leslie, étudié par Gay-Lussac et perfectionné par le docteur August, de Berlin, la certitude de la méthode chimique unie à la commodité de l’hygromètre à cheveu. Mais il y a dans l’usage du psychromètre des incertitudes et des causes d'erreur que M. Régnault fit ressortir par des observations multipliées.
1. Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XV, p. 179.
2. Le psychromètre (de <f>uxpàt, froid, et pirpov, mesure) consiste en deux thermomètres bien concordants et très-sensibles, fixés sur une même planchette. L’un de ces instruments reste sec, tandis que l’autre a son réservoir mouillé par une étoffe de gaze toujours humectée d’eau. La température du dernier s’abaisse et il se couvre de rosée. Par la différence de température et avec des tables dressées d'avance, on trouve la force élastique de la vapeur contenue dans l’air.
Hygromètre condenseur. — Leroy1 2 s’était, l’un des premiers, attaché à montrer que « la parfaite transparence d’un air saturé de vapeurs, tel qu’on le voit après Une pluie, que la disparition des vapeurs aqueuses par la chaleur, que leur apparition subite par le froid, enfin que leur union intime avec l’air malgré la différence de leur densité, sont des indices certains d’une véritable dissolution *. » Pour connaître la température à laquelle l’air abandonne l’eau qu’il contient, ce même physicien mettait, dans un vase de verre très-sec, de l'eau à la température du lieu où il se trouvait ; puis il plaçait dans ce vase un petit thermomètre et il jetait dans l’eau de petits morceaux déglacé jusqu’à ce que la paroi extérieure du vase se couvrît de gouttelettes de rosée. Il observait alors la température à laquelle cette rosée commençait à se déposer, et qui devait indiquer le degré de saturation de l’air. Tel est en principe l’hygromètre condenseur de Daniell (voy. fig. 10). Sur un support
thermomètre très-sensible; l’autre, b, est enveloppée d’une gaze, sur laquelle on verse quelques gouttes d’éther, quand on veut faire une observation : l’éther, en s’évaporant, refroidit la boule ; il s’effectue alors une distillation du liquide de a vers 6, une absorption de chaleur latente , suivie; d’un refroidissement du thermomètre, et de la
1. Charles Leroy (né à Paris en 1726, mort en 1779) fut professeur de. physique médicale à Montpellier. Il était fils de Jean-Baptiste Leroy, mort en 1800, qui s’était particulièrement occupé des phénomènes électriques.