‹ Histoire universelleChapitre 111 sur 129 · CONSTANCE ET GALÈRE · texte numérisé non relu

CONSTANCE ET GALÈRE

comme leur libérateur, leur protecteur et leur chef : c'en était assez pour que Licinius devînt leur ennemi. Il embrassa avec chaleur la cause de l'ancienne religion, et commença de nouveau à livrer les chrétiens à la haino et à la vengeance de leurs persécuteurs. Constantin prit leur défense : Licinius excita les mécontents de Rome à conspirer contre les jours de son collègue. Après beaucoup de reproches mutuels et de négociations aussi infructueuses que peu sincères, la guerre, qu'ils désiraient tous deux également, se ralluma.

Licinius, voyant à ses ordres les trésors de l'Orient, quatre cent cinquante vaisseaux de guerre, et une armée de terre de cent soixanle-dix mille hommes, ne doutait pas de la victoire, « et consentait avec joie, disait-il, à la » prendre pour juge entre les dieux de Rome, qu'il voulait venger, et le » Dieu de Constantin. »

Campé sur une hauteur qui dominait Andrinople, et couvert par l'Hèbre, il attendit tranquillement son rival, dont l'ardeur se trouva plusieurs jours arrêtée par les obstacles d'une aussi forte position : mais une longue expérience avait appris à ce prince toutes les ruses de la guerre. Après quelques jours d'inaction, il surprit l'ennemi, traversa le fleuve dans un endroit dont on avait négligé la défense, et ne laissa pas le temps à Licinius de changer ses dispositions; il l'attaqua brusauement, le mit en fuite, et l'enferma dans Byzance.

Constantin avait donné le titre de César à Crispus, son fils aîné, qui devait le jour à Minervine, sa première femme ; les autres enfants qu'il avait eus de Fausta, Constantin et Constance, furent aussi décorés du môme titre. Crispus, dans ce temps, commandait sa flotte; il combattit dans le détroit celle de Licinius, la défit, et détruisit plus de cent trente vaisseaux. Constantin pressait le siège de Byzance; Licinius, craignant de tomber dans ses mains, s'échappa la nuit, et se sauva à Chalcédoine. Le vainqueur l'y pour suivit, et lui livra une dernière bataille, dont le succès fut complet, et ne laissa pas de ressource au vaincu. Dans cette action, Constantin prit ou tua cent trente mille hommes.

Licinius, presque seul, s'enfuit à Nicomédie, et implora la clémence de son ennemi : il ne lui demandait que la vie, abandonnant toute prétention à l'empire; les larmes et les prières de Constancie, sa femme, parurent toucher le cœur de Constantin; il épargna dans ces premiers moments les jours de son beau-frère ; mais, quelque temps après, sous prétexte que ce prince cherchai! à réveiller le zèle de ses partisans, Constantin souilla sa gloire en ordonnant la mort de son rival. La défaite et le trépas de Licinius réunirent enfin sous les lois d'un seul prince toutes les parties de l'empire romain (1).

(1) An de Jésus-Christ 32

CONSTANTIN. 70f

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