Vitruve, I, 6 : impetus ftrvoris exprimit vim spirantis
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produisent un vent proportionnel à la violence du feu ( effldunt. ad ignem vehementem flatum ).» — Les physiciens postérieurs à Vitruve varièrent la forme de l’éolipyle ; souvent ils lui donnaient la forme d’une poire. On attribua d'abord le souffle de l’éolipyle à l’air qu’on y supposait enfermé. Descartes expliquait encore par là la cause des vents. Ce ne fut que plus tard que l’opinion d’après laquelle le souffle des éolipyles était produit par la vapeur d’eau, commença à se faire jour.
Une idole des anciens Germains, le Bùsterich, était un dieu en métal. Sa tète creuse était une amphore pleine d'eau; des tampons de bois fermaient la bouche et un orifice situé au vertex. Des charbons ardents, adroitement masqués, chauffaient l’eau. Bientôt la vapeur produite faisait sauter les tampons avec fracas; elle s’échappait avec violence en deux jets, et formait d’épais nuages entre le dieu tonnant et ses adorateurs terrifiés.
Au dixième siècle, Gerbert, qui devint pape sous le nom de Sylvestre II, employa, dit-on, la vapeur d’eau pour faire résonner des tuyaux d’orgue.
En 1605, Florence Rivault, gentilhomme de la chambre de Henri IV, et précepteur du Dauphin (Louis XIII), découvrit qu’une bombe contenant de l’eau finit par sauter en éclats quand on la place sur le feu après l’avoir bouchée, c’est-à-dire quand on empêche la vapeur d’eau de se répandre dans l’air à mesure qu’elle se produit.
Salomon de Caus, qui porte la qualification d’ingénieur et architecte du roi (Louis XIII), au frontispice d’un ouvrage intitulé Us Raisons des forces mouvantes (Francfort, 1615, in-fol. ; 2* édiL ^Paris, 1624), érigea le premier en théorème l’expansion et la condensation de la vapeur. En voici l’énoncé textuel (dans le l*r livre des forces mouvantes) ; « Les parties des éléments (le feu et l’eau) se mêlent ensemble, puis chacun retourne en son lieu ; la vapeur venant à monter avec la chaleur jusqu’à la moyenne région, ils se quittent Pnn l’autre, puis chacun retourne en son lieu. » Développant cette idée, l’auteur arrive à proposer un moyen pour faire monter Peau h Paide du feu. Ce moyen consistait en un ballon métallique B, qu'on
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Fig. 16.
remplissait d’eau avec l’entonnoir a, muni d’un robinet ; en chauffant ce ballon, la vapeur qui se formait pressait l’eau de manière à la faire sortir par le tube d ( la figure 16 ci-dessus représente une section verticale de cet appareil).
Salomon de Caus, qui mourut vers 1635, ne fut pas, comme on l’a dit, enfermé à Bicêtre comme fou. Ce conte d’un journaliste a même été reproduit en peinture.
Quelque temps après la publication de l’ouvrage de Salomon deCau6, un architecte italien, Branca, parla dans un livre intitulé : Machine diverse (Rome, 1620, in-fol., p. xxv), d’un mouvement de rotation qu’on devait engendrer en dirigeant la vapeur d’un éolipyle sur les ailes d’une roue.
En Angleterre, on a voulu faire remonter au marquis de Worcesler, de la maison des Sommerset, la découverte de la force motrice de la vapeur. Ce marquis, pendant qu’il était enfermé à la Tour de Londres par suite d’une conspiration des dernières années des Sluarts, vit un jour, raconte-t-on, le couvercle de la marmite où il faisait cuire son repas se soulever brusquement et se projeter au loin. Ce fait lui aurait suggéré la pensée d’utiliser la force qui avait soulevé le couvercle comme un moteur ; et, après avoir recouvré la liberté, il aurait exposé, en 1663, les moyens de réaliser sa conception. Il existe, en effet, à Londres, au British Muséum, dans le manuscrit n° 2428 intitulé : A century of inventions , une pièce de 20 pages in -4°, ayant pour souscription : An exact and true définition of the most stupendous Water commanding Engine, invented by the Right Honorable Edwart Sommerset, Lord marquis of Worchester, and by his Lordship himself presented to his most excellent Majesty Charles the second, our most gracious sovereign. Mais, ni dans cette pièce, ni dans une autre qui porte la date de 1663, et qui a été imprimée pour la première fois (souvent réimprimée depuis) eous le titre de Marquis of Worchester’s A Century of the names and scantlings of such inventions, etc., on ne trouve rien qui puisse donner l'idée d’une machine à vapeur.
Le projet que Samuel Moreland soumit, en 1682, à Louis XIV pour élever l'eau au moyen de la vapeur, contient des indices plus sérieux. Il résulté d’un manuscrit (n° 5771) du Musée britannique que Moreland avait fait des expériences sur l’expansibilité et la force élastique de la vapeur d’eau. Il y est dit que, à l'état de vapeur, l’eau occupe un espace 2000 fois plus grand qu’à l’état liquide, et que son élasticité augmente avec la température, jusqu’à ce qu’elle
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brise tous les liens de la cohésion *. Mais l’auteur n’a point indiqué comment on pourrait utiliser cette force.
Denis Papin (né à Blois en 1647, mort à Marbourg en 1713) a été souvent cité dans l’histoire de la vapeur employée comme force motrice. Ce physicien célèbre, que la révocation de l’édit de Nantes avait chassé de sa patrie, fit dès 1674 des expériences remarquables sur l’eau chauffée à l’air libre et surchauffée en vases clos. Il observe que, dans ce dernier cas, la température de la vapeur s’élève rapidement et peut alors produire des effets extraordinaires. R. Boyle avait déjà entrevu un certain rapport entre l’ébullition de l’eau et le poids de l’atmosphère; mais ce fut Papin qui démontra le premier que les liquides, par exemple l’eau et l’alcool, entrent en ébullition dans le vide à une très-faible chaleur 1 2 3.
Ces idées le conduisirent à construire, sous le nom de digesteur, un appareil destiné à extraire, par la vapeur à une haute pression, la partie gélatineuse des os. U en donna la description dans la ilfonicre d'amollir les os et de faire cuire toutes sortes de viandes en fort peu de temps et à peu de frais ; Paris, 1682, in-12 *. Le digesteur ou marmite de Papin était un vase en cuivre étamé, hermétiquement fermé par ud couvercle en fer vissé; c’était une véritable chaudière. Une ouverture, facile à fermer, permettait de donner à volonté issue à la vapeur; c’était une soupape de sûreté.
Le mouvement alternatif de va-et-vient d’une tige ou d’un pistou est le moyen le plus simple de la transmission d’une force. Si, après avoir soulevé un piston, on parvenait à anéantir, dans le corps d’une pompe, l’air qu’une soupape y laisse entrer par en bas, le piston sous lequel on aurait fait le vide descendrait par la seule pression de l’atmosphère, et pourrait entraîner dans sa course un poids égal à celui d’un cylindre d’eau de 32 pieds de hauteur. Telle est l’idée qui parait avoir préoccupé Papin depuis 1687. Il s’en explique, en effet, très-clairement dans les Acta Eruditorum de Leipzig, année 1688, ainsi que dans une lettre adressée au comte Guillaume Maurice de liesse, et imprimée dans le Recueil de diverses pièces louchant quelques nouvelles machines (Cassel, 1695,
1. Voy. Partington, Hi.it or ical and descriptive accountof steam engine ; Lond., 1822, in-8", p. 8. — R. Stuart, A descriptive History of the steam engine; Lond., 1824, in-8®, p. 22.