‹ Histoire UniverselleChapitre 69 sur 184 · Plutarque, Placit. philosoph., IV, 13 et · texte numérisé non relu

Plutarque, Placit. philosoph., IV, 13 et

rnièi'e particulièrement dans la direction droite des ombres, et dans la manière dont s’effectue la vision, qui ne permet pas d'embrasser à la fois tous les points d’un objet, perçu à une certaine distance. Il part de là pour établir une série de théorèmes ou de faits généraux, tels que : de plusieurs objets de même grandeur les plus rapprochés de nous se voient plus distinctement que les plus éloignés; — tout objet dépassant une certaine distance ne se voit plus; — des objets de même grandeur et de distances inégales paraîtront de grandeurs différentes : le plus éloigné paraîtra le plus petit, et le plus rapproché le plus grand ; — un corps rectangulaire paraît arrondi à distance; — une sphère vue à une certaine distance paraît un cercle ou plan circulaire; — des objets se mouvant sur une même ligne droite, aboutissant à l’œil demeuré immobile, le dernier (le plus éloigné) finira par paraître précéder les autres : il paraîtra au contraire suivre les autres, si l’œil change de place.

L'Optique d’Euclide n’était, comme oavoit, qu’une réunion de théorèmes de perspective. Suivant Kepler, l'auteur de ce traité, en sa qualité de pythagoricien, cherchait à démontrer, par la perspective des corps célestes, le vrai système du monde tel que l’avait enseigné Pythagore avant Kopernik.

Dans sa Catoptrique, Euclide enseigne que le rayon visuel est brisé , réfracté , par l’eau et par l’air. Il cite ici l’expérience bien connue d’un anneau qui est invisible quand il occupe le fond d’un vase vide, et qui devient visible quand on remplit le vase d’eau. Il distingue la réfraction (<h axtans) de la réflexion (àvàxl«ffts) en ce que dans la première les angles des rayons réfractés ou émergents ne sont pas égaux (excepté pour le rayon perpendiculaire) aux angles des rayons incidents. Il explique par la réfraction, que les rayons éprouvent dans l’air, le grossissement du soleil et de la lune à l’horizon. Mais il ne dit pas positivement que par l’effet de la réfraction les astres n’occupent pas exactement (excepté au zénith) la place où nous les voyons.

Héliodore de Larisse suivit les traces d’Euclide. C’est dans l’Optique d’Héliodore qu’on trouve pour la première fois clairement exposé que les rayons lumineux qui déterminent la Vision forment un cône dont le sommet s’appuie à la pupille de l’œil, tandis que la base embrasse la surface de l’objet perçu. On y trouve aussi une définition exacte de l’angle visuel, variable de grandeur suivant que nous voyons les objets plus grands ou plus petits. Héliodore croit, avec les pythagoriciens, que l’œil est capable d’émettre de la lu-

MOUVEMENT

inière; il cite comme un exemple l’empereur Tibère qui, dit-il, voyait clair la nuit, comme certains oiseaux de proie dont les yeux brillent dans les ténèbres l.

Ptolémée, l’auteur de l’ Almageste, passe pour l’auteur d’un Traité d'optique , dont on ne possède qu'une traduction latine faite sur une version arabe, traduction conservée en manuscrit (n° 7310 de l’ancien fonds) à la Bibliothèque nationale de Paris, C’est dans ce traité qu’on trouve pour la première fois une exposition assez détaillée des principaux faits de la réfraction, à savoir que les corps transparents, de densité différente, réfractent inégalement la lumière, que l’angle de réfraction, rapporté à la perpendiculaire, est plus grand que l'angle d’incidence lorsque la lumière passe d’un fluide dense dans un fluide moins dense , et que inversement cet angle est plus petit lorsque la lumière passe, par exemple, de l’air dans l’eau. On y trouve même un tableau comparatif où l’on constate « que si, dans l’eau, l’angle de réfraction est 20, il sera 18 | dans le verre; que s’il est 30 dans l’eau, il sera 27 dans le verre, de manière qu’on aura ;

Dans l'eau.

Dans le verre.

En jetant un coup d’œil sur ce tableau, que nous avons textuellement emprunté au manuscrit indiqué, on remarque que les angles de réfraction sont dans un rapport h peu près constant pour chaque corps translucide. 11 n’y avait donc plus qu’un pas à faire pour arriver à la découverte de la loi des sinus de réfraction. Mais il a fallu bien du temps pour faire ce pas décisif.

Le chancelier Bacon, qui vivait environ quatorze siècles après Ptolémée, n’était guère plus avancé que les anciens relativement à la connaissance exacte de l’angle de réfraction. « Il est hors de doute, disait-il, que les corps qui sont dans l’eau paraissent grossis , mais j’ignore si les corps qui sont dans l’air paraissent grossis ou diminués à l’œil qui se tiendrait dans l’eau en les voyant 2. »

1. Héliodore, Optica, dans Gale, Opuscula mythologica, ethica et physica; Cambridge, 1670, in-12°

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