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| 599 avait tiré du néant tontes choses; ce qu’ils affirmaient en démontrant l’absurdité des deux autres systèmes.
Les religions orientales, et ce qui s’y rapporte dans celles des Grecs, surtout dans la doctrine des mystères , reposaient sur le dogme de l’émanation, d’après lequel tous les êtres sortent du sein de Dieu et doivent y rentrer. Mais pourquoi l’être bienheureux et éternel était-il sorti de sôn repos pour se révéler au monde? Tous les penseurs, tous les esprits cultivés vinrent se heurter contre ce problème, dont ils cherchèrent vainement la solution; or le christianisme est venu la donner, appuyé qu’il est sur le dogme de lincarnation et de la rédemption. De toute éternité, il était dans les conseils de Dieu de se révéler au monde ; ce qui impliquait la séparation du monde de l’Être divin, et par conséquent le péché et la chute; mais il était aussi dans ses conseils de relever le monde jusqu’à lui (1). Dieu se soumet aux misères humaines, mais non au péché, jusqu’à ce que la victoire soit complète , et que la séparation avec Dieu ait cessé, Par un acte de la plus haute liberté, ce qui était hors de Dieu fut rendu digne d’habiter encore en Dieu ; le sacrifice est complet, la réconciliation a lieu dans sa plénitude. Et à ce sacrifice participe quiconque veut être chrétien, oint du Seigneur, hostie sacrée comme le Christ; le retour à Dieu dépend du libre arbitre, de la force morale , de la vertu de chacun. Cette loi mystérieuse de l'amour divin par lequel le retour au Créateur s'opère en vertu du sacrifice volontaire de la victime sainte, peut seule rendre raison de l’acte par lequel Dieu s’est résolu à se révéler au monde, comme elle peut seule expliquer l'énigme de la création et de l’histoire universelle,
Cette énigme, nous croyons, nous, l’avoir trouvée j mais, en général , les Pères pensaient que la manière dont les êtres finis avaient pu sortir de l'infini était un mystère insoluble pour l'esprit humain, quiest incapable d'embrasser les deux termes, en se tranisformant en infini, de fini qu’il est.
Cependant un des métaphysiciens chrétiens essaya de sonder cet abîme, et dit que, pour comprendre la création, il fallait distinguer trois choses : Dieu, les êtres particuliers, et les participations, ordre de réalités intermédiaires. Comme être infini, Dieu ne peut être participé; les êtres individuels, nécessairement finis, sont l'opposé de Dieu ; les participations, vertus divines, comme la puissance, la bonté, la sagesse, la vie, existent dans les créatures
(1) L Ad Timoth. HA, 163 ad Æphes. 1, 4, 7; ad Coloss. I, 14, 20, 11: ad Timoth. 1, 9, 10.
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à des degrés limités. En tant que propriétés divines, infinies, existantes en Dieu, elles sont Dieu lui-même; en tant que participées à des degrés divers , elles sont l’œuvre de Dieu et créatures, existant dès lors en dehors de lui ; quant aux êtres individuels, elles sont leurs principes constitutifs, créés, et en même temps le principe de chaque création particulière.
Ainsi, bien qu’elles n'existent pas à perpétuité, comme la Divinité, on peut les croire créées avant le temps, si le temps est la mesure de la durée des êtres individuels auxquels ces propriétés sont antérieures. Or, celles-ci se trouvant en dehors des individus, comme existantes en Dieu, et hors de Dieu comme principe efficient de chaque être limité, elles constituent l’anneau entre le fini et l'infini (1).
Quelques-uns (Athanase,Méthodius, Augustin) soutenaient que la création était une œuvre accomplie dans le temps , d’autres de toute éternité (Clément d'Alexandrie, Origène), la qualité du créateur devant être éternelle comme les autres qualités de Dieu. Ils opposaient à la fatalité des astrologues et des stoïciens une providence générale et particulière, s’exerçant peut-être par le ministère des anges.
Mais de la coexistence du fini avec l'infini naît un nouveau problème; comment le mal peut-il exister avec le bien suprême ? Question contre laquelle vient sans cesse se briser la raison, et qu’on ne saurait résoudre rationnellement que par le mystère d’une première faute qui a rompu l’harmonie entre nos propres facultés, et par la nécessité d’une expiation. Néanmoins le mal moral n’est pas quelque chose de positif, mais l’absence du bien; il ne provient pas de la nécessité, mais du libre arbitre des créatures intelligentes ; il est donc imparfait, et n'empêche pas que le bien prédomine dans l’ensemble de l’univers, qu tend vers Dieu. Que cette voix funeste, qui, supposant la nécessite, c’est-à-dire la divinité du mal, en fait l’apothéose, et, blasphémant le Créateur, révèle aux créatures la loi du péché, cesse don: de retentir. Quant à la question de savoir comment le libre arbitre se concilie avec un péché héréditaire, avec la grâce et la prédestination, ce sont des mystères dont les Pères se hasardaient à peine à soulever le voile,
La révélation fournissait la notion sublime dela Trinité, et, bien qu’on doive se contenter d’exposer le dogme, en vénérant le mys-
(1) Sainr Pauz a dit : Ææ énvisibilibus visibilia facta sunt (aux Hébreux, XI). Les Pères crurent donc préexistantes dans la pensée de Dieu les choses auxquelles Dieu, en les créant, ne fit qu'ajouter la réalité, que les substan-
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(1) De 1 (1) Ten apparaît w dans les f corps ? » 4 immatérie thodoxa | mons, les .la matière
tère, les Pères néanmoins, et surtout saint Augustin (4), s’étudièrent à y chercher une analogie avec ce que la raison humaine peut concevoir de plus pur et de plus élevé; mais il faut sur un pareil sujet une telle précision de paroles, que celui qui entreprendrait de résumer leurs opinions s’exposerait à tomber dans des erreurs que ces docteurs eux-mêmes ne surent pas éviter parfois, erreurs qui enfantèrent tant de querelles, de scandales, et firent couler tant sang.
L'intelligence divine, absolument une parce qu’elle est infinie, renferme pourtant dans son unité le principe et la raison de la variété, c’est-à-dire les types de toutes les natures créées, comme l’entrevirent Platon et les philosophes orientaux. Les Pères, admettant ce principe comme le fondement nécessaire de toute vérité, envisagèrent le Verbe comme la raison de toutes choses, coexistant avec l'intelligence, formant les créatures, devenant leur modèle, se proportionnant à leur condition; mais ce qui resta hors de la portée de l'intelligence humaine, ce fut la double qualité de ce Verbe, Fils unique de Dieu en tant qu’il en est la connaissance même, son premier-né en tant que type des choses créées.
Les gnostiques peuplaient l'intervalle entre l’homme et Dieu de natures intermédiaires , qu’on pouvait considérer comme des divinités de second ordre; les chrétiens n’admettaient que deux natures, la divine et l’humaine, et cette dernière composée de matière et d'esprit.
La matière, second élément général de la création, est quelque chose d’inerte et de passif, la plus infime des créatures, l'ombre de Dieu, tandis que l'esprit est son image, source d'activité, de mouvement et d'intelligence. Quelques-uns, néanmoins, supposèrent une certaine espèce d: matière plus subtile que la matière corporelle, dont serait forinée l'enveloppe des anges, la spiritualité absolue restant à Dieu seul; ils croyaient cette explication nécessaire pour montrer comment l’âme est susceptible de récompenses et de châtiments (2). Mais l'Église eut constamment en vue
(t) De Trinitate, VE, 10.
(1) TenruLuen, de Anima, V, 7, s'exprime ainsi : « La corporéité de l'âme apparaît manifestement dans l'Évangile. Elle souffre dans les enfers , et, plongée dans les flammes, elle implore une goutte d’eau... Que signifie tout cela sans le corps? » ARNOBE dit, Adv. gentes, II : « Qui ne voit que ce qui est simple ct immatériel ne peut pas connaître la douleur? » SAINT JEAN DAMASCÈNE , de Orthodoæa Fide, 14, 3, 12 : « Dieu est incorporel par nature; les anges, les démons, les âmes, s'appellent incorporels par grâce , eu égard à la grossièreté da «la matière, » Ces passages paraissent si évidents que TENNEMANN , Manuel de
Verbe,
Esprit ct ma.
tière,
Origine des idées,
de dégager l’âme de tout élément sensuel ; Origène trouve impossible que l’âme corporelle puisse concevoir l’idée des choses immatérielles , et la spiritualité de l'âme, ainsi que la différence essentielle entre les deux substances, finit par être solidement établie. Saint Augustin définit l’âme «une substance douée de rai-
son, disposée pour gouverner le corps (1); » définition qui rappelle’
celle dans laquelle Proclus résume la doctrine platonicienne : « L’homme est une âme qui se sert d’un corps (2). » Quelquesuns crurent les âmes préexistantes aux corps, d’autres les regardèrent comme créées à mesure qu’ils arrivent à la vie, en considérant comme tout à fait inexplicable la manière dont opèrent l’un sur l’autre deux êtres aussi distincts que l’esprit et la matière (3); ce n’est pourtant pas un mystère plus grand que celui de tous les autres faits qui, dans l'univers, résultent d’une action réciproque. L'union de la matière avec l’esprit était, dans le principe, perpétuelle et délicieuse ; le péché originel l’a rendue passagère et telle que la partie la plus noble en souffre, tandis que la plus grossière devient capable de goûter un jour les ineffables douceurs de la contemplation.
Les Pères (4) acceptaient l’enseignement de Pécole italique ainsi formulé : La connaissance des choses consiste en des êtres immuables qui ne tombent pas sous les sens ; mais ils repoussèrent l’hypothèse platonique, que les sensations réveillent dans les âmes le souvenir d’une science acquise dansune vie antérieure ; ils affirmaient seulement que lesprit comprend, en tant qu’il est connexe nonseulement aux êtres intelligibles, mais encore aux êtres immuables, comme sont les idées (5). Si celles-ci existaient isolées, ce
l'histoire de la philosophie, $ 230, dit positivement que les saints Pères concevaient l'âme comme étant corporelle : cette erreur, adoptée par d’autres historiens, provient de ce qu'ils n’ont pas vu que plusieurs écoles anciennes distinguaient le corps, l'âme et l'esprit (ou, buy, nveüæ), et qu’ils entendaient par âme le principe de la vie organique, commun à l'homme et aux brutes, matière très-subtile, ou plutôt substance intermédiaire entre la matière et l'esprit, C’est de ce principe qu'entendirent parler ces Pères quand ils parurent tenir l'âme pour corporelle; mais ils proclamèrent toujours que l'esprit qui pense dans l’homme participe de la nature spirituelle de Dieu.
(1) De Quantitate animæ.
(2) Comm. in Alcib, Cette définition a été reproduite de nos jours,
(3) Modus quo corporibus adhæret spiritus et animalia jiunt, omnino mirus est, nec comprehendi ab homine potest , et hoc ipse homo est. (Sainr AucGusr., de Civ. Dei, XXI, 10.)
(4 Surtout saint Justin (Z. cont. Gent.), Cuémenr d'Alexandrie (Sfromat., VD) et Eusèee de Césarée ( Præpar. evang., XE).
(5) Voyez surtout sainr Auc., Retract., 1, 8; Rosmini, Contre Mamiani,
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seraient autant de déités; ils enseignaient donc qu’il faut croire
0Sim - qu’elles existent dans l'esprit divin, purgeant ainsi le platonisme nce de l’idolâtrie, et l’associant inséparablement à la théologie chrésta- tienne.
ai- L A force d’étudier comment ces idées éternelles et nécessaires À lle” } subsistent en Dieu, ils reconnurent que leur ensemble ne pouvait LE À être autre que le Verbe; qu’elles ne pouvaient non plus avoir en es- ô Dieu de distinction réelle entre elles, mais qu’elles devaient se réar- de duire à une unité parfaite avec le Verbe lui-même, et, par suite, dé- avec l’essence divine, laquelie est dès lors l’intelligible même (1) un qui illumine quiconque vient en ce monde, puisque l’homme voit 3); les idées en Dieu.
les 0 Quant à la méthode des Pères, il est nécessaire de distinguer some. 1e. les livres dans lesquels ils établissent et exposent les dogmes capé- ; tholiques, de ceux où ils réfutent les dogmes de leurs adversaires, lle à soit gentils, soit hérétiques. Dans les premiers, ils procèdent par re ‘4 démonstrations ; dans les autres, ils emploient souvent les moyens n- 1 aristotéliques ou platoniques, le syllogisme, l'induction, l’ab- | surde , comme pour retourner contre l’ennemi ses propres armes. asi 14 Quant à ce qui leur est propre, ils commencent par affirmer le a- 4 dogme dont il s’agit, en citant le plus souvent un passage de l’É- )0- ) criture. Ils le formulent ensuite en unacte de foi, dans lequel ils déu- À finissent la proposition qu’ils cherchent à interpréter; puis ils cint tent tous les passages où ce dogme est exprimé, en les soutenant n- les uns par les autres, jusqu’à ce qu’ils en aient établi l'évidence a- rationnelle, et qu'ils soient parvenus à démontrer l’absurdité du ce principe contraire.
Les Pères se montrent si peu favorables à la logique des écoles ” que Tertullien s’écrie : « Misérable Aristote, qui prépara (aux de « hérétiques) une dialectique artificieuse susceptible de prendre ar « toutes les formes aussi bien pour prouver que pour nier, senbre « tencieuse, arrogante dans ses conjectures, pénible , inextricable sl « dans ses argumentations , dangereuse par elle-même , qni touma « jours se rejette sur une nouvelle chose, comme si aucune ne s’é- « tait jamais affermie solidement. De là, les fables et les généalogies « interminables, les discours procédant en arrière, à la manière « des écrevisses, et que l’apôtre proscrivit en condamnant la phiéd « losophie, »
NT , Mais la méthode que nous voudrions nommer chrétienne fut
é., bientôt abandonnée par les Pères; on voit déjà apparaître dans
(1) Per X6yov enim solum cognoscentia efficitur, (Manus Vic, )
saint Augustin les formes scolastiques, et même des traités entiers de dialectique, sans doute parce qu'il était nécessaire de combattre l'ennemi sur son terrain, dans son camp. Ce docteur disposait son sujet d’après les catégories d’Aristote , afin de ne laisser échapper aucune des faces de la question; il déduisait ensuite ses preuves à l’aide surtout dusyllogisme , ou en argumentant à la manière de Socrate; c’est de lui que date l’introduction, en matière de foi, des subtilités captieuses, dont l'erreur elle-même put se faire une arme à son tour.
Tandis que la raison troublée du paganisme expirant invoquait l’antique sagesse comme plus voisine des dieux, les Pères l’accablaient sous les traditions primitives du genre humain, et toutes les sciences leur servaient à prouver la vérité. En effet, la tâche de démolir les anciennes erreurs fut poussée avec la plus généreuse ardeur; mais, quant à celle de disposer toutes les sciences et l’encyclopédie sur la base de l’Évangile, quelques efforts qu’ils fissent, ils en furent détournés par les désastres qui survinrent.
La vertu ne fut plus une chose de convention, mais la pratique de la vérité, connue et réglée par un jugsment droit, une bonne qualité de l'esprit, dont il n’est pas po:sible d’abuser (4). Le péché consista à préférer au bien suprême sui bien propre, à l’objectif le subjectif (2).
Le christianisme étant une doctrine de rédemption , pratiquer la charité jusqu’à donner sa vie devint le premier des mérites ; afin d’accroître le bien du prochain, chacun est tenu d’exercer une industrie , d'inventer, de perfectionner. Voilà donc une doctrine d’activité et de progrès, tandis que les anciens, partant de l’idée de la décadence successive, envisageaient le mal et l'inégalité parmi les hommes comme une nécessité, souffraient et laissaient souffrir.
Cette doctrine produisit aussi la liberté, car le droit succéda au fait; la pensée et la conscience humaine, librement soumises à Dieu, voulurent dépendre de Dieu seul, véritable et premier souverain, par qui le Christ fut investi de la puissance suprême. C’est donc de Dieu seulement et de son Verbe que vient aux hommes le droit de commander. La puissance est de Dieu, mais il ne faut
(1) C’est la célèbre définition de saint Augustin : Viréus est bona qualitas mentis.….. qua nullus male utitur. Et ailleurs : J{le pie et juste vivit qui rerum integer est æstimator in neutram partem declinando, (De Doct. chr., 27.)
(2) Voluntas aversu ab incommutabili bono, et conversa ad pr'oprium , peccat., (Sainr. Auc., De lib. arb.)
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(ul comman n° 22.) (2) Re commur giminis perturb tum pal
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pas lui attribuer la volonté de l’homme, qui exerce cette puissance, ni l’usage qu’il en fait. L’homme est subordonné à la loi suprême dont l’Église est l'interprète infaillible. Ainsi Pobéissance naît de la persuasion; elle n’avilit pas en soumettant: l’homme aux caprices de l’homme (1). Le prince est le ministre de Dieu pour le bien; les gouvernements doivent pourvoir à ce que la justice soit bien administrée, mais ils n’ont ni pouvoir ni action sur la pensée et les consciences. Et comme aucun homme ne possède par luimême une autorité quelconque, celui qui substitue au droit éternel sa puissance propre se fait usurpateur et dès lors est indigne d’être obéi (2).
La science et le devoir, 1° philosophie et la religion, la morale et la politique, toutes dérivées de la même source, se trouvèrent donc enfin réconciliées.
La première source de la philosophie chrétienne est donc Dieu, et cette philosophie réunit de toute nécessité la théorie à la pratique, selon l'autorité de celui qui a dit: Si vous pratiquez ma parole, vous connaîtrez la vérité, Opposée à l’égoïsme des vieilles sectes, elle n’aspire point à la gloire mondaine de fonder des écoles; elle professe au contraire que la doctrine qu’elle enseigne n’est pas la sienne, ne s’écartant jamais du sens commun du genre bumain uni à Dieu, c’est à-dire de l’autorité de l’Église. La régénération intellectuelle est réduite par les Pères à la régénération morale, qui subordonne tout au salut des âmes : à cette fin, il fallait d’abord extirper le doute, qui à force d’argumentations avait sapé les croyances les plus vitales; en second lieu, coordonner de nouveau les notions bouleversées du devoir. Ils remédièrent au doute en appuyant sur la foi les croyances inébranlables ; au désordre moral, en détruisant le dualisme et le panthéisme, également funestes. Que si les applications de l’ordre moral sont la meilleure preuve des doctrines métaphysiques, la pureté de la morale enseignée et répandue par les Pères , non-seulement parmi un petit nombre de sages , mais dans le peuple et dans la société
universelle , est un argument bien puissant en faveur de doctrines
(4) « L'homme a droit de commander à la bête; mais Dieu seul a droit de commander à l’homme. » (SAINT GRÉGOIRE LE GRAND , Liv. XXI, sur Job, c. 15, n° 22.)
(2) Regimen tyrannicum non est justum, quia non ordinatur ad bonum commune, sed ad bonum privatum regentis.….. Ideo perturbatio hujus regiminis non habet rationem seditionis, nisi forte quando sic inordinale perturbatur tyranni regimen, quod multitudo subjecta majus detrimentum patitur ex perturbatione consequenti quam extyranni regimine. (SAINT
UN q LA net 64 à 60 \ l'uomas, Somme ihéoï,, sect, A1, q. 42, ârt, 11 à 19.)
Morale,
Évangiles.
qui mettaient d'accord les lois de l'intelligence avec celles de Ja volonté.
La morale déduite de ces principes ne constituait pas une science; mais, après lui avoir donné pour fondement, d’une part la volonté de Dieu exprimée par la raison et la révélation, de l’autre Pobligation pour l’homme d’obéir, les docteurs chrétiens proclamèrent des préceptes sévères et d’une extrême pureté. Ils recommandaient spécialement la charité ou l’amour désintéressé du prochain, la sincérité, la patience , la tempérance; quelques-uns même allèrent jusqu’à un ascétisme rigoureux , dans le but de se purger
.du péché et de se dégager des liens de la matière par la contem-
plation et la pénitence.
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