Annales de Chimie, t. XXX, p. 46 et suiv
MOUVEMENT
Ce physicien chimiste crut pouvoir établir que l’air, l’hydrogène, l’oxygène, l’acide carbonique et probablement tous les fluides élastiques, ont, sous le même volume et sous des pressions égales, la même capacité pour le calorique; mais des expériences ultérieures modifièrent cette opinion *,
En partant de considérations purement théoriques , fondées sur cette hypothèse que les quantités de chaleur appartenant aux atomes de tous les fluides élastiques doivent être les mêmes sous la même pression et à la même température, on arriva à des résultats qui s’éloignent sensiblement de ceux obtenus par les autres physiciens.
Pour faire cesser cet état d’incertitude , l’Institut de France proposa , dans sa séance du 7 janvier 1811, pour sujet du prix de physique, de déterminer la chaleur spécifique des différents gaz. Le mémoire de Laroche et E. Bérard, couronné en 1813, contient tout ce qu’on a continué d’enseigner jusqu’en 1830 sur la chaleur spécifique des gaz. Pour fairç leurs expériences, ces physiciens s’étaient attachés à obtenir un courant de gaz à vitesse constante qu’on puisse mesurer, à échauffer le gaz dans un bain et à le refroidir dans un calorimètre; ils crurent pouvoir en déduire que la chaleur spécifique des gaz varie avec leur pression. Mais de nos jours M. Régnault, ayant répété les expériences de Laroche et Bérard , démontra, au contraire, que « la chaleur absorbée par un poids donné de gaz pour s’élever d’un même nombre de degrés, est absolument indépendante de sa pression. »
Il serait trop long de passer en revue tous les travaux qui ont dté publiés, dans ces derniers temps, sur la chaleur spécifique des corps. Nous devons nous borner à signaler les faits généraux suivants, comme acquis à la science. La chaleur spécifique varie pour les solides avec leur état moléculaire; sensiblement constante aux températures éloignées du point de fusion, elle devient croissante quand les solides approchent de ce point; — pour les liquides, elle est sensiblement croissante avec la température dans toute l’étendue de l'échelle thermométrique; — pour les gaz, elle reste constante si, pendant l’augmentation de leur température, ils suivent ia loi de Mariotte ; elle est variable, s’ils s’écartent de cette loi. En général, à l’état liquide les corps ont une capacité caloriüque plus grande qu’à l’état solide et qu’à l’état de gaz.
Dulong (né à Rouen en 4785, mort à Paris en 1838) et Petit (né