LUMIÈRE
La lumière, qui met l’homme en rapport avec l’infiniment grand et Pinfmiment petit, ce quelque chose d’indéfinissable, qu’on le considère comme mouvement ou comme matière , a été de la part
t. Journal de Nicholson, t. IV, p. 529 et suiv.
MOUVEMENT 169
des anciens philosophes un* objet d’études contemplatives plutôt qu’expérimentales.
Suivant la doctrine des Pythagoriciens, l’œil projette hors de lui une infinité de rayons qui, comme autant de bras invisibles, vont tâter et saisir les objets perçus; de là l’image visuelle de ces objets. Démocrite et les Epicuréens établirent une théorie tout opposée, qui a fini par l’emporter. D’après cette théorie, les images qui se forment dans l’œil, sont, au contraire, une émanation des objets. Platon essaya de concilier les deux théories, en expliquant la vision par la rencontre des rayons partant de l’œil avec les rayons émanant de l’objet *. C’est à l’école de Platon qu’on semble devoir la découverte d’une des lois fondamentales de l’optique, à savoir que la lumière se propage en ligne droite, en faisant l'angle d'incidence égal h l'angle de réflexion. Cette découverte suppose que les Platoniciens ne dédaignaient pas trop d’interroger l’expérience : une chambre, rendue obscure en fermant toutes ses ouvertures, et dans laquelle on faisait arriver, par un petit orifice, un rayon lumineux sur un miroir, pouvait y conduire.
Aristote et ses disciples expliquaient la lumière au moyen de l’hypothèse des corps transparents par eux-mêmes, tels que l’air, l’eau, la glace, etc., c’est-à-dire des corps qui ont la propriété de laisser voir ceux qui sont placés derrière eux. Dans la nuit, ces corps, ajoutaientils, ne laissent rien voir à travers, ne sont transparents que potentiellement , in potentia, tandis que pendant le jour ils le sont réellement, in actu, et c’est la lumière qui met celte puissance en acte. Et dire que cette théorie, purement imaginaire, a eu d’innombrables partisans ! Il est vrai qu’ils étaient loin de s’entendre entre eux. C’est ainsi que la plupart des péripatéticiens considéraient la lumière et les couleurs comme de vraies qualités des corps lumineux et colorés, et de même nature que les sensations qu'elles produisent en nous, selon ce principe : Nihil dat quod in se non habel.
Ce que l’antiquité avait dit de plus rationnel sur la lumière se trouve résumé dans Euclide, Héliodore de Larisse et Plolémée.
Il nous reste d’Euclide, qui est le même que le grand géomètre, une Optique et une Catoptrique, publiées par la première ‘fois en grec et en latin par J. Pena, Paris, 1557, in-â. Euclide trouva la démonstration de la direction rectiligne des rayons de lu-