‹ Histoire universelle [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 135 · HIST · texte numérisé non relu

HIST

Les Épitres sont de petits traités adressés aux Églises ou aux compagnons les plus zélés des apôtres avec des éloges, des censures, des avis, des exhortations et des préceptes de conduite; elles ne traitent pas un sujet unique, mais elles passent d’un objet à un autre ,; comme il est d'usage dans les lettres, et renferment. des choses qui tiennent aux affections personnelles. Pierre ne s’y montre ni littérateur, ni homme de discussion, mais le chef de la hiérarchie ; dirigeant l’Église par la puissance de l’unité. Paul, Vapôtre des nations, voit et pèse les idées des différents peuples. Jean eut en partage le troisième genre d’enseignement , celui d’un gardien des traditions , qui, du point le plus élevé, contemple le lien au moyen duquel se réunissent tous les phénomènes et toutes les idées dont se compose le mouvement de l’univers. Relégué par Domitien dans l’île de Patmos, l’une des Sporades, il eut des visions surnaturelles , que Dieu lui ordonna d’écrire et d’envoyer aux sept Églises principales d’Asie : celle d'Éphèse, pleine de persévérance , bien que sa ferveur primitive se fût attiédie; celle de Smyrne , pauvre et patiente dans l’adversité ; celle de Pergame, souillée par le voisinage du temple d’Esculape; celle de Thiatyre, pleine de fc, de charité et de résignation; celle de Sardes, qui avait besoin de remédier par la pénitence aux péchés d’un grand nombre de ses fils ; celles enfin de Philadelphie , restée ferme dans la véritable route , et de Laodicée, qui, tiède et pauvre d’esprit, se croyait parfaite parce qu’elle était exempte de certains vices matériels.

Dans ce grand drame, où il révèle mystérieusement les mystères qui se déroulent devant lui, il voit le triomphe de l’Église, ses persécutions imminentes et éloignées , ainsi que ses vicissitudes et l’union mystique de l’Agneau avec son Épouse céleste ; puis la destruction du monde, et les jouissances que Dieu réserve dans la Jérusalem éternelle à ceux qui l’auront aimé, jouissances qui seront plus parfaites alors qu’il aura renouvelé la terre et les cieux.

démonstration qui ferait du Christ un être idéal. Schleiermacher, mort en 1834, philosophe et philologue célèbre, dépouilla l’Ancien Testament des prophéties, le Nouveau des miracles , et s’ingénia à concilier ce qui restait avec la pailosophie et avec ses théories particulières sur l'humanité. S’apercevant enfin du résultat, il s’effraya tout à coup en comparant d'un côté le christianisme avec la barbarie et la superstition, de l’autre la science avec l’impiété; penché sur l’abime qu'il avait creusé , il s’écria : « Heureux nos pères, qui, étrangers encore à l’exégèse, croyaient, hommes simples et loyaux , tout ce qui leur était enseigné! L'histoire y perdait, la religion en profitait. Ce n’est pas moi qui ai ‘nventé la critique; mais, puisqu'elle a commencé l'ouvrage, il faut l’achever. Le génie de l'humanité veille sur elle, il ne lui enlèvera pas ce qu’elle a de plus précieux ; que chacun

agisse donc conformément à son devoir! »

Épitres,

Apocalypse.

Actes des apôtres.

610 MXIÈME ÉPOQUE.

L’obseurité de ce livre a donné lieu à de longs commentaires et à beaucoup d’extravagances.

Les Actes des apôtres sont un genre d’histoire nouveau , sublime dans sa simplicité, et tel qu’il convenait à des pêcheurs devenus des héros marchant à la conquête du monde, non pas en leur propre nom , mais au nom du Seigneur. Rien n’est heau comme ces récits sans colère des luttes engagées contre l’obstination juive et l’indifférence païenne : « Pendant que Paul les attendait à Athè- « nes, son esprit se spntait ému et comme irrité en lui-même en « voyant que cette ville était si attachée à l’idolâtrie. Il parlait « donc dans la synagogue avec les Juifs et ceux qui craignaient « Dieu, et tous les jours dans la place avec ceux qui s’y rencon- « traient. Il y eut aussi quelques philosophes épicuriens et stoi- « ciens qui conféraient avec lui, et les uns disaient : Que veut ce a semeur de paroles? et d’autres : Il semble proclamer de nou- « veaux démons, parce qu’il leur annonçait Jésus et la résurrec- « tion. Enfin ils le prirent et le menèrent à l’Aréopage, en lui di- « sant : Pourrians-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine « que vous publiez ? car vous nous dites de certaines choses dont « nous n'avons point encore entendu parler ; nous voudrions donc « bien connaître la vérité. En effet, tous, Athéniens et étran- « gers, ne passaient leur temps qu'à dire et entendre quelque « chose de nouveau, Paul, étant donc au milieu de l’Aréopage, « leur dit : Athéniens, il me semble qu'en toutes choses vous êtes « religieux jusqu'à l'excès ; car, ayant regardé en passant les « statues de vos dieux, j'ai trouvé même un autel sur lequel est « écrit : AU DIEU INCONNU ; c’est donc ce Dieu que vous adorez sans « le connaitre que je vous annonce. Mais, lorsqu'ils entendirent « parler de la résurrection des morts, les uns sc ? moquèrent, et « les autres dirent : Nous vous entendrons une autre fois sur ce « paint, et Paul sortit de leur assemblée. Quelques:uns néanmoins « se joignirent à lui, et embrassèrent la foi (1). »

Il est probable que, dès les premiers temps, on aura senti le besoin d'exprimer d’une manière concise les articles de foi par une formule, et peut-être on la récitait au moment de recevoir le baptème ; mais, bien qu’on ne soit pas fondé à dire que les apôtres aient composé entre eux un symbole avant d’aller convertir le monde, il est vraisemblable qu'on ajouta successivement quelques articles à la formule baptismale, à mesure qu’une hérésie nouvelle le rendait nécessaire. D'ailleurs, l’histoire constate que

(1) Ch. XVI, 16 à 23, 23 à 32.

ce qu’on ditions s

générale conserve Un gr temps p:

tellemen les auten Constitu du troisil ecclésias hérésies | Herma par la ré visé en :

temps, ce il, une fe sœur, et] pouvait | fut transf il vit s’ou qu’elle l':

accès, et effrayé e rait jama était imp âge ayant motif de pénétrer était irrit prendre, de lui ren en ses m4 homme n « quelel « infinie, « beauté « plaça | « bénit. | « mers, :

« messes « lois ave

ins

par DÔtel-

PSIE que

LITTÉRATUEF, HCGLÉSIASTIQUE, 614

ce qu’on appelle le Symbole des aptres se compléta par des additians successives, et, dans le fait, ilest conçu d’une manière si générale que même les dissidents les plus pranoncés peuvent le conserver.

Un grand nombre d’épitres furent écrites dans ces premiers temps par Judas, Barnabas, Ignace, Denys, et par Clément, alors tellement vénéré, qu’on lui attribuait toutes les œuvres dont les auteurs étaient inconnus. La même forme se retrouve dans les Constitutions apostoliques, attribuées à nn prêtre syrien de la fin du troisième siècle , lequel y expose les devoirs des laïques et des ecclésiastiques, le culte et la doctrine religieuse qu’il oppose aux hérésies de son temps; on y ajouta plus tard les livres VIT et VIII.

Hermas, contemporain des apôtres, apprit beaucoup de vérités par la révélation , et les consigna dans son livre du Pasteur, divisé en visions, préceptes, similitudes ; ce livre tut, durant un temps, considéré comme canonique, Il trouva à Rome, raconte-til, une femme que, dès son enfance, il avait aimée comme une sœur, et il lui sembla qu’il atteindrait au comble de la féliçité s’il pouvait la posséder. Ses yeux s’étant fermés sur cette pensée, il fut transporté en esprit dans un lieu désert; là, tandis qu’il priait, il vit s'ouvrir les cieux, d’où le salua la femme désirée, qui lui dit qu’elle l’accusait près de Dieu du désir auquel son cœur avait livré accès, et qu’il devait prier afin que ce péché lui füt remis. Hermas, effrayé et ne sachant à qnoi s’arrêter, songeait comment il pourrait jamais échapper au courroux de Dieu , si un simple désir lui était imputé à crime , quand se présente à lui une femme d’un âge avancé, revêtue de lumière , qui, lorsqu'elle est instruite du motif de son anxiété, lui explique que nul mauvais désir ne doit pénétrer dans le eœur d’un serviteur de Dieu; que le Seigneur était irrité contre lui parce qu’il avait souffert, sans les en reprendre, certaines violences de la part de ses enfants. Puis, afin de lui rendre du courage, elle lui lut dans un livre qu’en tenait en ses mains des choses plus grandes et plus merveilleuses qu’un homme ne peut en comprendre, et qui finissaient ainsi : « Voilà « que le Dieu des armées, par sa puissance invisible et sa sagesse « infinie, eréa l'univers ; par son glorieux conseil, il entoura de « beauté ses créatures, et par la force de sa parole il fit le ciel, « plaça la terre sur les eaux et constitua sa sainte Église, qu’il « bénit. Il transportera les cieux , les montagnes, les collines, les « mers, et toute chose sera pleine de ses élus, afin que ses pro- « messes s’acomplissent en eux, après qu’ils auront observé ses « lois avec respect et joie. »

te

Hermas,

Faux évangiles,

Puis cette femme, qui était l'Église , disparut en lui disant : Prends courage, Hermas! c’est là première vision. Trois autres suivirent celle-ci, et il les raconte avec une Simplicité de style afiectueusc. Dans la seconde et la troisième, il s’entretient, avec son ange gardien, des vérités éternellés, des règles de la morale et des progrès de l’Église.

L'Évangile et les Actes dés apôtres, racontant dhidubtent ce qui est relatif à la doctrine, laissaient à la curiosité une foule de questions à faire, comme il est d’usage lorsqu'il s’agit de personnes remarquables, révéréés ou chéries. Quelques chrétiens se mirent donc, pour satisfaire cette curiosité, à composer des récits concernant la vie du Christ, en recueillant les choses altérées par la tradition, et en ajoutant des circonstances de leur mvention. Telle

est l’origine des évangiles apocryphes , qui, bien qu’ils ne soient

pas offerts à la foi du croyant et'ne supportent pas examen de la critique, sont ceper dant des modèles de naïveté qui contrastent singulièrement avec l’ancienne littérature, surtout à l’époque del: décadence.

Parmi les divers écrits attribués au Christ , celui qui se fait le plus remarquer par sa simplicité est la lettre adressée à Abgar, roi d’Édesse, qui avait eu recours à lui dans une grave maladie, en l'invitant à se rendre dans ses États, où il trouverait honneurs et protection (4). Jésus lui répondit qu’il ne pouvait changer sa mis-

(1) Exemplar epistolæ ab rege Abgaro vel toparcha ad Jesum, et missæ Hierosolymam per Ananiam cursorem :

Abgarus, Uchaniæ filius, toparcha, Jesu salvatori bono qui apparuit in locis Hierosolymorum , salutem. — Auditum mihi est de te et de sanitatibus quas facis, quod sine medicamentis et herbis fiant ista per Le, et quod verbo tantum cæcos facis videre, et claudos ambulare, et leprosos mundas, et immundos spiritus ac dæmones ejicis, et eos qui longis ægritudinibus af- Jüctantur curas et sanas, el mortuos quoque suscitas. Quibus omhnibus auditis dete, stalui in animo meo unum esse e duobus, aut quia tu sis Deus et descenderis de cœlo ut hæc facias, aut quad Filius Dei sis qui hxc Jacis. Proplerea ergo scribens rogaverim te ut digneris usque ad me fatigari; et ægriludinem meam, qua jamdiu laboro, curare. Num et illud comperi, quod Judæi murmurant adversum te, et volunt tibi insidiari. Est autem civilas mea parva quidem, sed honesta, quæ sufficiat utrisque.

Exemplum rescripti ab Jesu per Ananiam cursorem àd Abgarum toparcham :

Beatus es qui credidisti me, cum ipse me non videris. Scriptum est enim de me quia hi qui me vident non credunt in me, el qui non vident me ipsi credent et vivent. De eo autem quod seripsish mihi ul veniäm ad te, oportet me omnia propler quæ missus sum huc explere ; et posteagiam complevero, recipi ad eum a quo missus sum. Cum ergo fuëro assumptus, mitlam tibi aliquem ex discipulis meis v' curet ægritudinem luam, et vitam tibi atque

his dnnaims naiss ns

QUE qi técuTe SUnÉ Prœstet,

sion, m Lhistor

desse (1

Ont écrit à 1 mière e que le f été repr fois, du main (2 ficulté,

grec, q Vienne, roc ITovr:

(1) His:

(2) Luc (3) — P bavi, Jua nisse, Der mitleret se promis in Judæa minasse, Jfugasse, :

dibus sup dæorum e cipes Judi de eo me eorum ag bitrio eor vunt. Il cantum a et diceren cum acce) et illum s cepisse. H mendaciis Pilatus tremis me et subitice rum nulle populi. co phetis et cifixere, s univers } el vilæ co

TRAAULIRLLELLZ 1

Jortasse a

fran ficeim

LITTÉRATURE ECGLÉSIASTIQUE, 613

sion, mais qu’ après sa mort. il ui. enverrdit un de ses apôtres. L'historien Eusèbe dit avoir tiré ces lettres des archives d'Édesse (1). .

On trouve Lol les “écrits apocryphes deux lettres que Pilate écrit à l’empereur pour l’informer de la mort du Christ, La première est tirée de l’Anacephalæosis, c’est-à-dire des cinq livres que le faux Hégésippe écrivit sut la ruine de Jérusalem; elle a été. reproduite plusieurs fois. La seconde parut pour la première fois, du moins que nous sachions, dans l’ancien martyrologe romain (2). Elles sont adressées à Claudius , ce qui ne fait pas difficulté, puisque Tibère était de la famille Claudia. Le manuscrit grec, qui, d’après Lambécius, existe dans. la bibliothèque de Vienne, porte : Kpuriorw cebaouly poGepéi Oetorärw Adyoüorw TÜxm0 Fovrioç 6 tv dvarohx nv Gtenüiv (3).

(1) Hist. Eccl, 1, 13. L

(2) Lucques, 1668, page 113.

(3) — Pontius Pilatus Claudio salutem. Naper accidit , et quôd ipse probavi, Judæos ner invidiam se suosque pasteros crudeli condemnatione punisse, Denique cum promiss." haberent patres eorum quod illis Deus eorum mitleret de cœlo sanctum suun: qui eorum rex merilo diceretur, et hunc se promiserit per virginem missurur: ad terras : istum ilaque , me præside, in Judæam Deus Hebræorum cum musi<set, et vidissent eum cæcos illuminasse, leprosos mundasse, paralyticos curasse, dæmones ab hominibus Jfugasse, mortuos eliam suscitasse, imperasse ventis, ambulasse siccis pe= dibus super undas maris, et multa alia fecisse, cum omnis populus Judæorum eum filium Dei esse diceret , invidiam contra eum passi sunt principes Judæorum, et tenuerunt eum, mihique tradiderunt , et alia pro aliis de eo mentientes dixerunt, asserentes eum magum esse et contra legem eorum agere. Ego autem credidi ita esse, et flagellatum tradidi illum arbitrio eorum, Illi autem crucifixerunt eum, et sepulla custodes adhibuerunt. Ille autem militibus meis custodientibus , die tertia resurrexil ; in cantum autem exarsil nequilia Judæorum, ut darent pecuniam custodibus et dicerent : « Dicile quia discipuli ejus carpus ipsius rapuerunt. » Sed cum accepissent pecuniam, quod factum fuerat tacere non potuerunt : nam et illum surrexisse lestati sunt se vidisse, et se a Judæis pecuniam accepisse. Hxc idea ingessi, ne quis aliler mentiatur, et æslimet credendum mendaciis Judæorum.

Pilatus Tiberio Cæsari salulem. De Jesu Christo quem tibi plane postremis meis declaraveram, nulu tandem populi, acerbum , me quasi invilo et subiicente, supplicium sumptum est. Virum, hercle ! ila pium ac sincerum nulla unquam ætas habuit, nec habitura est. Sed mirus exstitit ipsius populi conatus, omniumque scribarum et seniorum consensus, suis prophetis et more nostro sibyllis præmonentibus; hunc veritatis legatum crucifixere, signis etiam super naluram apparentibus, dum penderet, et orbi universo philosophorum lapsum minantibus. Vigent illius discipuli, opere et vitæ continentia magistrum non mentientes, imo in ejus nomine bene- Acentissimi, Nisi ergo sedilionem poputs prop &siuantem pértuimissém,

fortasse adhuc nobis ille vir viveret. Etsi tuæ magis dignitatis fide compulsus

ne Di à eo TT = a = EE :

rar - me TS ré RER e: er:

ra

À runs

Les äctés de Pilâte sont mentionnés dans les prérniérs apologistes; mais éeux qui existent encore ne peuvent êtré considérés comme authentiques. La Bibliothèque impériale de Paris en possèdé üuné copié ; uné aütre a été conservée par Fabricius (4).

L'Évangilé de l'enfance du Christ est ut amas de miracles opérés par le Rédempteur encore enfant, miraclés qui, s’ils étaient vrais, enlèveraient à la prodigieuse diffusion de la vérité son caractère merveilleux ; il ne resterait plus alofs à s’étontiér que d’une chôsé, c'est que le Messie, venu parmi lés siens , n’ettt pas été recontiu d’éux (2) : « Joseph, y est-il raconté, s’én allait par la « ville et emmenait avec lui Jéses, Notre-Seigneur, qaañd il était « appelé pour des ouvrages de sa profession (3), c’est-à-dire pour « fairé des seaux , des cribles, dès portes ou des caisses; lorsque « certains objets se trouvaient trop longs ou trop courts, trop « larges ou trop étroits, le Seigneur Jésus, en y mettant la main, « les faisait aller ainsi qu’il fallait. Un jour, il fut appelé par le roi « de Jérusalem : Je veux, Joseph, que tu me fasses un trône pour « m'asseoir. Joseph chéit, et, s'étant mis aussitôt à l’ouvrage, & resta deux ans dans je palais, jusqu’à ce qu'il eût conduit la be- « Sogne à sa fin; mais, quand il mit le trône en place, voilà qu’il « avait de chaque côté deux empans de moins que la mesure re- « quise ; ce dont le roi se courrouça grandement , et Joseph, re- « doutant son inécontentement, se coucha sans souper. Le Sei- « gneur Jésus lui demandant alors le sujet de son inquiétude : « C’est, réponditJoseph, que j'ai perdu le fruit des labeurs de deux « années entières. Ce à quoi le Seigneur Jésus repartit : Prends « couräge, ne te laisse pas abattre; tu prendras un côlé de ce « trône, mot l'autre, et nous le tirerons à la juste mesure. Et Jo- « seph ayant fait selon qu'avait dit le Seigneur Jésus, et chacun

« tirant de son côté, le trône obéit, et fut amené à la mesure pré-

quam roluntaie med adductus, pro vtribus nôn restilirim sanguinim justum tolius accusationis immunèm, verum hominum malignitate inique in corum famam, ut Scripturæ interpretantur, exilium pati el venundari. Vale. Quarto nonas aprilis, —

(1) Côdèx apocryphus Novi Testamenti; Hambourg, 1709.

(2) Cés prôdiges sont d'atlleuts lorméllement démentis pur saint Jean, quand il dit qüé lé premier miracle du Christ fut fait aux nocès de Cana,

(3) Dahs l'Évangile dé saint Mare, VI, 3, le Christ ést appélé charpentier, 6 réxrwv, bien qu'on lisé dans quelques manuscrits Le fils du charpentier, à toÙ rézrovns, comine dans saint Matthieu, XII, 56. Saint Justin, martyr, rapporte que l’on avait des charrues, des jongs et autres rexrovexd Epya, dé la main de Jésus-Christ ( Dial, avec Tryphon); et Libanius ayant demandé à an chré-

ali ni sinnnalit 11 tien te que faltait le Ale Qu charnention, 4 +55 4éarévcs, Colui-0i répones s 2e

fait té cérctetl de Julien. (Tiéononer, Hist., TI, 93.)

« cise, « surp Au niaises tendre, plaintes mètre d un nid en pe fécond:

à cese gneur ( Mari pardon la sœu compa!

rent su retirée térité’ Les du trine du taines f certain:

nartrate gélise € pénètre saint B:

même ( sous té!

dans |’ propre combat Tibère

(2) Ko émoincs | «pe, # « Onvs € « vd C « mois Ÿ « pou « ad6y

6lorés DOS -

cles tient 1 CA:

une S été ar la était our sque trop ain, e roi Dour age, à bequ’il > r'ere- Seiide :

leua:

ends le ce t Joicun

pré-

jusque nun-

uand

atier, er, à rapmain hré- : Jl

LITTÉRATURE EUCLÉSIASTIQUE. 615

« eise, À la vue de ce prodige, les assistants furent frappés de « surprise, et louèrent le Seigneur (1), »

Au milieu de ces puérilités, de miracles inutiles et de réflexions niaises, on rencontre pourtant des pages remplies d’un séntimént tendre, inconnu à la littérature classique. On croirait entendre les plaintes de Sakountala, dans ce passage du Protévangile où Anne, mère de Marie, désolée de sa stérilité, aperçoit, en levant les yeux, un nid de passereaux dans les branches d’un laurier ; elle gémit en pensant qu’elle ne peut se comparer à ces oiseaux, qui sont féconds devant le Seigneur, ni aux animaux terrestres, ni même à ces eaux, à cette terre, qui ont leur fécondité et louent le Seigneur (2).

Marie de Magdalum , la pécheresse à laquelle il fut beaucoup pardonné parce qu'elle avait heaucoup aimé, a été confondue avec la sœur de Lazare et de Marthe, comme aussi avec celle qui accompagna la Vierge mère sur le Calvaire; comme ses erreurs furent suivies d’une grande expiation, on raconta qu'elle s'était retirée lrovence dans une grotte, pour se livrer à toutes les austérité” : : :.. votions que pouvait lui suggérer son amour pénitent. Les duuée apôtres, témoins des douleurs et dépositaires de la doctrine du Christ, s'étant dispersés dans les contrées les plus lointaines pour prêcher, sans que l’on eût sur eux de renseignements certains, avaient ouvert un vaste champ à l'imagination des pieux narrateurs. Saint André parcourt la haute Asie ; saint Paul évangélise des villes pléines d'étudiants et de rhéteurs ; saint Matthieu pénètre jusque chez les Éthiopiens, saint Philippe chez les Scythes, saint Barthélemy dans les Indes, plus loin qu’Alexandré. Au sein même de l'empire, la foi s’introduisait dans le palais des Césars et sous és hattes des esclaves ; elle triomphait dans le Sanhédrin et dans l’Atéopage. Paul , le docteur des nations travaille de ses propres mains pour subsister ; Pierre , le pêcheur, vient à Rome combattre un sophiste et un tyfan; il établit à côté du palais de Tibère la chaire future de ses successeurs (3).

(1) Evangelium infantiæ, XXXIIT, 29.

(2) Kai hrévigev els rôv odpavdv, ai elde uadlav otpoubiuv ëv cÿ Gdpvn, uai émoinas Ophvov dv ét Aéyouaa: « OÙ por, risque Éyévvnas, noïa Ôè uhtpa ékéguaé «pe, re dy wadapa dyevvhônv évwmio muv vid “oparà 3... OÙ por, rive buorw- « Onvs où buoubônv dyw vois Onplous Ths vhs, Ote aûra Ta Ofpia The vhs Yo- « vd date Évewntév aœov, Küpue. OÙ pue, tive uownv éy ; oùx poubünv ya « œoig Vôuar rourous, br aûva ra Uura yévuax elaiv évwniév aou, Kupue... OÙy « pouünv yo th y} Tarn, bre al À YA npompépur tobs waprnobç athç, mai « déve as, Kôoa. » (Protevangelium Jacobi, c. 111),

(3) Voy. Asbta, Historia certaminis apostolici. C'est peut-être un recueil

Re

en

AS LINE MAN ET EL ve viser

D di men 2 FT A A

he ce Mn

es nd

2 asp te D RE PR © bc 27 io az:

ae = ne rap enEe ” chats pu TE “i

Quel vaste champ ouvert aux imaginations pieuses , qui le parcouraient avee d'autant plus de liberté que la:vie de chacun avait été moins mêlée aux événements authentiques de PÉvangilé (1)!

Les Juifs s’occupèrent beaucoup de Marie, qui, dans le Talmud,

est plusieurs fois appelée coiffense de femmes. Dans deux histoires du. Ch. st, composées par les Juifs avec: le titre de Sepher toledoth Jeschu: (livre des générations de Jésus) , Joseph Pander, de Béthléem s’éprend d’une jeune coiffeuse nommée Mirjan, femme de Johanan, et, l’ayant surprise, il en abuse comme étant son mari; elle met au jour un enfant appelé Jeschua, qui, élevé à Elcanan, fait des progrès dans les lettres. Un jour, tandis que plusieurs vieillards étaient assis à la porte, ils virent passer devant eux deux enfants, dont l’un se découvrit , et l’autre resta la tête couverte. Éliézer traita de bâtard celui qui, grossièrement et contre les bonnes coutumes, était resté la tête couverte ; ilialla donc vers la mère de cet enfant, qu’il trouva sur. la place, occupée à vendre des légumes, et Rà il apprit que c’était non-seulement un bâtard, mais le fils d’une prostituée. Les vieillards firent alors publier au son de trois cents trompettes que Jeschua était de naissance impure; il s’enfuit donc en Galilée, revient à Jérusalem, s’introduit dans le temple, apprend et dérobe le nom de Dieu, qu’il inscrit sur un parchemin ; puis, sans douleur, il fait à une de ses cuisses une ouverture, dans laquelle il cache la feuille de parchemin. Avec le nom ineffable de Schemhamephoras , il accomplit d'innombrables prodiges. Condamné à mort par le sanhédrin. il est couronné d’épines, flagellé et lapidé ; on voulait le pendre à un gibet, mais tous les gibets se rompirent parce qu'il les avait enchantés. Les sages alièrent chercher un grand chou, auquel ils le pendirent, parce que celte plante est herbe et non bois. Telles sont les misérables histoires que les Juifs opposaient à la majesté simple du récit évangélique.

Il nous reste le très-ancien livre de la Mort de lavierge Marie (A),

des plus anciennes traditions concernant les apôtres. Voy. aussi Em. GRARE, Spicilegium Patrum primi sæouli ; Oxtord, 1698.

(1) De Transitu beatæ Mariæ Virginis. 11 a été réimprimé récemment à E ‘ris dans le tome II de la Bibliothèque des Pères, p. 163. Trente-neuf évangiles ont été rejetés comme apocryphes : 1° l’evangile selon tes Hébreux; 2° l'évangile selor les Nazuréens ; 3° celui dés düuze apôtres ; 4° l'évangile dé saint Pierre, qui est celui de saint Matthieu altéré par des chrétiens judaïsants ; 5° l'évangile des Égyptiens ; 6° les trois évangiles de la naissance de la sainte Vierge; 7° celui de saint Jacques, en grec eten latin, attribué à saint Jacques lé Mineur ; 8° l'évangile de l'enfance de Jésus, en arabe et en grec, rempli de miracles opérés par le Rédempteur avant l’âge de douze ans; 9° l'évangile de saint Themes, sembiadie au précédent ; 10° l’évangile de Nicodème, en ‘hébreu, écrit assez

PM ee NTI

qui; bi epocryf puisé lé du Sat après la part ide rents at médita joindre

« Or rection écarté d réunirai vêtéme « Ô vie « venu

cappo « ‘devar

tard par | vangile ét stituer ‘at 129 l'évan pape Gél Ébionites 21° de M reil au pr des gnost Jean, ot les carpo de Simo les proph de Thadd vivant, 0 ynostique d'une mc une mes:

en 1582 de la vé d'Hésyc on.

saint Th correspo On. peu menti, (p. 346 C. Ta

LITTÉRATURE ECGLÉSIASTIQUE. 617

qui; bi a que relégué par ile pape Gélase au nombre des écrits epocryphes, est la source où: les prédicateurs etiles artistes ont puisé lés détails de la mort terrestre :et de l'assomption de la mère du Sauveur. Selon cette narration, Marie, remplie d’humilité après la consommation du grand mystère où elle avait eu sa large part de souffrances , se retira solitaire- dans la maison de ses.parents au pied du mont des Oliviers, et consacra à la prière et à la méditation les jours qu'elle devait passer sur la terre avant de rejoindre son divin Fils,

« Or voici ce qui arriva la vingt- deuxième année après la résurrection du Christ : Marie était retirée un'jour dans l’endroit le plus écarté de sa maison ; et pleurait en attendant le moment qui la réunirait à son fils bien-aimé. Un ange lui apparut, revêtu d’un vêtement de lumière , et , se tenant devant elle , lui dit : « Salut, « Ô vierge bénie du ciel ; recevez la salutation. de celui qui est « venu donner le salut aux patriarches et aux prophètes. Je vous «apporte du ciel cette branche de palmier; vous la ferez porter « devant votre cercueil lorsque, dans trois jours, votre âme aura

tard par les Anglais, qui prétendent que Nicodème leur apporta la foi; 11° l'Évangile éternel, ouvrage d’un moine du treizième siècle, qui prétendait le snbstituer au véritable, comme le véritable Évangile l'avait été à l’ancienne loi; 12° l'évangile de saint André, et 13° celui de saint Barthélemy, condamnés par le pape Gélase; 14° ceux d'Apelles ; 15° de Basilide; 16° de Cérinthe; 17° des Ébionites ; 18° des Eucratistes on continents; 19° d'Ève ; 20° des gnostiques ; 21° de Marcion , qui n’est ‘que celui de saint Luc altéré ; 22° de saint Paul, pareil au précédent ; 23° lés petites et les grandes interrogations de Marie, ouvrage des gnostiques ; 24° le livre de la naissance du Christ; 25° l'évangile de saint Jean, ou de la mort de la nierge Marie; 20° celui de Mathias , composé par les carpocratiens ; 27° l'évangile de la perfection, écrit par les gnostiques ; 28° celui de Simonicus, composé par les disciples de Simon le Magicien pour réfuter les prophètes et nier la création ; 29° celui de Tatien; 30° celui des Syriens; 31° celni

de Thaddée ou de Juda; 32° celui des valentiniens ; 33° l'évangile de vie, ou du Dieu

vivant, ouvrage des manichéens ; 34° celui de Philippe, aussi des manichéens ou des gnostiques; 35° celui de saint Jacques le Majeur, trouvé en 1595 au sommet d'une montagne près de Grenade, en, dix-buit livres sur feuilles de plomb, avec une messe des apôtres et une histoire évangélique, condamné par Innocent XI en 1582; 36° l’évangile de Judas Iscariote, composé par les caïnites ; 37° celui de la vérité par Jes, valentiniens ; 38° et ceux de Lucius, de Lucien, de Séleucvs, d'Hésychius, etc., qui se ressemblent,

On. publia, aussi les, actes de Pierre et de Paul, ceux de sainte Thècle, de saint Thomas, de. saint André et de saint Philippe; les canons des apôtres, la correspondangs. de saint Paul avec Sénèque, celle du roi Abgar avec Jésus-Christ. On. peut consulter JEAN+ALBERT FABRGIUS, Codex apocryphus Novi Testamenti, Hambourg, 1703, qui fait. mention de cinquante évangiles apocryphes (p. 346)5et mieux encore la Nouvelle collection des apocryphes, faite par C. Tiuion, professeur à Halle ; Leipsig, 1832.

Page 1