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618 SIXIÈME ÉPOOUÉ,
« ‘abandonné 66 ronde ; car votre r'ils vous atténd avee les Trônes, « avec les Anges , avec les Veftus du ciel. »
« Je prie, dit Marie, qué tous les apôtwes puissent se réunir « pour ce momént:là autour dé moi, »
« Et l’ange répondit: « Aujourd’hui même, par la puissance « du Seigneur, tous les apôtres viendront vers’ vous sur les «€ nuages. » |
& Matie reprit: « Bénissez-:moi, afin que les puissances de l'enfer « ne s’opposent pas à moi quand mon âme 6ortira du corps, et « que je ne Voie pas le prire des ténèbres. »
« Les puissances de l’enfer né Vousnuiront pas, repartit l'ange, » En disant ainsi, il disparut au milieu d’une vaste splendeur, et la palme qu’il aväit apportée répandait une grande lumière,
« Alors Marie, ayant déposé les habits qu'elle portait , en prit de plus béaux; puis «elle sortit, tenant à la main la palme que l'ange lui avait apportée, et se rendit au mont des Oliviers, où elle se mit én prières. « Mon Dieu, dit-elle, je n’aurais pas été digne « de vuus recevoir dans mon sein si vous n’aviez eu pitié de moi ; « pourtant: jai veillé fidèlenent sur le trésor que vous m'’aviez « confié. Je vous prie donc, à Roi de gloire, de me protéger « contre les puissances. Si les cieux et les anges tremblent de- « vant vous, combien est plus tremblante eette faible créature « qui n’a de bon qué ce qué vous én avez mis en éllé! »
« Cette prière finie, Marie se leva, et s’en retourna chez elle.
« C'était alors vers la troisième heure , tt, dans cet instant, comme saint Jean préchait dans Éphèse, il se fit soudain un grand tremblement de terre; une nuée enveloppa l’apôtre aux yeux de tous , et le transporta dans la maison de Marie. A sa vue , la mère du Sauveur fut comblée de joie, et s’écria : « Mon fils, rappelle- « toi les paroles qui te furent adressées du haut de la croix, quand «il me recommanda à toi. Bientôt je mourrai ; or j’ai entendu « les Juifs se dire entre eux : Attendons le jour où moutra la mère « du séducteur, et nous brûlerons son corps dans les flammes. »
La légende continue en disant comment Marie expliqua ses dernières dispositions à l’apôtre, et comment apparurent, transportés sur des nuées dés contréés les plus lointaines , les autres apôtres, auxquels vinrent se joindre les chrétiens de Jérusalem et les vierges, compagnes de Marie dans sa solitude.
« Îs passèrent trois jours à se consoler les ans les autres par le récit de leurs fatigués et par des renseignements sur les progrès de la foi; mais le troisième jour, vers la troisième heure , le somimeil descendit sur tous ceux qui étaient dens ia maison , et per-
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LITTÉRATURE ECCÉÉSFASTIQUE. 649
sotine hé pit 8e tenir éveillé, ekcepté les apôtres et trois vierges, compagnes fidèles de la mère de Dieu. Alors le Seigneur apparut au milieu d’un chœur d’anges et de séraphins ; lés anges chantaient un hymne à la gloire dt Sauveur, et une grnde lumière remplissait la maison. Dans ce moment, le Seig .r Jésus parla, et dit : « Viens, ma biensaitnée, ma perle précieuse; entre dans le taber- « racle de la vie éternelle. » Marie en entendant cette voix se jeta sur la terre, adora le Seigneur, et s’écria : « Béni soit votre nom, &. à Roi de gloire, à mon Dieu, puisque vous avez daigné choisir « votre humble servante entre toutes les femmes pour opérer la « rédemption du genre humain. Moi, fanñge ét sang, je n’étais pas « digné de cet honneur; mais vous êtes venu à moi, et j’at dit : & Que votre volonté soit faite! » Ayant dit, Marie se releva, se coucha sur son lit, et rendit l’âme en murmurant des actions de grâces. Durant ce temps, lés apôtres entendaient les paroles, mais ne voyaient que lé lumière éblotissante qui remplissait la maison, et dont l’inexptimable splendeur était plus blanche que la neige, et l’emportait en éclat sut les métaux les plus brillants (4). »
(1) Noôti$ connaissons trois lettres attribuées & la vierge Marie. La première, avec celle de saint Ignace, à laquelle elle répond , est d’une époque ancienne ; mais son authenticité n’est point reconnue. La voici :
Christiferæ Mariæ suus Ignatius.
Me neophytum, Johannisque lui discipulum confortare et consolari debueras. De J'su enim tuo percepi mira diclu, el stupefactus sum ex auditu. A te autém, quæ semper ei fuisti familiaris et conjuncta, et secrelorum ejus conscia, desidero ex animo fieri certior de auditis, Scripsi tibi eliam alias, et rogavi de eisdem. Valeas , et neophyti qui mecum sunt ex teet per teet in te confortentur. Amen.
Réponse : Ignatio dilecto discipulo, humilis ancilla Christi Jesu.
De Jesu quæ a Johanne audisti et didicisti, vera sunt. Illa credas, illis inhaæreas, et chrislianitatis susceptæ volun firmiler teneas, et mores et vilam volo conformes. Veniam aulém una cum Johanne, te el qui tecum sunt visere. Sta in fide, el virililer age : nec te commovéat persecutionis austerilas, sed valeat et exultet spiritus tuus in Deo salutari tuo. Amen.
Un évéque dé Messine fit paraitre en temps de peste une lettre qu'il prétendit adressée par, Marie à la ville de Messine, et qui y est encore en grande vénération, 1! en est fait mention à une époque très-ancienne ; maïs la critique la re. jette, d'accord en celà avec la congrégatiôh de l’Index , qui réprouva le, ouvrages dans lesquels son authenticité était déclarée trop ouvértétent,
Marià Virgo, Joëchim filia, humillima Dei ancilla, Christi Jesu crucifixi mater, ex tribu Juda, stirpe David, Messanensibus omnibus salulem, et Dei patris omnipotentis benedictionem.
Vos omnes fide mayna legatos aë nuncios per publicum documentum ad nos misisse constat. Filium nostrum , Dei génilum, Deum et hominem esse
Tout ce qui se rapportait aux aïeux du Christ devait être aussi un miracle, Mille ans après le péché originel , Dieu transféra dans le jardin. d'Abraham Parbre de vié, et lui dit que de sa fleur naitrait un guerrier qui, sans la coopération « d’ une femme »., mettrait
SIXIÈME ÉrOQUE.
au monde la mère d’une vierge ue Dieu choisirait pour sa mère. .
En effet , une fille d'Abraham , en respirant les parfums de la fleur
de cet arbre, se trouva fécondée. Afin d’attester son innocence , |
elle entra dans les flammes d’un bücher, et les, tisons ‘embrasés se changèrent en roses eten lisselle donna le; jour à un fils qui devint roi et empereur, et posséda l'arbre de vie sans en connaître les propriétés. Néanmoins, comme il savait qu'il était salutaire aux malades, il en coupa un fruit en plusieurs quartiers, puis essuya le couteau contre sa cuisse. Mais, Ô merveille ! la cuisse de l’empereur Fannel grossit , et ni médecins ni chirurgiens ne savaient deviner quel était son mal, jusqu’au moment où sortit de la partie malade une jolie petite fille. Le prince ordonna aussitôt à un de ses affidés de l'emporter dans les bois et de la tuer; mais, comme il allait obéir, il en fut dissuadé par une colombe qui lui prédit que de cette jeune créature viendrait la mère de Dieu ; il la dépose donc dans un nid de cygnes, où Dieu prit soin d'elle. Élevée par une biche, elle était jeune fille à dix ans. Fannel , étant à la chasse, aperçoit la biche, la poursuit, la blesse, et découvre l'asile de la jeune fille, qui lui dit avoir été portée dans sa cuisse. Surpris et content , il l’emmène avec lui et la marie à Joachim, chevalier de son empire, et tous deux donnent le jour à Marie. Marthe, sœur de Lazare , qui préfère l’activité à la contemplation, part avec son frère ressuscité pour aller convertir les gentils. Jetée sur la côte de Marseille , elle dompte un monstre né de Léviathan et d’un onagre, et le rend docile comme nn agneau;
fatemini, et in cœlum post suam resurrectionem ascendisse, Pauli apostoli prædicatione mediante viam veritatis agnoscentes. Ob quod vos et civilatem vestram benedicimus, cujus perpetuam protectricem nos esse volumus. Anno filii nostri XLIL, AT non. Julit, luna, XVII, feria quinta, et Hierosolymis. — Maria Virgo.
Cette lettre indique par son contenu qu’elle avait été envoyée par la sainte Vierge encore vivante ; mais la tradition dn pays la fait venir du ciel,
Le moine Jérôme Savonarole reconnaissait pour authentique la lettre de Matie aux Florentins, qui est, d'une antiquité immémoriale; mais l'Église el la eritique la considèrent comme fort douteuse, ainsi que les précédentes , d'autant plus qu'il est constant que Florence ne fut appelée à la vraie foi qu'en l'an 65 de Jésus-Christ, par Paulin et Frontin, disciples de saint Pierre : Florentia, Deo ri Domino nostro Jesu Chrisloi filio meo ; el mihi dilectu. Tene fidem, insta oralionibus, roborare patientias His enim sempilernam:consequéris salutent
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comme cet animal s appelait Tarasque, Ja ile bâtie dans le voisinge ! fut appelée Tarascon.
Longin, cé centurion qui perça ‘le côté ‘de Jésus-Christ et reconnut qu'il était Vraiment le Fils de Dieu, se mit à précher sa dôètrine et sa résurréction. Un ordre venu dé Rome enjoignit à Pilaté de le poursuivre, comme désertéur ; mais Longin se fait connaître lui-même : aux soldatsqui viennent lé chercher, et, bien qu’ils refusent p par reconnaissance de son hospitalité, de lui ôter la vie, il leur persuade de lui donner Ja palme du martyre.
La pieuse femme qui essuya le visage du Christ portant sa Croix, parçourut la contrée avec son ima ge (pépuv eixôva), et opéra des conversions merveilleuses. Procula , fémme vertueuse du lâche proconsul | romain qui, par politique, avait prononcé la condamnation du Christ, après avoir cherché à détourner Pilate de cette iniquité, soutint son courage quand les miracles qui éclatèrent à la mort du Sauveur agitèrent sa conscience. Plus tard, lorsque, selon la tradition, il fut rappelé à Romé, puis envoyé en exil à Vienne en Dauphiné , Procula le suivit et parvint enfin à le convertir à la vérité.
Ainsi la pensée des chrétiens ne fermait pas même au juge qui avait condamné Jésusles trésors de la miséricorde. Judaslui-même, auquel son désespoir avait fermé la voix du repentir, trouvait quelque repos dans l'enfer; on disait que, tous les dimanches, ses peincs étaient suspendues , comme aussi de Noël à l'Épiphanie, puis de Pâques à la Pentecôte.
L'un des personnages qui figurent avec le plus d’éclat dans les traditions, surtout à partir des progrès de la chevalerie, est Joseph d’Arimathie. L'Évangile nous apprend seulement qu’il était de la tribu d'Éphraim, un des principaux citoyens de Jérusalem; qu ‘il assista au jugement du Christ, mais sans prendre part à l’inique sentence, et qu'après le supplice du Sauveur, il détacha son corps de la croix et l’ensevelit. Sur ce simple récit, la tradition broda cette histoire : « Aprèsla résurrection, Joseph abandonnasa ville natale ; inspiré par le Saint-Esprit, et alla annoncer l’Évangile aux îles occidentales; puis, lorsque saint Philippe lui a imposé les mains, il, part, et, à travers des dangers, des fatigues, il arrive en: Angleterre , convertit les habitants, fonde des églises, institué des évêques ; enfin, lorsqu'il est rappelé sur le continent, il entretient une longue correspoñdatice avec les nouveaux croyants. » .
D’autres ajoutèrent à ces faits qu'il emporla la coupe dans laquellè:le Christ consacra le vin de la dernière cène , la même où