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naient à la Divinité une forme humble et servile, en rapport d’ailleurs avec les persécutions de l’Église primitive. Clément d’Alexandrie, en exhortant les chrétiens à ne point estimer outre mesure la beauté extérieur’. cite le Christ pour exemple: « Il n’avait rien de beau , et cepenüant nul ne fut meilleur; sa personne ne révélait point les agréments corporels , mais la véritable beauté de l’âme et du corps : celle-là dans sa charité, celle-ci dans la promesse de la vie éternelle (4). »
Mais d’où sont tirées les effigies du Christ et de sa mère qui sont offertes à nos regards? Une légende rapporte qu’Abgar, roi de Syrie, obtint de Jésus son portrait, qui resta caché dans Édesse jusqu’au cinquième siècle, et suppose qu'il se forma, de
même que les saints suaires de Rome, d’Espagne, de Jérusalem, -
de Turin , par le simple contact du corps divin; mais ces effigies ont trop seu de ressemblance entre elles pour qu’il soit possible de décider quelle est la véritable. Il sernble qu’il faille considérer comme inventé le récit qui prétend que l’hémorroïsse guérie par Jésus-Christ lui éleva une statue; de même, on ne satrait croire que le portrait de la vierge Marie ait été fait par saint Luc, étranger à la peinture, d’après ce que rapportent les livres sacrés, et qui ne fut converti que cinquante-deux ans après le commencement de l’ère vulgaire, par saint Paul, quand il alla porter P'Évangile dans la Troade.
Si l’on se rappelle ensuite combien les Hébreux avaient les images en horreur, et combien ils eurent à souffrir pour n’avoir pas voulu admettre même celles des empereurs, on se persuadera facilement qu’aucrn portrait du Christ ‘a des siens ne fut fait de son vivant. La plus ancienne effigie du Sauveur se trouve à Rome sur la voûte d’une chapelle du cinietière de Saint-Calixte ; elle offre le type qui fut bientôt adopté par les artistes , c’est-àdire visage ovale, physionomie douce et grave à la fois, mélancolie placide , barbe courte et rare, cheveux séparés sur le front et tombant sur les épaules à la manière nazsréenne , et qui souvent ont deux boucles sur la poitrine. Dans les anciennes images, il est plus habituellement de front, en costume d'orateur athénien, comme maître du monde , avec un papyrus ou un livre à la main gauche , et la droite levée pour bénir, ou plutôt avec le geste que dans lesécritset les miniatures d'autrefois où «siribue aux orateurs, c’est-à-dire avec les trois premiers doigts levé: et les deux autres pliés. Quelquefois le pouce est uni à l'index plié, et les autres
(1) Pédagogue, LIN, c. E.
doigts sont levés; e’est ainsi, dit-on, qu'on formait les lettres AetQ.
L'histoire y :joutait l’âge, le costume et l'expression de cette bonté morale qui n’eut point d’égale, de cette mansuétude qui savait se courroucer, de ce calme: qui n’empêche pas de pleu 2r sur un ami mort ou sur Les dangers de la patrie. Ce fut d’après ces idées que se formèrent les premiers simulacres, qui servirent de modèles aux suivants ; aussi tous gardèrent quelque trait de ressemblance, bien qu’ils ne fussent pas une imitation réelle de la nature, |
Il ne paraît pas que le Rédempteur ait été représenté sur la croix avant le troisième siècle ; mais le génie grec, répugnant à rendre cette torture dans toute sa crudité, le représentait parfois en triomphateur, avec le diadème royal ou la mitre pontificale.
Plus tard , la figure de Jésus crucifié offrit le type de l’homme de .
toutes les douleurs, mais avec les pieds séparés, et. l’on reprochait même à certains hérétiques de les mettre l’un sur Pautre (1). La couronne d’épines y manque ainsi que la blessure au côté, attendu qu'il est représenté mourant, et non pas mort. Déjà quelques-uns de ces crucifix avaient l’inscription INRI. Dans ie septième siècle seulement , le Christ fut peint ou sculpté avec les scènes de la Passion, entre les Marie en pleurs, et avec le soleil et la lune de chaque côté ae l'instrument de supplice. On le couvrait toutefois de longs vétements ; qui allèrent seraccourcissant peu à peu. Grégoire de Tours yayporte (2) qu’au sixième siècle il fut représenté nu pour la première fois dans la cathédrale de Narbonne, mais que l'évêque le fit couvrir,
La figure sj naïve et si sugve de l’enfant Jésus sur les genoux de la Vierge, sa mère, fut introduite au cinquième siècle, quand des hérétiques s’élevèrent contre la maternité divine ; alors aussi on ajouta à l’ Ave Maria la seconde partie , Où elle est appelée mère de Dieu, comme protestation perpétuelle contre l'erreur.
Les anges, les archanges, les séraphins, étaient représentés sous des traits jeunes et empreints de dévotion, avec des ailes,
(1) Voy., sur les variations subies par le crucifix, une dissertation du chanoine SerrALA , dans les Aféi dell’ Accademia romana, t. 11.
(2) Gok, Sacr. Dypt., t. III. Ilprétend qu'avant le quatorzième siècle on n'avait que dessiné sur la croix la figure du Christ, et que seulement après on la fit en relief; mais il se trompe. Le monastère de Chiaravalle, près de Milan, possédait un crucifix dès le dixième ou le onzième siècle. Voyez Antichilà long. Mil. p. XXXIV. Le pape Sergius, au commercement du dixième siècle, fit faire une croix en or, kabentem crucifirur: ‘7: de auro. JEAN DiacrE le jeune. (3) De Glor. Martyr., c. 93,
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en grand nombre parfois, placées tantôt à la tête, tantôt aux pieds, ou bien servant de bras; mais ils étaient en général couverts d’une longue tunique, les Grecs comme les Latins voyant en eux des objets de dévotion, et non des œuvres d’art. On trouve souvent sur les monuments les chérubins avec quatre ailes , ou bien des têtes seules , d’où sortent quatre mains. Parfois les anges portent la baguette comme messagers de Dieu; mais cet attribut se rencontre plus souvent chez les Grecs que chez les Occidentaux.
Quant aux apôtres, ainsi que n ns déj: dit, ils sont représentés d'ordinaire nus pieds ou en :. gères. Les clefs furent données à Pierre même par | \ que cela soit nié par quelques-uns; mais l'épée n’a stérieurement dans la main de saint Paul. Si cet apo cé souvent à la droite de l’autre , et jusque dans le sceau de ies papales , cela n'indique pas une prééminence , mais qu'on ne faisait aucune distinction entre les deux mains. Les quatre éyangélistes furent symbolisés de bonne heure dans les quatre animaux tenant un livre. ;
L'auréole que nous mettons actuellement autour de la tête des saints, vient d’un encadrement qu’il était d’usage de placer derrière le portrait d’une personne illustre, encore vivante.
Quand l’Église se vit triomphante, elle n’eut plus à craindre ce qui , dans le principe, pouyait lui paraître yn obstacle ; loin de répudier les arts , elle se les appropria, en les purifiant, comme tout le reste; comprenant que leur effet moral n’est complet qu’autant qu’ils ont conscience de leur mission élevée, elle s’en fit des auxiliaires fermes et éloquents dans la divulgation de la foi.
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