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L'élément atistocrtiquie et immobile de l'Orient céssa de lutter avec l’élément populaire et progressif de l'Occident ; l’unet Pautre se mirent au sérvice de l’unité monarchique ; non pour s'y r'aviver
tour à tour, mais pour languir ensemblé sous l'influence perni-
cieuse de la force: La dévotion que Rome portait anciennement à l’État s’est maintenant reportée sur l’empereur ; les lois de lèsemaiceté. protégent le monarque divinisé, comme jadis elles sauvegardaient les magistrats populaires ; ei la légalité logiqué a-substitué à l’aveugle amour dela patrie l’aveugle obéissance au despote, qui tient tous les individus sous le joug. La loi Julia déclare coupable de parjure et de trahison quiconque fond les statues des empereurs ; ou fait quoi que ce soit de semblable (1). Quel champ ouvert à la plus terrible des accusations ! Il fallut un sénatus-consulte pour déclarer qu’il n’y avait point crime de lèse-majésté à détruire les simulacres d’empereurs réprouvés, et les rescrits de Sévère et d’Antonin pour absoudre ceux qui en veiidaient de non consacrés , ou qui , par hasard , les atteisnaient d’une pierre (2). Le jurisconsulte Paul poursuit comme criminel d’État un juge qui avait prononcé en sens contraire des ordres de l’empereur ; Faustinien , ayant juré par la vie du prince de ne jamais pardonner à son esclave, se croit obligé de persévérer dans sa colère pour ne pas encourir l’acusation de lèse-majeste (3).
Les bons princes tempéraient cette rigueur insensée, et les mauvais en faisaient un instrument de vengeances , de cruautés, de rapines ; au moyen de la race infâme des espions, ils répandaient parmi le peuple la pire des corruptions, celle qui fait soup çonner un ennemi dans le frère qui vient s’asseoir à notre table.
Un empereur,appuyé de tels moyens, peuttout ce qu’il veut; et si le hasard de la naissance , le caprice de l’armée ou la vanité d’une assemblée mettent un monstre sur le trône du monde, il répandra d’autant plus sa propre corruption qu’il dominera les autres de plus haut. Si, au contraire, la fraction peu nombreuse des gens de bien, d'accord avec la secte stoïque , désireuse d’arracher l'empire à la force brutale, parvient à mettre à sa tête des princes d’une grande
(1) Aliudve quid simile admiserint, Dig. 1. VI, ad leg. Jul. maj.
(2) L. VI, 1, V, 2, ff, ad. leg. Jul. maj.
(3) Mais Alexandre répondit : Tu me connais {trop mal, Cod Theod., 1, 2, ad leg. Jul, maj.
vertu, ceux-ci laisseront une mémoire éternellement bénie, en soulageant les maux des personnes le plus rapprochées d’eux. Mais il devront aussi seconder les inclinations perverses d’une société matérielle, dans laquelle l'esprit n’a plus de place; où les habitudes d’un pouvoir effréné se sont naturalisées au point dene plus laisser distinguer la justice et de faire taire la voix de humanité; où toutes. les classes, désunies et découragées, se poussent tour à tour dans un abîme inévitable, Le pieux Trajan laisse à la discré-
tion d’un proconsul le soin de décider s’il doit torturer, tuer ou
épargner une, multitude de gens qu’il reconnaît innocents. Sous le philusophe Marc-Aurèle, on fait paraître dans le cirque un lion élevé à manger des hommes de si bonne grâce , que le peuple demande à grands cris que l’empereur lui donne la liberté (1).
A chaque instant, des conspirations à la cour ou dans l’armée font sentir les défauts de cetie constitution dans laquelle un prince, proclamé supérieur à la loi, est élevé et abattu comme un jouet d'enfant. Et ce ne sont pas là de ces révolutions où la soriété avance au milieu du sang comme le vaisseau dans la tempête, mais des factions auxquelles ne prennent part qu'un petit nombre d'individus, sans profit pour la multitude, n’enfantant ni liberté ni expérience, et tuant le tyran pour affermir la tyrannie.
Du moment où la vie publique est concentrée dans le cabinet de l’empereur, il ne reste plus qu’à étudier le droit civil, qu’à exercer l’éloquence et les habitudes légales dans de misérables discussions d'intérêts privés. La noblesse antique a péri dans les proscriotions dictatoriales, dans les guerres civiles et les supplices impériaux. La noblesse nouvelle, qui n’a ni traditions à garder ni priviléges à maintenir, se presse autour du prince pour exercer une part de sa tyrannie, et profiter à la hâte d’une proie qui ne tardera point à !ui échapper. Toute affection est éteinte pour une patrie qui ne procure plus à ses fils ni grandeur ni dignité ; chacun s’occupe de soi, et songe , à l’aide des spéculations d’une avidité mercenaire, à exploiter les malheurs publics pour arriver aux honneurs , aux plaisirs, au pouvoir et à la richesse , qui procure tout.
L'ambition et la cupidité gouvernent donc le monde, et un égoïsme avare rend les hommes inhumains, féroces. Celui qui conserve encore le sentiment de ce qui est noble et juste, gémit sur tant de maux, et, les voyant irréparables, abandonne la so-
(1) Di10N.
654 SIXTÈMA ÉHOQUE.
ciété aux fripons et aüx ambitieux. 11 s’arié dé mépris où s’envirofne d’austères vértus qui n’ont plus rieéti dé chäritable ; ou bien il s’étourdit tù sein des vo! ptés , qui, à cette époque , dépassèrent toute mesure; ou enfin, se livrant à là supetstition , il interrog un destin qu’il redoute ét ne sautaïit éviter. :
Le peüple, ignorant et opptimé , se téjouit, non d’avoir perdu sa liberté, mais de voit la füiné de se$ anciens oppresseurs ; craignant de perdre de qu’il në possède pas, ävide d’un avenir qu’il ñe connâît ni n’espère, il sé complaît à accroître le nombre des misères, à demander que les chrétiens Soient donnés en pàture aux lions , où que les tyrans qu’il adoräit la veille soient jetés dans le Tibre.
Il n’est dont plus dé pitié pour les faiblés, plus de soumission envets les puissants , plus d’ümour pouf l’ordre sbcial, plus de dignité de caractère, plus de réspeët pour là Divinité: une corruption savante, tine philosophie verbeuse, utié littérature sans imagination, pativre de raison, ne säthant plüs que commenter ce qui s’est fait autrefois et s’enigäger dahs des discussions sans fin, comme c?s vieillarfs fevénant sans Cesse sur lé passé quand ils ont perdu le sentitnent du présent , Voilà ce qui frappe l’observateur. L'Orient troublait cette société décrépite par $es doctrines théoriques, aliment tardif de croyances défaillantes; aussi le merveilleux et l'incroyable sont-ils devenus l’ordre naturel et la réalité.
Mais, au moment où le mal naraissait irrémédiablé. * monie, la sagesse, la beauté, la moralité, sortent de la ci 4ère de Bethléem , et un esprit d'humanité s’£panche aü dehors, en même temps que se propage au-dédans uné pütelé inaccoutumée de croyances et de mœurs. Il nos était impossible d'accompagner l'humanité dans les pas qu’elle fait sur se voie, sans insister longuement sur le christianisme, élément houveau et fondamental de la société. Comme révélation, il apaise les esprits dans une vérité dont Dieu même est garant; comme réparation, il montre à l’homme la cause de ses égarements et l’uniqué moyen de se relever de son abjection; commé religion , il réalise la grâce, il institue les sacrements, il divinise le sacrifice , et, à un culte sans morale , il en substitue un d’une piété immaculée.
Sous le double rapport de manifestation de vérités incompréhensibles et de culte religieux, deux prérogatives de l’Église, qui sont d’origine sufhaturelle, cortespondent au christianisme , l'infaillibilité et le pouvoir de lier et de délier. Cette Église, association des hommes avec Dieu , dut, pour conserver le dépôt de
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tritooté. 655
la révélation , organiser la religion en société ayant ses lois, un . |
fus gouVétnement, des institutions ; mais, au lieu de se limiter, comme | ! rent à les puissäncés temporelles, elle düt embrasser le monde entier | | rrOge ;. dans l’unité dé l'espèce humaine , pour diriger l’üniversalité vers | : 1 un but moral. \h étdu : De là, là Hérarchle , aveé un pontife et sa suprématie d'hon- A té | à neur et de juridiction , avéë des évêques disséminés partout et se |f vent râttachant au chef, avec des prêtres rendant l’âäutorité fécande et Ch bte active par l'enseignement , les éonéolations ; les espérances. En ll 1 ph- éxcluänt tout dfoit héréditaire , en imposant l'héroïsrne du célibat |l étés êt la perfection dé la vie, le gouvernement ecclésiastique fut as- | + suré contre lé danger de tombet dans l’abîme de corruption où se |} sstôh précipitèrent les toÿaumes temporëls ; il conserva pure, même 1h LÉ de 4 dans sa réalisation extérieure, la parole divine. \f éch. ‘à L'Église n’est pas néanmoins un État dans l'État, et le bâton E baiik pastoral në fait point obstatle à l’épée; maïs il en est des deux | { sitér pouvoirs dans là société comme de la nature et de la révélation j th kdnis de l'élément spirituel et de la condition corporelle qui existent si- ù ind ultanément däts l’homme : indépendants lun de l’autre dans | dé. leurs attributions, ils sont ramenés à Punité, uon pas eñ envahis- ï nés sant tour à tout en sèns opposé, comrhe ils firent au moyen âge et ile de hnôs jours, mais eti conservant l’harmonie entre eux.
a et Comme il n’y avait eu d’abord entre ces éléments qu’un contrat commu , uné simple agglomération, Rome avait cherché à les
ui réunit et à n’en faire qu’un système unique. Elle obtint la réunion
dé par la forcé ; mais, après plus d’une épreuve , elle ne put parvehé nir à systématiser celte œuvre , parce qu’elle manquait elle-même Fa k d'unité religieuse. Le christianistne venait pour l'accomplir ; mais, sa comme la société avait déjà commencé à se décomposer, il dut on employer treize siècles d'efforts pour reconstruire les nations. ntal Néanmoins, dans cette tentative nouvelle , il devait nécessairement ube de vaciller, afin d’arriver au point où la nation chrétienne füt la plus te civilisée, sans que son unité détruisit les nationalités particulières, re les provinces, les communes; d'autant plus qu’il fallait obtenir il que le pouvoir qui commande au corps, n’eût aucune action sur ahé l'intelligence.
A l'égard de la doctrine, le christianisme fut le point où les Lé. vérités partielles et fragmentaires du monde oriental et occidental be, vinrent se fondte dans uné vérité plus claire, plus pure et plus 6, complète ; il se des dogmés supérieurs qui tendent au même | ue but que la philosophie; car, si celle-ci veut viser à ce qui est de
nécessité, et non accidentel, elle doit proposer pour but aux ac-
tions et aux connaissances le perfectionnement de l’homme moral, par l'usage légitime de ses facultés. Or le christianisme , Qui enseigne précisément ce qu’il importe de connaitre, d’aimer et de pratiquer, conduit puissamment à la civilisation, c’est-à-dire à l'exercice légitime des facultés rationnelles.
Nous avons toujours vu les religions influer d’abord au plus haut degré sur la civilisation des nations, puis, après l'avoir portée à une certaine hauteur, l’arrêter, la pousser, même à déchoir. Au contraire, la civilisation moderne , assise sur le dogme catholique de l égalité des âmes, c’est-à-dire de l’unité d’origine, de rédemption, de fin, n’a plus rétrogradé. Cette différence provient de ce que les religions aident au progrès en proportion des vérités qu’elles révèlent; c’est pourquoi le christianisme, qui ne fait mystère d'aucune doctrine, n'opposera point de barrières à la science, quelque loin qu’elle étende son essor dans un pays ou dans l’autre. Bien plus, il facilitera le perfectionnement, parce qu’il ne repousse pas les progrès antérieurs, dont il ne fait qu’élaguer, les parties viciées ; il approuve et sanctifie le bien partout où il le rencontre; il agrandit et ennoblit la nature humaine et ses quulités propres; il attribue aux actions un mérite ou un démérite infini, et fait prévaloir la volonté sur les autres facultés naturelles ; il accroît l'importance de la vie de l'homme en la considérant comme une expiation et une préparation à la béatitude éternelle. Avec les maximes injurieuses à la Divinité, cessent en même temps celles qui outragent l'humanité. On ne croira plus que ce qui est un crime dans la vie privée, soit une vertu dans la vie publique ; on renoncera du moins à faire étalage d’actes cruels ou iniques; Pusurpation , l’orgueil du commandement, la gloire militaire, célébrés comme des veitus, n’inspireront plus des doctrines perverses, qui enfantent à leur tour des actions perverses.
L’homme ne devant plus spéculer sur l’homme, son égal , il se met à exploiter la nature ; d’où il suit que l'industrie agriculture, les arts pacifiques, se perfectionnent.
La liberté, chez les peupies anciens, a toujours été entendue dans le sens d'un privilége, restreint d’abord à la famille, puis aux tribus, ensuite aux cités , enfin aux nations; d’où il résulta que, dans leur sein, on reconnut des droits et des devoirs, mais qu’en dehors de l’association particulière aucun fait ne paraissait injuste. Désormais, le christianisme embrassant le monde entier, les droits s'étendent sur tous, sans mesure ni exception; tous , dans quelque région qu’ils soient, contribuent à la prospérité sociale.
De son côté, la civilisation concourt au bien de la religion en
intelli; est int narch nisatic versel sociét:
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(1) C humai:
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ÉPILOGUE. 697 disposant à létudicer, en écartant les obstacles qui s’opposent à son développement, en perfectionnant la discipline; elle fait que ceux-là même qui n’ont pas foi en elle, en acceptent les maximes par l’éducation, par l'habitude , par les lois.
C’est se tromper pourtant que de voir dans la religion et la civilisation une seule et même chose, et dé croire l’une le résultat de l’autre. La première se fonde sur la foi, l’autre s'appuie sur les faits connus ; la civilisation n’a qu’un but relatif et accidentel, et celui de la religion est absolu et nécessaire; l’une à pour loi la liberté, an moyen de laquelle elle conserve sa perfection. C’est donc à tort que l’on voudrait assujettir le christianisme à des règles de progrès , comme s’il n’était qu’un perfectionnement des religions précédentes, auquel les améliorations sociales pourraient en apporter un plus complet (1). Les faits sont le champ du progrès ; mais la partie vitale de la société, gisant dans la connaissance des idées , ne peut arriver à aucun progrès intrinsèque, attendu que l'exercice des facultés humaines n’apporte aucun élément qui ne soit compris dans la première intuition de la pensée , dans la conception essentielle des vérités rationnelles.
Bien que le christianisme , révolution tout à fait morale, ne tendît pas à changer les rapports de la condition extérieure de l’homme ; qu’il déclarât, au contraire, ne pas vouloir porter la main sur l'édifice social; qu’il respectât les grandes injustices d’alors, la tyrannie, l’esclavage, la guerre, il montra néanmoins , dès ses commencements, combien il avait d'influence sur les progrès. En effet, il ne changeait pas la société, mais le mode d’appréciation ; il ne supprimait pas les supplices , il les transformait en mérites. Ne se proposant pas de réformer le peuple par le gouvernement, mais le gouvernement par le peuple , il améliorait la morale et les intelligences, œuvre de civilisation très-importante , puisqu'elle est intimement liée à la constitution sociale ; là où dominent l’anarchie , l’impiété , la débauche, l’égoïsme , il substitue une organisation hiérarchique, la foi, la sainteté , l’amour généreux et universel. Le pouvoir, alors même qu’il restreint et comprime la société spirituelle, en subit l’ascendant vertueux; les jurisconsultes, en méditant sur la lettre tenace des lois , se sentent poussés malgré eux par un souffle contraire. Dans cette constitution où l’empereuret l’armée peuvent tout, un exemple des deux garanties suprêmes de la liberté, l'élection et la discussion, se fait jour;
(1) C'est ce qu’enseigne Sessing "dans son Éducation progressive du genre humain}, etice que’ les saint-simoniens ont soutenu depuis avec un certain appareil de science.
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Rire
les hommes se débarrassent des lois humaines arbitraires, pour se soumettre à la loi rationnelle et divine (1).
De pareils bienfaits ne furent compris alors ni des forts ni des sages. Les premiers, irrités et surpris de trouver des gens résolus à soutenir, en dépit de la volonté impériale, l'indépendance de leurs convictions, se mirent à les persécuter, par antipathie d’abord , sans colère , sans crainte, sans fanatisme même, pour seconder le goût du peuple pour les supplices; puis, sous Dioclétien, avec la résolution arrêtée d’exterminer les chrétiens.
Cette immense injustice s’appuyait aussi sur la loi; mais cette loi qui autorisait la persécution, paraissait obscure aux juristes euxmêmes ; d’ailleurs, elle pouvait être interprétée ou suspendue, nonseulement par les Césars, mais encore par les proconsuls (2): dernier témoignage, et le plus sanglant de tous, du peu. de cas que faisaient les anciens de la vie de leurs semblables,
L'ancienne société faisait donc son devoir, et la nouvelle faisait le sien. Les chrétiens acceptent la peine de mort, mais en la déclarant inique; ils se croient souillés par la vue d’un supplice , et interdisent le sacerdoce à quiconque a tué ou exercé le droit du sang (3); c'est ainsi qu’ils élèvent au plus haut point le caractère de l’homme, non plus seulement lorsqu'il est enveloppé dans la toge sénatoriale ou dans le manteau philosophique, ou décoré de l’anneau équestre, mais encore lorsqu’ilest pauvre, ignorant, nu, coupable même. C’est un homme, cela suffit.
Cette résistance muette , mais constante , révéla la vigueur du
‘christianisme. Constantin eut le mérite de la reconnaitre, et d’accepter de bon gré ce que ses successeurs auraient été, avec le temps, obligés de subir par force.
Mais, avant que cette lutte de trois siècles cessât entre les chrétiens d’une part, les Césars et leurs bourreaux de l’autre, une autre avait commencé. L’Orient et l'Occident se trouvent, dans les écoles, en face du christianisme , qui, s'étendant sur tous les hommes et sur tous les intérêts, devait rencontrer naturellement de nombreuses et inces$antes contradictions. Alors des sectes judaïsantes, des sectes judaïques, des sectes orientales favorables ou
(1) Théodose et Valentinien écrivent : Digna vox est majestate regnantis legibus alligatum se principem profiteri : adeo de auctorilate juris nostra pendet auctorilas. El revera majus imperio est submiltere legibus principalum. Cod. lib. FE, tit. XIV, 4. EL un siècle plus tard : Omne lLegibus reganur, eliamsi ad divinum donum pertineant , ib. 10.
(2) Lettres de Pline et de Trajan.
(3) Saint Ambroise, pour se montrer indigne de l’épiscopat, assista à un jugement qui entrainait la peine de mort,
1F88 à contraires à l’ascétisme , acceptant ou combattant la théosophie ” 1 asiatique, commencent la plus noble lutte que le monde ait ja- f lue à mais vue; c’est la lutte de l'esprit entre la théologie ancienne et | GE o la nouvelle, entre la mythologie poétique et la religion morale, À d'a- entre l'antiquité à son déclin et l'ère nouvelle qui s'ouvre. | J | Il en fut donc de la doctrine évangélique comme de toutes les ! den, e. .innovations : après l avoir traitée de songe et de folie, on en re- \ connaît la sublimité , mais en l’accusant de plagiat, comme si elle il HT avait emprunté toutes ses vérités à l'Égypte ; à l’Inde , à l’Acadé- à us mie ; enfin, on en adopte tous lès principes, et l’on persiste néan- } pue moins à la combattre. Mais quoi ! Pépée ne pèse plus dans la ba- } ne lance, et l'autorité des Césars, à l’apogée de sa force, ne prétend H que plus déterminer la croyance : tant a eu d'efficacité la parole qui ï distingua les droits du glaive de ceux de la pensée ! ll ét Dans son dépit de se voir contredite > la vieille littérature sem- k ya : ble emprunter aux tombeaux une vie artificielle ; elle s’obstine avec | , et énergie à éveiller des souvenirs fantastiques , à embellir le passé, t au à l’étreindre avec ténacité quand il lui échappe. Cette renaissance | ue tardive des lettres et de la philosophie est sans doute un des plus | la singuliers phénomènes de 1 histoire. L'art du style, qui, aux jours ÿ sde de Périclès et d’Auguste, élevait certains hommes à une grande E nu, hauteur au-dessus des autres , était perdu; il n’est plus question, pour les écrivains, de cette perfection artistique qui fait tracer à “au chacun son sillon propre dans le champ de la culture intellectuelle. l’'ac- Désormais la forme est négligée pour le fond ; ce sont deux armées | ele compactes qui, se livrant bataille sur le champ de la pensée hu- FI maine , agissent uniformément, l’une pour défendre, l’autre pour l ré renverser le monde ancien. Voilà pourquoi il importe moius de à une s'arrêter aux luttes isolées de cette époque que de les eml:5ser F À qe dans leur ensemble; il vaut mieux suivre cet esprit de recherc: ie, f S les stimulé par des questions bien autrement graves que les disputes fl nent de l’école, et contempler les grandes vérités et les grandes erreurs ju- que propagent les esprits rajeunis, entraînés par le tourbillon du f 6 OU siècle et le progrès général. ur h La société païenne avait pour elle toutes les institutions favo- ll antis rables au progrès des idées et au développement des esprits; la ë bstra société nouvelle , au contraire, qui en était entièrement dénuée, ñ ‘inci- devait faire dériver tout d’une volonté persévérante, de la pureté f 5 Li de ses croyances, de leur empire sur les esprits, du besoin qu’elles avaient de se propager et de prendre possession du monde. n ju- Et cependant la victoire ne reste pas longtemps douteuse ;
tout annonce que la saciété antique est frappée au cœur. Seule- 42, à
ment, comme ces héros du moyen âge, qui continuaient à com- ë
battre trois jours après leur mort, elle se soutient encore par sa
propre masse ;-païenne ‘au fond; lors même: qu'elle s’est faite 4
chrétienne à l'extérieur, elle prolonge une existence tout artificielle, jusqu’à ce que les barbares, en brûlant les restes de cet immense cadavre , viennent purifier Patmosphèré de la vie nouvelle.