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CHAPITRE XVII

Conjuration de Rullus et de Catilina. — Portrait de Cicéron. —Ses ouvrages. —Son accusation contre Verres. — Exil de Vnrès. — Ériililé de Cicéron. — Aveuglement de Cicéron pour Catilina. — Loi do Rullus rejetée. — Plaidoyer de Cicéron pour Oihon. — Conjuration de Catilina. — Portrait, de Catilina. —Ses premiers crimes. — Ses satellites. —Son exclusion du cousu lut. —Son comp'ot avec Autronius et Cnéus Pison. — Mort de Pison. — Nouveau complot de Catilina. — Sa harangue aux conjurés. — Leur serment redoutable. — Complot déjoué par Fulvie. — Crimes de \> courtisane S>-mpronia. — Comp'ot contre Cicéron. — Révolte des esclaves a Capoue. — Hardiesse de Catilina dans le séria'. — Harangue de Cicéron à Catilina. — Dé.ense de Catilina. —Ses préparatifs hostiles. — Son départ pour le camp de Manlius. — Sa conspiration avec les Allobroges. — Leur trahison envers Catilina. — Arrestation des chefs de la conspiration. — Leur jugement. — Discours de César dans ie sénat. — Réplique de Caton. — Décret pour la condamnation à mort des conjurés. — Bataille entre Catilina et Pélréius. — Défaite et mort de Catilina. — Cicéron est nommé Père de la patrie. — Retour et triomphe de Pompée.

Dans les beaux jours de la liberté de Rome, nous admirions les vertus et la dignité du sénat, l'énergie du peuple , l'émulation de tous les citoyens, qui ne disputaient entre eux que de. dévouement à la république. Les lois, les mœurs de ce grand peuple fixaient nos regards, attiraient notre respect. Mais, depuis que la fortune et la puissance, ayant corrompu les mœurs, élevèrent les grands, abaissèrent les citoyens, ce n'est plus le sénat ni le peuple qui occupent notre attention; elle se porte tout entière sur un petit nombre de grands capitaines et d'orateurs célèbres qui se disputent l'honneur de commander aux mnîtres du monde. Ce n'est déjà plus l'histoire de la république, c'est celle de quelques hommes que nous écrivons.

Au moment ou Pompée étendait, aux extrémités de l'Orient la gloire et la puissance de Rome, deux conjurations formées dans le sein de cette ville la menaçaient d'une subversion totale. Un tribun adroit, éloquent et factieux, Rullus, s'eflorçait, en égarant le peuple, de ressusciter la tyrannie des décemvirs; et Catilina, patricien aussi célèbre par ses talents et par son audace que par ses crimes, rallumant la guérie civile, comptait, avec le secours de ses nombreux complices et d'une grande partie de l'armée d'Italie, égorger le sénat, et faire revivre dans Rome Sylla, Marius et leurs proscriptions.

Dans ce péril imminent, la république fut sauvée, non par un fameux capitaine, mais par un illustre orateur, par un magistrat prudent et ferme, par un

consul habile, enfin par Cicéron, qui mérita, dans celte grande circonstance, le titre glorieux de Père de fa r>atrie.

Marcus Tullius Cicéron eul pour amis tous les hommes vertueux de aon temps, el pour ennemis tous les citoyens dépraves qui cherchnienl dans le crime une ressource pour rétablir leur loi (une el pour augmenter leur pouvoir. Ceux-ci, forces d'admirer ses talents, s'en dédommageaient en calomniant son caractère et surtout en affectant un proiond mépris pour la bassesse de son origine. Il est cependant certain que Cicéron, quoiqu'il se qualifiât lui môme avec une noble fierté d'homme nouveau, devait le jour à une Camille de l'ordre équestre, dans la ville d'Arpinum, dont les habitants étaient citoyens romains. Sa mère Helvia, sa femme Térencia, patriciennes, jouissaient d'une haute considération, et sa belle-sœur Fabia se trouvait même au nombre des vestales. Cicéron, doué par la nature du plus vaste génie, se livra dès sa jeunesse à l't.tude des lettres grecques et latines, profita des leçons que lui donnèrent les orateurs et les philosophes les plus fameux, et acheva de mûrir dans la patrie de Démosthène le talent qui devait l'égaler un jour à cet homme immortel.

Malgré sa passion pour l'étude, Cicéron remplit d'abord le premier devoir imposé à tout citoyen romain. Ses armes défendirent sa patrie ; il fit avec distinction la guerre des Marses, sous les ordres de Sylla. Ses premiers succès à la tribune, le courage avec lequel il avait plaidé la cause d'un proscrit en présence du dictateur, la vivacité de son imagination, la fécondité de sa mémoire, sa déclamation noble, animée, mais moins théâtrale que celle d Ilortensius, l'avaient place, dès son début, au rang des premiers orateurs de Kome.

La laveur populaire, que son éloquence lui concilia, le fit nommer questeur en Sicile : intègre dans son administration, il pourvut habilement aux besoins de la république, et trouva en môme temps le moyen de soulager les Siciliens fie l'énorme fardeau des tributs que ses prédécesseurs leur avaient imposés. Ce iut lui qui leur fit retrouver le tombeau d'Archimède. Il découvrit dans un lieu icsert, au milieu des ronces, une petite colonne sur laquelle on voyait la figure •l'une sphère et d'un cylindre. L'inscription qu'on y lut ne laissa aucun doute sur ce monument. «Ainsi, disait il lui-même, une des plus nobles villes de la " Grèce, et autrefois des plus savantes, aurait toujours ignoré le lieu de la sé- » pulture du plus illustre de ses citoyens, si un habitant d'Arpinum n'était venu ■ le lui découvrir ! »

Ses talents, sa justice, son humanité lui concilièrent l'amour des peuples de Sicile, qui lui décernèrent à son départ des honneurs jusque là sans exemple.

il faudrait un livre entier pour suivre Cicéron dans sa brillante carrière oratoire et littéraire : le temps nous a conserve un grand nombre de ses harangues • i de ses plaidoyers, qui serviront dans tous les âges de leçons et de modèles. Enrichissant sa patrie des palmes de la Grèce, il y naturalisa la philosophie, et Mil tracer habilement aux hommes tous leurs devoirs avec autant de talent qu il en avait montré pour défendre leurs droits. Ayant reconnu les défauts de l'austère système des stoïciens et les erreurs séduisantes de celui d'Êpicure, il

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préféra la secte académique , plus conforme par sa modération à son caractère et à la rectitude de son jugement.

flous devons à son amitié pour Pomponius Afticus un recueil de lettres qui nous fait autant aimer dans Cicéron l'homme privé, que ses œuvres philosophiques et ses éloquents discours nous avaient fait admirer l'homme d'État. Ce monument, précieux pour l'histoire, a pour nous le mérite particulier de présenter à nos yeux le tableau fidèle et détaillé des mœurs de Rome dans ce temps d'éclat et de décadence, et de nous faire en quelque sorte assister à tous ïps événements, et vivre dans l'intimité des acteurs les plus célèbres de cette époque fameuse.

Un des actes de Cicéron qui lui attira la plus haute estime, et le fit regarder comme le plus propre par sa fermeté à diriger clans la tempête le gouvernail du vaisseau de la république, ce fut l'accusation qu'il intenta contre Verres, patricien puissant, soutenu par tous les grands de Rome et par cette partie nombreuse du peuple qui vend toujours ses suffrages à l'opulence. Verres, préteur en Sicile, s'y était conduit en tyran : jamais la vertu courageuse n'attaqua l'injustice et l'avidité avec plus de véhémence, ne peignit les vices sous de plus odieuses couleurs, et ne fit un tableau plus touchant des malheurs d'un peuple opprimé.

Attaquant son adversaire, tantôt par de vives apostrophes, tantôt avec les armes d'une ironie amère, et le pressant toujours par les arguments d'une logique irrésistible, variant sans cesse ses formes, ses mouvements, ses couleurs, et étouffant son ennemi sous le poids des preuves qu'il accumulait sur sa tète, il faisait passer dans l'àme des assistants toutes les passions des victimes du tyran qu'il accusait.

Accuser Verres, c'était attaquer la plupart des grands de Rome, qui devaient leurs immenses fortunes à de semblables concussions; mais leur crédit, les intrigues de leurs clients, les clameurs des hommes corrompus et les prodigalités de Verres échouèrent contre le courage et l'éloquence de l'orateur. Verres fut condamné à l'exil, malgré les efforts opiniâtres des patriciens pour le sauver.

Cicéron, bravant leur courroux, disait audacieusement : «Je regarde ces » nobles comme les ennemis naturels de la vertu, de la fortune et des talents » des hommes nouveaux : c'est une race humaine différente de la nôtre. Tou- » jours implacables pour nous, nos peines, nos démarches, nos services ne peu- » vent jamais nous attirer leur bienveillance ni même leur estime; mais leur » opposition constante ne m'empêchera pas de poursuivre ma course. C'est par » mes actions seules que je veux m'élever ; je ne prétends parvenir aux dignités » de l'État que par mon mérite, et je ne chercherai à m'ouvrir un chemin à la » faveur du peuple qu'en le servant avec fidélité, et sans craindre la vengeance » dont la haine menace ma fermeté. Les hommes puissants déclament, les fac- » tieux s'agitent; je les brave tous; et, dans la cause importante que je me fais » un devoir de. soutenir, si les juges ne répondaient point à l'opinion crue j'ai

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« do leur frïtégrité, fe feS accuserais eux-mêmes de corruption. Si quelqu'un » toute auprès des magistrats la menace ou la séduction pour dérober le cou- » pable à la justice, je le citerai au tribunal du peuple, < t je le poursuivrai aussi » vivement (pie je poursuis Terre». »

Le triompbe de Cicéron dans cette grande affaire eut des conséquence qu'on n'avait pas prévues. La obaîeur de ses discours ralluma les vieilles haines du peuple contre les patriciens, et le porta à demander Je rétablissement des tribuns dans leur ancienne autorité.

Jules César, qui voulait relever le parti populaire, appuya fortement ceJ(C proposition : Pompée, dont le crédit était alors prédominant, eut la faiblesse d'y consentir, et fonda ainsi lui-même la fortune de son jeune rival ; car ce fut avec l'assistance des tribuns que César parvint dans la suite à renverser la republique. Cicéron, par haine pour les patriciens, appuya l'avis de César, et ne tarda pas à s'en repentir,

Lorsque Pompée fut parti pour l'Asie, Cicéron, soutenu par la faveur du peuple, obtint l'édilite, qui lui ouvrait les portes du sénat. Cette charge l'obligeait à faire célébrer avec magnificence les jeux publics, les fêtes de Cérès, do Liber, de Libéra et de la mère Flora. Dans ce temps, où l'or avait plus de poids que la vertu, les grands ne s'occupaient qu'à acheter l'autorité, et le peuple à vendre ses suffrages. Ce peuple permettait aux grands de le dominer pourvu qu'ils satisfissent sa passion pour l'argent et pour les plaisirs. Aussi les édiles cherchaient a se populariser par d'immenses distributions et par les plus folles dépenses.

On avait vu César les surpasser tous par ses profusions lorsqu'il donna des spectacles publics pour célébrer les funérailles de son père. Il fit faire en argent massif les planches et les décorations du théâtre; de sorte, nous dit Pline, qu'on vit les bêtes féroces fouler à leurs pieds ce métal précieux.

Cicéron, dans ses fêtes, ne fit que ce qui était convenable, et sut éviter également tout reproche d'avarice et d'ostentation. La reconnaissance des Siciliens avait voulu payer la dépense des jeux qu'il donna aux Romains; mais il n'accepta leurs présents que pour en distribuer le produit aux pauvres, et pour faire baisser le prix des vivres.

Lorsque les revers de Lucullus offrirent aux partisans de Pompée l'occasion et les moyens de (aire décerner a leur chef une autorité sans bornes, Cicéron, poiu paru! sacrifier l'intérêt général à son intérêt prive, cl la

rté publique à son ambition; et quoiqu'on appuyant la loi Manilia, qui donnait un pouvoir presque royal à Pompée, il s'efforça! de persuader au peuple qu'il tfarail en vue que !e bien public, il ne dut tromper personne; il était trop ' que, voulant parvenir au consulat, il cherchait à s'ai poyer

des amis de Pompée.

L'ambition aveugïe I es meilleow esprits : elle terme quelque temps les yeux de Cicéron sur les vie. -s et sur les projets de Catilina. Le désir d'être soutenu par le crédit de ce patricien le rendit dune do 086 artifices; il Rengagea même à plaider pour lui devant un tribunal. .'latte, ec.ivail-il a Atticus, que, si

» Catilina est absous par mes soins, il en aura plus d'ardeur pour me seconder » dans nos prétentions' communes; s'il trompait mon attente, je supporterais » l'événement avec patience. »

11 n'avait pas besoin d'un si indigne appui pour s'élever; l'unanimité des suffrages du peuple le désigna pour le consulat. Dès qu'il fut nommé, uniquement occupé de l'intérêt public, il sacrifia sa fortune à ses devoirs; et, pour se donner la certitude de n'être point contrarié par son collègue Antoine dans le bien qu'il voulait faire, il lui céda le département de la Macédoine, et promit celui de la Gaule cisalpine à Mélellus. Dans ce temps où le monde entier était traité en pays conquis par une seule ville, les gouvernements de provinces assuraient aux proconsuls une richesse immense; mais Cicéron n'avait pour but que la gloire. « Je veux, mandait-il à son ami, me conduire dans mon » consulat avec une telle justice et une telle indépendance, qu'on ne puisse » pas me soupçonner de m'ètre laissé influencer dans mes actes par l'espoir » d'aucun gouvernement ni d'aucune dignité. C'est celte indépendance qui » peut seule me donner le droit et les moyens de combattre avec succès la » turbulence des tribuns. »

Le corps des chevaliers était dévoué au consul : ses talents illustraient cet ordre; il était le premier des chevaliers qu'on eût vu parvenir au consulat avant d'être inscrit au rang des sénateurs. Au lieu de se laisser égarer par l'esprit de parti, Cicéron sentit la fausseté de cette vieille maxime qui conseille de diviser pour commander ; et, certain au contraire que l'union fait la lorce réelle des États, il résolut de rétablir la bonne intelligence entre l'ordre, équestre et le sériât, et. il y parvint.

Le tribun Publius Servilius Rullus proposa au peuple une loi agraire. Son projet tendait à faire nommer des decemvirs revêtus pour cinq ans d'un pouvoir absolu; ils devaient être chargés d'établir un grand nombre de colonies nouvelles, de partager entre les citoyens les terres conquises en Europe, en Asie et en Afrique, d'examiner la légalité ou l'illégalité des propriétés acquises, et de faire rendre des comptes à tous les généraux, excepté à Pompée. La même loi excluait du décemvirat tout citoyen absent de Rome. Il était évident que l'auteur de la proposition espérait, sous le nom de chef des decemvirs, parvenir au pouvoir suprême; mais aucune passion n'aveugle autant que l'intérêt, il empêche de voir l'évidence : la loi nouvelle flattait trop l'avidité des pauvres et leur jalousie contre les riches et les grands, pour qu'ils pussent ouvrir les yeux sur le but secret du tribun et sur les dangers réels dont sa proposition menaçait la liberté.

Plus la loi semblait populaire plus elle paraissait redoutable au sénat. Son adoption devait tout bouleverser; son rejet pouvait rallumer les haines et renouveler les guerres civiles. Cicéron releva le courage des sénateurs alarmés, les invita à la résistance, et, sans crainte de se depopulariser, attaqua les tribuns dans l'assemblée même du peuple.

Sa position était difficile : homme nouveau, on pouvait l'accuser d'ingratitude en le voyant déserter la cause plébéienne; et la force d'une éloquent*

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raison ne suffisait pas, dans celte circonstance, pour éclairer des esprits prévenus et passionnés; ni pour démasquer une ambition d'autant plus dangereuse qu'ello marchait à la tyrannie sous les couleurs de la liberté.

Jamais Cicéron ne montra plus d'adresse que dans cette lutte hardie de la justice contre la cupidité, et de l'intérêt public contre l'intérêt privé. Loin de paraître enorgueilli par la pourpre consulaire, il remercie d'abord le peuple d'une dignité qu'il lui doit, et lui rappelle avec art que c'est un magistrat populaire qui lui parle. Avant d'attaquer de front la nouvelle loi agraire, il donne son approbation à celles que les Gracques avaient autrefois proposées, et prodigue les plus magnifiques éloges à ces citoyens illustres et malheureux, dont les ombres chéries vivaient encore dans le cœur des Romains. Après avoir donné son assentiment aux principes qui les guidaient, en ordonnant un partage équitable, il s'oppose vivement à l'adoption du décret de Rullus, qui, sous un masque populaire, cache la création d'une tyrannie odieuse et la nomination de dix rois revêtus d'un pouvoir arbitraire. Pompée était alors le favori du peuple romain ; Cicéron démontre adroitement que les tribuns, en paraissant affranchir ce grand homme de la règle commune, ne relèvent que pour l'abaisser, ne l'épargnent que pour le détruire, ne le dispensent de rendre des comptes que dans le dessein de prolonger son absence, et de l'exclure par là du décemvirat.

Employant les armes de l'ironie, il représente Rullus arrivant en triomphateur dans le royaume de Mithridate, précédé de licteurs, suivi d'une garde nombreuse, entouré de tout l'appareil de la royauté, prenant avec orgueil dans ses lettres les titres « de tribun du peuple, de décemvir, de magistrat suprême, » et ne donnant au conquérant de l'Asie que celui de Pompée, fils de Cnéius. » Ne l'entendez-vous pas qui ordonne à ce grand homme de venir à son tribu- » nal, de lui servir d'escorte, et d'assister à la vente des terres conquises par » sa valeur? Qui donnera désormais des ordres pour établir des colonies en » Italie, en Asie, en Afrique? ce sera le roi Rullus. Qui jugera les préleurs, >• les questeurs, les citoyens, les alliés? ce sera le roi Rullus. Qui décidera de » la fortune publique et privée? qui distribuera les récompenses et les châ- » timents? ce sera le roi Rullus. »

Parlant ensuite plus gravement des abus monstrueux d'un pareil pouvoir, et traçant avec les plus vives couleurs l'effrayant tableau de cette nouvelle tyrannie, il se félicite de la faveur avec laquelle on l'a écouté, et en tire un heureux présage pour la conservation de la liberté.

En vain les tribuns voulurent répondre à ses arguments par des injures, et déduire l'impression de son éloquence par des calomnies : en vain le représenterent-ils au peuple comme un partisan de l'aristocratie et de Sylla : Cicéron prouva avec évidence que Rullus lui-même était le plus imprudent défendeur d< s actes de ce tyran, puisque l'effet de son décret devait être de donner aux résultats de ses violences une sanction légale. La raison du consul triompha des passions du peuple ;J la conjuration de Rullus échoua; la loi fut lejetée.

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