Clément d’Alex., Stromat., V
aujourd’hui de 1’almosphère. « L’air, dit-il, fait partie du monde; il est le lien commun entre le ciel et la terre... Il est contigu à la Terre et l’embrasse si étroitement, qu’il vient aussitôt occuper l’espace qu’elle abandonne. Tout ce que la Terre dégage, l’air le reçoit dans son sein, si bien que l’air doit être regardé comme faisant corps avec le grand Tout *. »
Les physiciens du moyen âge ont ajouté peu de chose aux données générales fournies par les écrivains de l’antiquité grecque et romaine relativement à la conception de l’atmosphère terrestre.
Essayons maintenant de tracer le tableau des particularités les plus essentielles ou les mieux connues de cet océan gazeux dont les animaux à respiration aérienne, y compris l’homme, occupent le fond solide, raboteux.
Pesanteur de l’air. — Les anciens savaient-ils que l’air est pesant? Plusieurs passages de leurs écrits nous autorisent à le croire. Ainsi, Aristote dit positivement que tout a de la pesanteur, que l’air lui-même pèse, et il n’excepte de cette loi que le feu 2. A l’appui de son affirmation, il gonfla d'air une vessie et constata que la vessie, ainsi gonflée, pèse plus qu’une vessie vide 3.
Déjà avant Aristote, Empédocle avait attribué la cause de la respiration « à la pesanteur de l’air, qui se précipite dans l’intérieur des poumons » *. Asclépiade, cité par Plutarque , avait la même opinion. « L’air, dit-il, est porté avec force dans la poitrine par "sa
pesanteur s. » •
Ces données, comme beaucoup d’autres, passèrent inaperçues. Il faut arriver jusqu’au xvne siècle de notre ère pour apprendre la cause qui fait monter l’eau dans un corps de pompe. On connaissait cependant depuis des siècles les pompes aspirantes, puisque leur invention remonte à 180 ans avant J.-C. Mais les disciples d’Aristote avaient érigé en axiome que la nature a horreur du vide , et tant qu’on ne songeait pas à substituer à l’autorité d’une école celle de l’expérience, on devait continuer d’enseigner 1 horror vacui, une vaine parole, comme la cause ascensionnelle de l’eau dans les pompes ordinaires, dont la hauteur ne paraissait jamais avoir dépassé 32 pieds.